Prévention des conflits : Une initiative louable venue du Ziro

Publié le samedi 5 septembre 2015

Rassembler agriculteurs et éleveurs le temps d’une conférence publique, en vue d’échanger sur les conditions d’un vivre ensemble harmonieux, c’est ce qu’a tenté le MBDHP à travers sa section du Ziro, en collaboration avec l’autorité communale représentée par le président de la délégation spéciale. Pari réussi puisqu’ils ont été nombreux à prendre d’assaut la salle de conférence de l’Hôtel de ville flambant neuf offert par la coopération américaine. Pendant plus de deux heures d’horloge, agriculteurs et éleveurs ont échangé dans la bonne humeur autour des bonnes pratiques professionnelles avec l’heureuse facilitation d’agents des services de l’Environnement, des Eaux et forêts, de l’Elevage et de l’Agriculture.

On a bien compris qu’avec la saison hivernale, les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs ont un terreau propice pour éclore et se propager avec les conséquences souvent dramatiques que l’on sait. Raison pour laquelle, le MBDHP en collaboration avec les autorités de la commune ont choisi d’agir en amont pour prévenir les conflits et s’ils apparaissent malgré tout pour les régler pacifiquement. Les organisateurs de la rencontre sont bien conscients que les incantations sur la nécessaire cohésion et la paix sociale ne suffiront pas. Le paysan dont le champ a été saccagé par les bœufs n’entend pas se nourrir de paroles pieuses. Pas plus que l’éleveur confronté à la dure équation de la rareté des zones de pâture. On ne peut faire l’économie des conflits qu’en sauvegardant les intérêts des uns et des autres. C’est assurément une gageure dans la réalité de la vie agro-pastorale aujourd’hui. Si la conférence n’a pas abordé les questions de fond, elle a au moins permis de revisiter quelques lois qui organisent les activités des différents acteurs. On a notamment parlé des zones de pâture, des constats de dégâts dans les champs agricoles et des différentes procédures de règlement. A l’attention des agriculteurs, il a été question de la règlementation en matière de défriche et la protection des arbres dont certaines espèces comme le karité bénéficient d’une protection absolue. Les points d’eau sont également protégés par la loi et leur usage règlementé. Attention à l’utilisation de branchages pour la construction d’enclos. Les services forestiers veillent à l’application de la règlementation en la matière. Bref, il y va de l’avenir de la biodiversité et de la qualité de la vie sur la planète terre. Les débats ont permis aux participants à la rencontre d’exprimer leurs préoccupations. Et comme on devait s’y attendre, ils ont été nombreux à prendre la parole. Agriculteurs et éleveurs ont les yeux dans les yeux dénoncé les mauvaises pratiques dans chaque camp. La question de l’accessibilité des services de l’Etat a été soulevée ainsi que la diligence dans le règlement d’éventuels conflits. C’est le sentiment d’impunité qui est généralement source de problèmes. Sur le coup, les différents communicateurs (4 au total) ont donné leurs contacts téléphoniques.
La conférence publique a connu la participation de deux membres de la coordination régionale MBDHP du Centre-Ouest en l’occurrence le secrétaire administratif régional Dakio Kisito et François Sondo. Appréciant l’opportunité de la rencontre, M. Dakio dira : « une telle journée ne se passe pas partout ». Malgré ce bel exemple, il a toutefois appelé à la vigilance car : « quand il y a des problèmes, il y a des individus qui sont derrière et qui créent des problèmes » ! Un match de football entre agriculteurs et éleveurs a clôturé la journée et s’est soldé par un score nul de 2 buts partout.

Germain B. NAMA


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