Une nouvelle phase : Le scrutin sera finalement inclusif !

Publié le samedi 5 septembre 2015

On vient de franchir une grande étape dans le processus qui nous conduit aux élections d’octobre, les élections de fin de transition. Depuis les premiers moments, le processus politique issu de l’insurrection, totalement imprévu, a vacillé entre deux pôles : celui des radicaux, nostalgiques attardés de la période Sankariste (non mise à jour) et les modérés pragmatiques pour qui il fallait construire un nouveau pacte social, fort de toutes les expériences politiques que notre pays a connues. Parfois le pôle de l’intransigeance a pris les devants et par moment donnant l’impression même de l’emporter. Pendant près de six mois, de février à juillet 2015, les radicaux ont imprimé un train d’enfer à la transition créant un climat qui n’est pas loin de celui de la terreur. Les voix discordantes étaient traquées et calomniées de la façon la plus abjecte possible. Les seules qui avaient droit de cité, ce sont celles qui chantaient avec les loups. Pendant six mois donc, il fallait avoir les nerfs solides et la conviction bien ancrée pour ne pas abandonner.
Mais ce n’est pas surprenant pour ceux qui prennent la peine d’interroger l’histoire des révolutions et des bouleversements sociaux. Les périodes de grands changements sont toujours ballotées, avec une attirance pour les extrêmes. Surtout et très souvent, ce basculement vers les extrêmes est le fait des «  nouveaux convertis ». Les transfuges, dans la cohorte, sont les plus dangereux. Pour ne pas qu’on se rappelle de leur passé, pas si lointain, ils multiplient les surenchères.
Beaucoup de peuples, sous les coups de boutoir de ces extrémistes ont sombré. Surtout qu’en ces périodes très délicates, par lâcheté ou par intérêt, les « gens bien » se gardent d’opiner. Or par leur silence, ils renforcent toujours le camp des extrémistes qui sont en ces périodes troubles, ceux qui parlent le plus fort et les forts en thème, pour ne pas dire « les gueules fortes ».

Le moins que l’on puisse dire c’est que les choses se présentent sous des auspices plus rassurantes. La tempérance a eu le dessus, comme ce fut le cas au moment de la rédaction de la charte en début novembre 2014, aux heures chaudes de l’insurrection.

Le Burkina de la transition a traversé cette période délicate et très dangereuse. Il est en train d’en sortir, avec heureusement, peu de casses. Une fois de plus, le Burkina se tire bien d’affaire. Il va finalement aller à ces élections de façon «  inclusive ». Aucun camp n’exclura l’autre en tirant avantage de son contrôle des institutions de l’Etat. C’est au peuple qu’il reviendra de parler et de choisir.
On aura remarqué une chose, les institutions clés de la démocratie se sont émancipées des acteurs. Notamment le Conseil Constitutionnel qui a pris vraiment son indépendance en s’affirmant contre le camp qui a nommé ses premiers responsables et qui se trouve aux commandes de l’Etat. Ailleurs le Conseil constitutionnel a donné la prime aux vainqueurs. Dans notre cas, la nouvelle équipe pilotée par KassoumKambou, se tient à équidistance des protagonistes. C’est la chance de notre pays.
On attend évidemment que les autres grandes institutions se mettent au diapason de ce précédent créé par le Conseil Constitutionnel. En disant cela bien entendu on pense à la commission des trois juges qui instruisent actuellement, pour la Haute Cour de Justice, dans l’affaire « des ex ministres mis en accusation par le CNT ». Les débuts de l’instruction, même si on s’y attendait, sont heurtés, mais conformes au droit. L’instruction a donc commencé. Les comparutions ne devraient pas tarder. Le challenge des juges instructeurs c’est de pouvoir renvoyez devant la Haute Cour, des dossiers solides pour jugement.
Dans ces conditions on peut croire, qu’ils ne lésineront pas avec le respect des procédures et des dispositions de la loi. Les dossiers qui in fine arriveront sur la table des juges devront être solides. Si les grands juges doutent, ils prononceront des « non-lieux ».
Le moins que l’on puisse dire c’est que les choses se présentent sous des auspices plus rassurantes. La tempérance a eu le dessus, comme ce fut le cas au moment de la rédaction de la charte en début novembre 2014, aux heures chaudes de l’insurrection. A chacune des étapes, je ne sais pas vous, mais, je repense à ce qu’a dit le père Boglo : « Cette transition ira à son terme. Toute personne qui tentera de l’entraver sera punie ». Certains ont expérimenté cette prophétie à leur dépens, pour avoir cru un moment qu’ils étaient «  les propriétaires exclusifs » de l’insurrection et de sa transition.

Par Newton Ahmed Barry


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