Exposition Gurunsi : « Le musée ne sera plus un cimetière d’objets »

Publié le mardi 25 août 2015

La communauté gurunsi prise dans sa diversité et son unicité cristallisera du 24 juillet au 18 octobre à ouagadougou l’attention au musée à travers une exposition intitulé gurunsi. Cette initiative s’inscrit dans la vision et la volonté du musée d’œuvrer véritablement à la valorisation du patrimoine culturel dans un esprit nouveau et ce, en étroite collaboration avec les différentes communautés nationales. C’est également l’exposition des éléments inédits du patrimoine culturel de la dite communauté. Le groupe gurunsi fait partie des peuples les plus anciennement installés sur le territoire national. Constitué de plusieurs sous-groupes ils se sont installés au fil du temps au Burkina Faso. L’exposition gurunsi est le premier pas d’un long chemin qui verra passer toutes les ethnies désireuses de faire connaitre leur patrimoine culturel.

Deux salles bien fournies sont consacrées à l’exposition. Au centre de la première, on peut voir des masques de grande et de petite taille classés en ronde Ces masques dont chacune a une signification selon qu’il soit l’incarnation d’un animal ou d’un anthropo -zoomorphe sortent à des circonstances particulière. Les masques de petite taille incarnant les animaux sort lors des fêtes comme les initiations. Il y a aussi les grands masques qui ne sortent que pendant les périodes de sacrifices et de rituels. Le masque autel lui a plusieurs copies et ne sort pas. C’est le masque copie qui sort. Il y a également le masque mère sans le consentement duquel il n’y a pas de cérémonie. Lui, sort avant la sortie des autres pour chasser les mauvais sorts. C’est lui qui décide de comment la cérémonie se déroule. Ensuite juste à droite vers la porte se trouvent des arcs montrant que le peuple gurunsi est un peuple guerrier et chasseur. Vient ensuite dans une vitrine dans laquelle se trouvent un homme, une femme en statuette matérialisant le foyer gurunsi. Juste à côté se trouve un fétiche en statuette auquel le couple se réfère en cas de rituel pour dire que le peuple gurunsi est animiste. L’agriculture elle, est matérialisée par des dabas, puis viennent ensuite des objets de conserve de femme tel que le panier, la marmite, le canari et leur objet de parure matérialisé par des perles taillées de roche ; on peut aussi voir des peignes en bois et des bracelets en ivoire destinés à la princesse à l’occasion du mariage. Il se trouve ensuite un peu plus loin des ustensiles de cuisine composés de plats traditionnels en bois. La femme occupant une place importante en société gurunsi, la part belle est faite à celle-ci ; Dans la première salle l’exposition se termine par un orchestre dans lequel se trouve un tambour sacré qui guide les autres tambours. Il y a également un autre orchestre composé de flute, de tamtam, de tambour à aisselle .Dans cet orchestre c’est la flute qui dirige. Ces instruments sont aussi bien utilisés pour les réjouissances que pour les cérémonies sacrées. La deuxième salle consacrée à la culture nouna est aussi décorée d’objets semblables
. « Tous ces artefacts qui étayent le discours muséal développé par les chercheurs gurunsi qui se sont spontanément mobilisés montrent l’ingéniosité des générations passées qui ont façonné, conservé et transmis à cette communauté, un legs patrimonial qui constitue aujourd’hui le socle de la mémoire collective du groupe, renforçant le lien qui les unit aux traces d’un passé commun et soulignant leur attachement à ces trésors collectifs » selon le ministre de la culture
L’exposition gurunsi est le 1er maillon d’une longue chaine d’activités que le musée National ambitionne de conduire afin de rompre définitivement avec cette appréhension réductrice faisant de lui un cimetière d’objets caractérisés par leur mutisme ou leur inutilité. L’exposition gurunsi se veut une réponse face au questionnement des populations sur le rôle véritable du musée. Le format proposé au public par le Musée et toutes les communautés gurunsi doit permettre pendant 03 mois de visiter et de revisiter la culture gurunsi. Cette volonté de conserver la mémoire collective dans un esprit de transmission interrelationnel est à saluer selon Amadou Nébila Yaro .
Les musées dans leur appréhension actuelle doivent impérativement mettre le public au cœur de leur préoccupation a dit le ministre. C’est là un des premiers pas en matière de démocratisation culturelle. Maintenant le professionnel doit permanemment avoir à l’esprit la réalisation de l’équilibre entre « attente du public » et « qualité du contenu proposé » et cette démocratisation culturelle ne peut se faire sans une révision de notre méthode de travail, « sans trouver notre propre voie en terme de mode de développement des musées » selon Alpha Omar Konaré a expliqué Nébila Yaro le parrain de l’activité.

Par Assita Sanou


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