Méchants, mesquins, envieux et jaloux !

Publié le mardi 25 août 2015

Tels sont les Burkinabé entre eux. « Les gens n’aiment pas les gens » est l’équivalent en FPA (Français populaire africain) de l’expression française bien connue « l’homme est un loup pour l’homme ».
Les burkinabè n’aiment pas les burkinabè. Et cela se confirme dans notre actualité actuelle
(si vous me permettez ce double usage).
Après un sursaut salvateur qui a mis fin à presque trois décennies d’une dictature sauvage, après avoir inauguré une ère nouvelle dans un burkina nouveau, voilà que des burkinabè s’en prennent à d’autres burkinabè pour faire revenir le régime déchu. Des burkinabè tirent à bout portant de paroles et d’insultes sur d’autres burkinabè.
L’intolérance est devenue, semble-t-il, le pain du jour. Faites un tour dans les forums et autres medias sociaux pour lire la virulence des réactions et l’amertume des propos de burkinabé à l’encontre d’autres burkinabé, pour vous en convaincre.
Des burkinabè menacent d’autres burkinabè, sereinement cachés derrière leurs ordis ou téléphones intelligents.
Méchants, mesquins, envieux et jaloux !
Le non-développement du burkina n’est pas lié à son sous-sol que nous savons tous très riche, vu la pléthore de sociétés minières qui se bousculent à sa porte ni à la pauvreté de ses terres qui donnent à peine du grain aux vaillants paysans, mais bien plus aux mentalités de certains de ses habitants.
On n’arrive pas à construire le Burkina parce qu’il est difficile aux burkinabè de travailler ensemble au bien commun. On s’envie, on se jalouse inutilement et quand ce n’est pas face à face dans le visible, on descend dans les profondeurs du mystique et on s’envoie des missiles sol-sol et sol-air. <> disent les Mosse. Une seule main ne ramasse pas la farine.
C’est pourquoi nous peinons à voir émerger notre chère patrie. Parce que plutôt que de se mettre ensemble, nous sommes divisés. <> est notre devise.
Seul, on ne peut rien. Voilà pourquoi nous pataugeons dans les eaux boueuses du Faso, incapables de faire émerger un développement humain, social, économique et politique durable.
Les Sankaristes l’ont parfaitement illustré encore tout récemment. A peine leur coalition formée qu’elle a volé en éclats. Aller en rangs dispersés aux prochains scrutins électoraux, c’est s’assurer d’un échec cuisant contre ceux d’en face qui ont eu gain de cause à Abuja.
Méchants, mesquins, envieux et jaloux. Norbert Zongo qui aimait dire que lorsqu’un burkinabè voit un autre burkinabè sur un vélo, au lieu de s’en réjouir et de chercher à savoir comment il l’a obtenu et d’en faire de même, il va plutôt souhaiter le voir à pieds. Idem pour celui qui dort sur un lit et l’autre sur une natte.
Nous sommes comme intrinsèquement incapables de vouloir du bien de l’autre. Comment alors construire ensemble ? Comment bâtir le Faso avec des mains, bras, pieds divisés ?
Comment rêver ensemble quand on ne regarde pas l’horizon du même côté ?
Méchants, mesquins, envieux et jaloux. Observez dans les milieux de travail l’ambiance pour vous en faire une idée. Gaieté et joie ? Pas toujours ni souvent. Querelles et inimitiés émaillent les longues journées entre collègues qui n’hésitent pas à se mettre les bâtons dans les roues.
Mon expérience personnelle m’a fait battre en retraite dans mon projet de revenir travailler dans et pour mon pays. J’ai compris depuis que je peux mieux le servir même de l’extérieur en étant vivante et productive en dehors de lui. Les missiles sol-sol et sol-air que j’ai reçus, je ne suis pas prête de les oublier. La perte totale de l’usage de mes jambes durant un an sans explication possible de la cause par la médecine moderne m’a fait prendre le premier avion en boitillant dès que j’ai pu. Rires.
Je raconte cela dans un livre au titre un peu long. <> Et c’est la plus cartésienne des cartésiennes qui parle. Mais ça, c’était avant d’en faire l’expérience moi-même. On ne croit souvent que lorsque l’on a vu par soi-même comme St Thomas, et vécu cela dans sa propre chair.
Je ne comprendrai jamais pourquoi ces personnes n’utilisent pas de tels pouvoirs pour développer le Faso et partant, toute l’Afrique.
En une seule nuit, ils seraient capables de transformer l’Afrique sous-développée en un continent surpassant l’Occident dans toute sa splendeur. Mais le mal n’engendre pas le bien.
Méchants, mesquins, envieux et jaloux, tels sommes nous, tels nous resterons !
Il était une fois la Terre des hommes intègres.
Mon pays, ma patrie !
A nous revoir !
A ma retraite, certainement !
Rires encore !

AngèleBassolé, Ph.D
Écrivaine et éditrice
Ottawa, Ontario, Canada
angelebassole@gmail.com

iDébut du psaume 115 ; Y a sida, sid ya sida en mooré et se traduisant par <<Il est vivant ! C’est vrai, c’est vraiment vrai !>>


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