Sensibilisation sur le Droit Humanitaire : Les hommes de médias à l’école de la Croix-Rouge

Publié le vendredi 11 mai 2012

« Lorsqu’un conflit armé éclate, l’humanité cède la place à la barbarie et à la loi du plus fort ». C’est dans cette optique de protéger les non combattants hors des champs de bataille que le Droit international humanitaire (DIH) a vu le jour. Pour porter loin l’importance de ce droit, la Croix-Rouge, en collaboration avec le RIJ (Réseau d’initiatives de Journalistes) a initié un atelier de sensibilisation le 20 avril dernier à la résidence Anael au profit des hommes de médias. On retient alors que le DIH est un « ensemble de règles internationales qui, pour des raisons humanitaires, cherchent à limiter les effets des conflits armés ». Il s’agit donc d’un droit spécifique qui ne s’applique qu’en temps de conflits armés. Il lie toutes les parties à un conflit armé : dans un conflit international, il doit être respecté par les Etats belligérants, tandis que dans un conflit interne il lie l’Etat et les groupes qui se combattent entre eux. Le DIH établit donc des règles qui sont applicables aux acteurs étatiques et non étatiques. Il se différencie de fait du droit international des droits de l’homme (DIDH) qui s’applique en toutes circonstances, c’est-à-dire aussi bien en temps de paix que dans les situations de conflit armé. Le droit international humanitaire trouverait sa source dans le livre du Suisse Henry Dunant : Un souvenir de Solferino (une région où Napoléon III a mené une guerre sans merci aux Autrichiens). Dans ce livre, il a élaboré des règles pour protéger ceux qui ne font pas la guerre (les civils) et ceux qui ne font plus la guerre (les combattants blessés, les malades ou les captifs). Cependant, le civil qui participe aux combats perd sa protection. On dira que le DIH fixe des règles détaillées qui ont pour objet de protéger les victimes des conflits armés et de limiter les moyens et les méthodes de guerre. Comme pour dire « on ne peut pas mener une guerre humanitaire mais on peut rester humain dans une guerre ». Aujourd’hui, le DIH est à pied d’œuvre pour l’élaboration d’une loi spécifique pour la protection des journalistes dans les couvertures des conflits armés. Cette loi devrait avoir le même respect que celui de la Croix-Rouge et l’autorisation pour ses équipes de se déplacer pour aider les personnes qui souffrent en temps de guerre. La violation de cette loi équivaut à celle du droit international humanitaire dans toute sa composante.

L’année dernière, le CICR (comité international de la Croix-Rouge) s’est entretenu avec les forces armées burkinabè sur le DIH. Le message est-il bien passé peut-on se demander au regard de la crise militaire de 2011 où les civils n’ont pas été épargnés ? « Il y a la théorie et la pratique » selon Ouattara Moussa, chef de bureau/CICR-Ouaga.

L’action du CICR, dit-il, n’est qu’un rappel dans la mesure où les forces armées connaissent déjà le DIH et dans la mesure aussi où ils ne peuvent gravir les échelons « sans connaitre le DIH » n

 

Basidou Kinda


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