Pierre Claver Ilboudo, vice-président de l’AITB : « Chaque métier comporte des risques et des avantages »

Publié le vendredi 17 juillet 2015

Ils ne sont pas très connus du grand public et pourtant ils font un boulot essentiel. Ils, ce sont les Interprètes et Traducteurs grâce à qui nous pouvons communiquer avec le reste du monde. Au Burkina, il existe une association qui regroupe des hommes et des femmes (une soixantaine) qui exercent ce métier. Avec Monsieur Pierre Claver Ilboudo, vice-président de l’Association des Interprètes et Traducteurs du Burkina, l’Evénement revient sur cette profession qui prend de plus en plus de l’essor au Faso.

En quoi consistent les métiers qui sont représentés dans votre Association ?
Les deux métiers qui sont représentés au sein de l’Association sont l’Interprétation et la Traduction.
- L’Interprétation consiste à traduire de manière orale et de façon simultanée, consécutive ou chuchotée, ce que dit une personne dans une langue donnée, de telle sorte que son message puisse être compris par une autre personne qui ne parle pas la même langue.
Ainsi, par le truchement de l’Interprétation, un orateur X peut communiquer avec un interlocuteur Y avec qui il ne pourrait pas communiquer en l’absence d’un interprète.
* La Traduction quant à elle consiste à traduire à l’écrit un texte d’une langue source vers une langue cible.
* Ainsi, un texte écrit en Anglais par X est traduit en Français par un Traducteur. Le texte peut dès lors être compris et exploité par Z qui ne comprend pas l’Anglais.
Pour résumer, je dirai que l’Interprétation concerne le message oral, tandis que la Traduction concerne le message écrit.
Tout ceci peut sembler abstrait. Mais au de-là de l’Anglais et du Français dont je viens de parler en situation de conférence, l’Interprétation se pratique au quotidien dans nos pays. C’est grâce à l’Interprétation que des personnes parlant Bissa, Dioula, Dagara, Samo, Peulh, Mooré, Gourounsi, etc peuvent communiquer entre elles. Il ressort clairement de ce qui précède que l’Interprète est un trait d’union entre les hommes puisqu’il leur permet de se parler, de communiquer.
Quant à la traduction, elle est aussi d’un usage courant, il suffit de penser au fait que les religions du Livre ont été révélées et transmises grâce à des textes transcrits et traduits dans une multitude de langues de langues pour permettre aux adeptes de comprendre le message et de le mettre en pratique.
 
Mais quelles sont les langues de travail concernées par votre métier et combien de membres compte votre association ?
Les langues de travail concernées sont essentiellement le Français et l’Anglais ; mais certains des membres ont le Portugais ou l’Arabe dans leur combinaison linguistique.
Il y a bien sûr les langues nationales dont je viens de parler. En 2014, Il y a eu à Ouagadougou une conférence au cours de laquelle l’Interprétation a été assurée en Dioula, en Peulh et en Mooré en plus du Sango (République Centrafricaine) et du Wolof.
Pour ce qui est du nombre des membres, notre Association compte au total soixante (60) adhérents à ce jour. Certains membres vivent et travaillent hors du pays.

Quel est le cursus d’un traducteur ou d’un interprète ?
L’Interprétation simultanée a été utilisée formellement pour la première fois lors du procès de Nuremberg à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Des personnes qui connaissaient les langues utilisées dans le cadre du procès ont imaginé et mis en place un dispositif de « traduction simultanée » pour permettre au Tribunal de gagner du temps. A partir de là des écoles d’Interprétation sont nées. Celles-ci ont conçu des programmes pour former des praticiens. Et de nos jours, ceux et celles qui veulent devenir Interprète et/ou Traducteur doivent détenir un diplôme universitaire (licence, maîtrise, etc), subir un test d’entrée avant d’entamer la formation en question.

Pour l’opinion publique, vous pratiquez un métier plutôt bien payé. Est-ce cela ?
Chaque métier comporte des risques et des avantages. Dans le cas de l’Interprétation et de la Traduction, des accords ont été conclus entre les Nations Unies et l’Association Internationale des Interprètes de Conférence et entre les Nations Unies et l’Association Internationale des Traducteurs de Conférence. Ces conventions ont permis de définir les conditions de travail et de rémunération des Interprètes et des Traducteurs. A partir de là, des ajustements sont faits en fonction des continents répartis sous forme de régions.

On lit dans votre annuaire que l’association est gardienne de l’éthique professionnelle. Expliquez-nous cela.
L’Association des Interprètes et des Traducteurs est gardienne de l’éthique professionnelle en ce sens qu’elle veille à ce que toutes les parties concernées (l’organisateur d’une réunion, les interprètes et les participants) respectent les normes en matière de composition des équipes, de déontologie, d’horaires, de tarifs, etc. L’Association des Interprètes et des Traducteurs du Burkina Faso a été mise en place pour favoriser le respect strict des normes professionnelles par toutes les parties prenantes.

Que comptez-vous faire pour mieux vous faire connaître ?
Nous avons élaboré un Annuaire de l’Association. Il sera bientôt présenté dans les médias afin que toutes les parties prenantes (responsables des services de Conférences, organisateurs de conférences, participants aux réunions internationales) connaissent mieux le travail des Interprètes et des Traducteurs. Par ailleurs, des représentants de notre Association vont faire le tour des institutions et organisations utilisant les services des Interprètes et des Traducteurs au Burkina Faso, afin de voir avec elles comment nous pouvons accorder nos violons dans l’intérêt des organisations et des Interprètes/Traducteurs. Nous comptons donc sur les médias pour nous aider à faire connaitre l’Association des Interprètes et des Traducteurs du Burkina Faso par l’opinion publique nationale et même internationale.

Comment peut-on contacter l’Association des Interprètes et des Traducteurs du Burkina Faso ?
L’Association des Interprètes et des Traducteurs du Burkina Faso s’active en ce moment pour s’installer. Elle va bientôt se doter d’un numéro de téléphone, d’une adresse e-mail et d’un site Internet. Elle compte installer dans les meilleurs délais, un petit secrétariat dynamique qui servira d’interface entre elle et le public n

Propos recueillis par GBN


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