Ministère de la santé - Sciences de la santé : Discorde autour des droits des étudiants stagiaires

Publié le vendredi 17 juillet 2015

Les étudiants en Sciences de la santé de l’Université se Ouagadougou se plaignent : «  Plusieurs fois interpellé sur nos conditions de vie et d’études, le ministre de la santé nous a servi un silence méprisant ». Les proches collaborateurs de Prosper Guiguemdé affirment le contraire. Enquête sur une crise sur fond d’incompréhensions.

Les rapports sont toujours tendus entre les étudiants en médecine et pharmacie et le ministère de la santé, un de leur ministère de tutelle (la formation des étudiants en médecine relève du ministère des enseignements secondaire et supérieur (MESS) qui s’occupe du volet enseignement et du ministère de la santé qui s’occupe du volet stage). Plusieurs raisons sont à l’origine de ce différend. Entre autres il y a la question des visites médicales annuelles, de l’assistance médicale, de la vaccination des stagiaires contre la méningite, l’hépatite B, la fièvre jaune, le tétanos, etc. Ces droits ne sont pas effectifs jusqu’à ce jour. Pourtant, ils ont été consacrés par des arrêtés interministériels tripartites signés depuis le 19 mai 2010 par les ministres de la santé, de l’économie et des finances et des enseignements secondaires et supérieurs. Ces textes réglementaires portent sur les statuts des stagiaires hospitaliers et internés en médecine et pharmacie.

L’ANEB accuse, le ministère récuse
En ce qui concerne les frais de stage, l’arrêté interministériel du 19 mai 2010 portant «  rémunération des stagiaires hospitaliers et stagiaires des centres hospitaliers universitaires du Burkina Faso  » précise que les montants sont les suivants : 22 500 FCFA pour les étudiants de 4ème et 5ème année de médecine et 4ème de pharmacie, 25 000 FCFA pour ceux de la 6ème année de médecine et 5ème année de pharmacie, puis 57 500 FCFA pour ceux de 7ème année de médecine et 6ème année de pharmacie. Mais les bénéficiaires réclament respectivement 40 000FCFA, 50 000 FCFA et 100 000 FCFA. Cette revendication se justifierait par le coût élevé du matériel (le stéthoscope, l’otoscope, le marteau reflexe, le tensiomètre, la petite boîte de chirurgie, l’accoutrement, les gants, etc) dont chaque stagiaire doit se procurer dans le cadre de son apprentissage. L’ensemble coûte au moins 125 000 FCFA. Une autre pomme de discorde est l’attribution des ristournes aux stagiaires internés, c’est-à-dire aux étudiants de 7ème année de médecine et 6ème année de pharmacie. Dans aucun texte l’attribution de la ristourne n’a été définie comme un droit des internés même si ceux-ci sont statutairement reconnus comme «  partie intégrante de l’équipe médicale  ». Il semble pourtant qu’en «  2008, quand les étudiants se battaient pour les statuts, il a été dit que les internés vont avoir la ristourne qui est l’ensemble des gains et bénéfices acquis au cours de l’année dont 20% sont répartis entre les agents de santé  ». Selon le délégué de l’Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB) de la corporation de SDS, Yves Ramdé, le ministre de la santé s’est mué dans un «  silence méprisant  » à l’endroit des étudiants, preuve de son «  insouciance  ». A l’issue d’une rencontre tenue le 19 juin 2015, «  une procédure devrait indiquer aux étudiants comment avoir accès à l’assistance médicale mais rien jusqu’à présent  », témoigne-il. Les conclusions d’une rencontre entre le directeur de l’UFR/SDS et le directeur général du Centre national des œuvres universitaires, Serge Bayala, qui devraient situer les étudiants sur la date de tenue des visites médicales se font toujours attendre, confie la même source. Les proches collaborateurs de Prosper Guiguemdé rejettent cette accusation.
Dans un communiqué publié le 2 juillet dernier, jour d’une nouvelle grève des plaignants, sur le site d’information du gouvernement, il ressort qu’à l’issue des échanges du 15 juin entre le ministère de la santé et la délégation ANEB, il a été donné «  une suite favorable à certaines revendications…. Il s’agit de la vaccination, de la visite médicale annuelle, de l’assistance médicale, des repas servis aux étudiants stagiaires externes de garde, de l’augmentation des allocations, des ristournes et du parking au CHU Yalgado OUEDRAOGO  ». Cependant, pour Yves Ramdé, il n’y a «  rien de concret  ».
Jointe au téléphone, la secrétaire générale s’est refusée à tout commentaire. «  Pour se dossier-là, je pense que sûrement les deux ministres [celui de la santé et son homologue des enseignements secondaire et supérieur] vont parler donc je préfère que vous attendiez cela  ».

Par Gaston Bonheur SAWADOGO

Les réponses du ministère aux revendications des étudiants
- Pour la restauration, l’Hôpital Yalgado s’engage à servir les repas sur présentation de la liste des étudiants dressée par les responsables d’unité de soins.
- Sur la question de l’assistance médicale, la réunion a adopté la prise d’une note pour consacrer ce droit.
- Pour la vaccination, la délégation de l’ANEB et l’équipe du ministère de la santé n’ont pas la même interprétation de certaines dispositions des textes du statut de l’étudiant.
Le ministre de la Santé a donné l’assurance que des dispositions sont prises afin de prendre en compte la nouvelle cohorte d’agents de santé à vacciner.
- Sur la question de la visite médicale et selon le statut de l’étudiant, la visite médicale est en principe organisée par le Centre national des œuvres universitaires (CENOU). Toutefois, le ministère s’engage à accompagner le CENOU pour cette visite médicale très attendue par les étudiants.
- Sur la question des allocations, le ministère travaille à maintenir les acquis et s’inscrit dans la dynamique de mobilisation de près de 159 millions de FCFA pour couvrir la situation normale. En intégrant les revendications des étudiants, la simulation faite par le ministère de la santé est estimée à plus de 711 millions de FCFA.
- Sur la prise en compte des étudiants en odontostomatologie qui doivent faire leur stage, selon le ministre de la santé un arrêté interministériel pour intégrer la prise en charge de ces étudiants dans tout le dispositif est en cours de signature.
- Sur la question du parking, la direction générale du CHU YO propose un forfait de 500 FCFA par mois aux étudiants stagiaires mais les étudiants réclament la gratuité à l’image des autres CHU à Ouagadougou n

Source : Communiqué du ministère de la santé


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