Escroquerie de parcelles : Les escrocs étaient de connivence avec des gendarmes

Publié le jeudi 10 mai 2012

L’enfant a droit à l’éducation. C’est dans cet esprit que Marcel Conombo, instituteur à Ouagadougou, a construit une « école sociale » au secteur 17 de Ouagadougou. Il s’agit d’une école construite dans le but « d’aider les enfants en situation difficile ». Cette œuvre sociale réalisée en 2005 sur fonds et terrain personnels n’était pas censée satisfaire la demande. En 2010, des amis espagnols lui sont venus en aide avec une somme de 6 000 000FCFA pour l’achat de deux terrains jumelés. Un démarcheur du nom d’Issouf lui trouve les terrains appartenant à deux sœurs : Haoua et Koumbou Kaboré. Ainsi dit, le 3 novembre 2010 et en présence du notaire Me Denise Ouédraogo, M. Conombo fait le 1er versement d’un montant de 3 000 000FCFA à Haoua Kaboré. Cependant, la pièce d’identité de sa sœur Koumbou Kaboré souffrait d’une certaine irrégularité (le délai de validité était dépassé). Mais cette dernière fait comprendre qu’elle a fait la nouvelle pièce d’identité qu’elle n’a pas encore retirée. Elle justifie cela par la brochure pour le retrait de la pièce. Malgré tout, le notaire n’a pas signé l’accord de versement de la somme (3 000 000FCFA) qui lui revenait. Présent dans la scène, Mahamadou Ilboudo a fait savoir « qu’il connait un huissier qui peut arranger l’affaire ». Et c’est devant Me Alexis Ilboudo, huissier de justice, que Monsieur Conombo a versé au comptant 2 500 000FCFA à dame Kaboré en présence du témoin de celle-ci, Lasalga Pamoussa. Ce qui veut dire que les 500 000 seront versées lorsque Koumbou Kaboré va normaliser la vente.

 

Le début des problèmes

C’est donc en sa qualité de propriétaire terrien que Marcel Conombo s’est rendu le 4 novembre 2010 sur les lieux. Mais à sa grande surprise, il y trouve un colonel entrain de faire un branchement d’eau. Chacun des deux disposait des pièces d’acquisition. Dans une telle situation, l’un des deux documents est un faux. Et c’est précisément celui de Monsieur Conombo qui est un faux. En réalité, les deux femmes qui lui ont vendu les terrains se nommeraient respectivement Zarata Ilboudo et Alizéta Ouédraogo. Elles ont usurpé les identités des vrais propriétaires des parcelles. En complicité avec d’autres personnes, leur stratégie a consisté à se procurer des documents dont les pièces d’identité sur lesquelles ils collent leurs photos pour en faire ensuite des photocopies. Disposant de leurs propres matériels, ils font les légalisations. C’est lorsqu’il s’est retrouvé en présence des vraies propriétaires des parcelles aux côtés du colonel que M. Conombo a compris le tour qu’on lui a joué. Il a alors saisi la gendarmerie de Boulmiougou. En l’absence du commandant de la brigade d’alors, M. Drabo, l’affaire a été gérée par son adjoint et un autre agent nommé Poda. Ouédraogo Alizéta et son témoin Lasalga Pamoussa furent arrêtés. Ils ont été relâchés par la suite « dans l’espoir, dit-on, de pouvoir arrêter les autres complices » dont la ‘’confrérie’’ Mahamadou et Zarata Ilboudo. La suite des événements fera douter Marcel Conombo de la bonne volonté de la gendarmerie. Celle-ci va effectivement arrêter Mahamadou Ilboudo mais elle mentionne dans son Procès verbal que « les deux femmes ne sont que de simples témoins ». Le plaignant Conombo se retourne vers le substitut du procureur, M. Louré. Ce dernier convoque Alizéta, Pamoussa et Zarata au parquet deux fois de suite sans succès. Conombo demande alors au 1er substitut du procureur s’il pouvait changer de brigade. Celui-ci répond par l’affirmative et lui remet une correspondance pour le commissariat de police de Boulmiougou avec pour mission d’amener les autres complices au parquet. Ce qui fut fait. En mars 2011, le jugement a lieu. Les deux femmes écopent chacune une condamnation de un (1) an de prison avec sursis. Lasalga Pamoussa est condamné à deux (2) ans avec sursis aussi. Il s’avère que c’est le sieur Mahamadou Ilboudo qui est le cerveau de cette ‘’truanderie’’. Selon le 1er Substitut du procureur, M. Tapsoba, ce dernier a été jugé 6 fois. Conformément au verdict du jugement, il écope trois (3) ans de prison ferme et doit rembourser la somme de 6 500 000 FCFA. Selon l’avocate de la partie intimée, Me Tologo, Mahamadou Ilboudo n’est plus aujourd’hui en prison.

Aujourd’hui, Marcel Conombo est complètement remontée contre la manière dont la gendarmerie a conduit le dossier. Selon lui, « elle a traité le dossier en connivence avec mes bourreaux ». Ce qu’il justifie par certains de leurs propos. Lorsque la police a arrêté Lasalga Pamoussa, l’enfant de ce dernier ‘’ahuri dit « avoir versé 200 000 FCFA à la gendarmerie pour que l’affaire soit close ». Le mari d’Alizéta Ouédraogo aurait dit « s’être endetté pour donner de l’argent à la gendarmerie. Il ne sait pas pourquoi on fatigue toujours sa femme ». Aujourd’hui que Mahamoudou Ilboudo n’est plus en prison, Marcel Conombo voit ses chances de récupérer son argent diminuer n

 

Basidou Kinda


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