Les vétérans de la musique Burkinabè à l’honneur

Publié le samedi 3 mars 2012

Les Elites du Faso est un groupe musical qui
s’est spécialisé dans la musique rétro. Pour
revisiter le passé musical du Burkina à
travers l’oeuvre de Florent Mazzoleni, le
concours de ce groupe a été précieux.
Malgré la cérémonie d’ouverture de la coupe
d’Afrique des Nations et l’intérêt qu’elle suscite,
l’Institut Français a refusé du monde le 21 janvier
dernier. Un public de mélomanes amoureux des
sonorités de la musique Africaine voltaïque des
années 1960, 1970 et des débuts des années 80 a
pris d’assaut la grande salle de l’Institut. Les Elites
avaient la lourde charge d’accompagner une dizaine
de troubadours qui ont tenu le top des hits en Haute
Volta, au lendemain des indépendances. L’ambiance
était féerique et plus d’un venu à cette soirée n’ont
pas manqué d’esquisser des pas de danse ou
d’applaudir à tout rompre les artistes qui se sont
succédé sur scène. Les Elites ouvre le bal par un
morceau du défunt métronome de l’orchestre
Harmonie Voltaïque Maurice Simporé. L’intitulé du
chant « Sam Soaba ». Une entrée en matière qui n’a
laissé personne indifférent. Suivra Valéa Dominique
élégamment habillé et toujours fringant. Il propose
aux mélomanes deux de ses galettes succulentes.
Lydie, un titre hommage certainement à une de ses
proches disparues. Le puis « Saaga », une
invocation de la pluie pour des récoltes abondantes.
Bamogo Jean Claude dit Man issu d’une vieille
famille protestante de Yako, couturier de son état,
bercé par la musique religieuse depuis son enfance.
Il fit véritablement ses armes en Côte d’Ivoire. Man
a proposé aux amoureux de la musique de l’Institut
Français « Zedgmzedga » et son titre fétiche repris
mille et une fois « Pananki ». Bien que diminué par
l’âge et la maladie, le co-chambrier de Cissé
Abdoulaye à (Dapoya du temps ou ils étaient au
Super Volta) a mis davantage de piquant dans
l’ambiance qui était déjà électrique. Mamadou
« Soubaga » vous-vous rappelez ? C’est lui qui avait
chanté « Tem Zogo » mettant à nu les agissements
des filles qui rusent avec plusieurs partenaires. A
l’occasion, il n’a pas manqué de ramener à la
surface certains souvenirs. Il a eu même le don de
faire danser certains amis blancs fana des ces
rythmes d’alors. Moustafa Maïga une ruche de miel
dans la voix. A travers « Djougou Malola » il a
replongé l’assistance dans la profonde nostalgie des
voix langoureuses que le continent noir a connues.
Ces voix se recrutaient dans de grandes formations
musicales comme le Bembeyya, Kéletigui aussi
avait composé des chansons dans le même registre.
Ces deux groupes cités ont fait la splendeur de la
musique guinéenne. Membre fondateur de
l’orchestre « Bozambo » avec une bande de copains
dont certains deviendront plus tard des icônes de la
musique Africaine, Georges Ouédraogo le
Gandaogo national (un sobriquet que le
photographe Ben Idriss Zoungrana lui a donné) a
chanté « Mounafica » (des politiciens ont utilisé
cette chanson pendant la campagne électorale de
1978 contre leurs adversaires politiques) et
Pougbéogo qui décrit la misère de la femme, quand
elle vit avec un époux insupportable. L’héritier
d’Otis Redding le grand To Finley a joué Burkindi.
Un son qui ramène beaucoup de gens à la période de
grande mobilisation sous la Révolution
démocratique et populaire. Desy était de la fête.
Guitariste au doigté magique à l’image des grands
noms comme Niko au Congo et Chekou Bembeyya
de la Guinée Conakry, Désiré Traoré alias Desy et
les Sympathics à officié au Super Volta et créé après
son orchestre. On s’est souvenu de Larlé Naaba à
travers sa reprise de la guitare de « Tinga ».
L’homme à la guitare, Cissé Abdoulaye, artiste
multidimensionnel, musicien, homme de théâtre,
animateur radio… Et courroie de transmission
entre les artistes et l’écrivain Mazzoleni a proposé
Jeunesse Wilila et Maria chérie au spectacle des
anciennes gloires. Quant au rossignol de Zangoetin
le compositeur de « prends une bière c’est moi qui
paie » Issouf Compaoré, par son talent qu’on ne
conte plus, a chanté pour les amoureux de la belle
mélodie « Liguidi et Dis lui que je l’attend ». Enfin
l’empereur Bissongo a bouclé la boucle par « 
Bissongo lebguiwa et Tiena Yama ». « laafi Bé
moogo » a réuni tous les artistes qui ont presté au
cours de la soirée. C’est cette chanson qui a mis fin
au spectaculaire retour triomphal des enfants
prodiges de la musique Burkinabè sur scène.
L’événement a été conçu par l’Institut Français et
Florent Mazzoleni. Il a comporté 3 volets : un
concert, une exposition, une conférence et une
dédicace du livre.

Merneptah Noufou Zougmoré


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