MPP : Le premier vrai test sera les urnes

Publié le vendredi 17 juillet 2015

Dimanche 05 juillet. Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) a procédé à la désignation et à l’investiture de Roch Marc Christian Kaboré comme son candidat pour prendre part aux élections présidentielles d’octobre 2015. Comme depuis sa naissance le 4 janvier 2014, une foule immense s’est mobilisée à cette occasion. Ce qui fonde les poids lourds de ce parti à affirmer que leur victoire se fera en un quart de tour.

La démission du CDP des mentors du MPP a eu un double effet. D’une part l’affaiblissement du régime Compaoré et d’autre part cela a ajouté du tonus à l’opposition qui depuis un long moment résistait à la boulimie et à la volonté de ce régime de se maintenir au pouvoir. Depuis la naissance du MPP, des défections se font massivement du CDP en faveur de ce nouveau parti. Des personnes de différentes conditions y adhéraient par millier. Ce dimanche 05 juillet, c’est une foule immense qui était au stade municipal. Les militants occupant des postes dans les hautes sphères de l’administration publique comme à la base de celle-ci se sont massivement mobilisés pour voir leur candidat RochMarc Christian tenir l’étendard de leur parti pour aller à l’assaut de Kosyam. C’est à 15h 13 mn que Roch Marc Christian Kaboré accompagné d’une forte délégation fait son entrée dans le stade municipal sous une acclamation soutenue du public sur des notes de vuvuzéla, de tambour et de la fanfare. Le groupe prend un bain de foule en faisant le tour du stade. L’ambiance était festive. Dans la foulée, le deuxième vice-président est invité à lire la résolution du congrès extraordinaire. Sans surprise, c’est Roch Marc Christian Kaboré qui est désigné «  à l’unanimité des délégués provinciaux et à l’étranger  ». Les militants accueillent ce choix par un applaudissement nourri. A entendre la résolution, la candidature du MPP vient se dresser contre «  le recul démocratique, la mal gouvernance, et la gestion calamiteuse des ressources nationales  ». A cet effet, évoquant le choix de l’obédience politique du MPP qui est la social-démocratie, le lecteur laisse entendre que le parti compte renverser la situation par la «  construction d’une économie forte, une répartition équitable des richesses, une gouvernance vertueuse, l’attention au plus faibles, la protection de l’environnement, la place prépondérante faite aux jeunes et aux femmes,… une meilleure formation pour la jeunesse et la création d’emplois pour celle-ci ». Par la suite, Salif Diallo, le premier vice-président chargé de l’orientation politique est invité à prendre la parole. Au parloir, il donnera le sens de la candidature du MPP. «  Cette candidature est celle de la jeunesse contre le chômage, … c’est celle des femmes contre la pauvreté, c’est la candidature des forces progressistes contre le libéralisme et le néocolonialisme. Cette candidature est celle des patriotes africains, cette candidature est celle de tous les démocrates à travers le monde qui aiment la justice sociale, la paix,…  ». A son tour, Salif conviera Roch à venir tenir l’étendard du parti. Celui-ci le tiendra sous une forte acclamation des militants. Par ailleurs, le candidat investi prendra la parole pour dévoiler les grands axes de son programme de société. Mais avant, il dépeint un tableau sombre de la gouvernance politique et économique pendant 27 ans au Burkina. Sous cet angle, il cloue au pilori Blaise Compaoré et son régime. «  En 27 ans le régime de Blaise Compaoré a un lourd passif. Il nous faut du temps et du courage pour renverser la situation  », ajoute-t-il. Roch indique à l’assistance quel type de candidat il sera. «  Je serai le candidat de la tolérance, le candidat à l’écoute des adversaires et des partisans, le candidat de la jeunesse, des femmes et de la confiance retrouvée  ». Il annonce des engagements s’il est élu président. Entre autres, en tant que président, le candidat du MPP dit qu’il engagera toutes les réformes nécessaires pour le passage à la Vème République. Il s’engage à faire «  la vérité et la justice  » sur les crimes économiques et de sang. Il dit s’engager aussi à réconcilier tous les Burkinabè avec eux-mêmes, à valoriser le capital humain, à endiguer les inégalités sociales, à booster tous les secteurs de l’économie, à réformer l’administration, à améliorer les secteurs sociaux notamment l’éducation et la santé. Roch dit aussi que s’il est élu, il réduira le train de vie de l’Etat et dépolitisera l’armée… Séance tenante, il a nommé Salif Diallo comme directeur national de campagne. Le candidat du MPP n’est pas favorable à l‘idée de prolongation de la Transition. Par ailleurs, on notait les propos de satisfaction des militants qui se félicitaient pour la grande mobilisation. D’aucuns tournaient en dérision les sondages que des structures ont eu à publier. «  S’ils veulent vraiment faire sondage qu’ils viennent ici  », laisse entendre un militant ».
En se référant à la mobilisation des militants, des orateurs au parloir imbu de la popularité du MPP demandent à la foule, est-ce qu’il y a match entre notre candidat et les autres ? La foule qui répond évidemment que non. Au niveau des gradins, chaque secteur de la capitale exhibait des banderoles de soutien au parti. Idem pour les ressortissants de certaines localités. Les chefs coutumiers se sont faits remarqués par une forte délégation. L’ambiance était chaleureuse. Des artistes faisaient danser nombre de militants avec leur mélodie. Même le Larlé Naaba s’est arraché de son siège pour esquisser quelques pas de danse avec l’artiste Floby.
En tout état de cause le premier vrai test du MPP sera ces élections à venir. Depuis sa naissance, ses sorties drainent une foule impressionnante. Cependant, de plus en plus, des citoyens expriment une certaine aversion contre ce parti qu’ils qualifient de CDP bis. Martyrisés par le régime de Compaoré pendant plusieurs décennies, ces citoyens ne souhaitent pas voir le MPP accéder au pouvoir car selon eux, dans cette hypothèse, le pays continuera avec le système que le régime avait tissé et qui n’avait qu’autre effet que la spoliation du peuple. C’est un argument que même des adversaires politiques du MPP ne se privent pas d’avancer.

Par Hamidou TRAORE


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