Présidentielle 2015 : Le premier bond du Lion sur Kosyam

Publié le vendredi 17 juillet 2015

Sans conteste sa venue sur la scène politique burkinabè a tiré l’opposition de sa torpeur légendaire. L’Union pour le changement (UPC) a aligné des victoires. Les sondages se succèdent et place le candidat de ce parti comme gagnant des futures élections présidentielles. En sa qualité de chef de file de l’opposition, le leader du parti, Zéphirin Diabré a conduit avec brio la résistance du peuple contre la boulimie du pouvoir du CDP (Sénat, révision article de l’article 37). Résistance qui a abouti à une insurrection qui a entraîné la chute du régime Compaoré. Son dernier assaut reste l’occupation du palais de Kosyam. Sans surprise, l’UPC a ainsi procédé à la désignation de Zéphirin Diabré ce dimanche 28 juin lors d’un congrès extraordinaire comme le candidat qui devra le conduire à la présidence du Faso.

Les militants de l’UPC se sont mobilisés depuis l’intérieur du pays comme à Ouagadougou pour être témoins de l’investiture de leur candidat pour l’élection présidentielle d’octobre 2015. Leur présence est imposante. Le palais des sports de Ouaga 2000 est entièrement rempli. Les artistes musiciens se relayent pour égayer la foule qui répond par des applaudissements et des sons de vuvuzéla. L’assemblée est majoritairement constituée de jeunes. C’est à 10h 12 de ce dimanche 28 juin que le «  le lion  » fait son entrée dans une hystérie de la salle. Zéphirin est vêtu d’un uniforme traditionnel.Au congrès, les symboles se succèdent, les uns plus significatifs que les autres. Les militants ont mis leur chef dans la peau du président des quatre coins du Burkina. La résolution du congrès est lue par le premier vice-président du parti. Sans surprise Zéphirin Diabré est choisi comme le candidat de l’UPC. Ce dernier sera installé dans un fauteuil blanc rembourré. Les représentants des treize régions se suivaient à la file indienne, chacun exhibant l’identité culturelle de sa localité pour saluer leur candidat en guise de serment d’allégeance. Dans la foulée, les militants remettront la carte du Burkina à Zéphirin, signe du futur premier responsable du Burkina Faso dans ses limites territoriales. Les jeunes pour prouver leur engagement à soutenir le parti jusqu’à la victoire auraient payé la caution de leur mentor. A cet effet un chèque de 25 millions a été remis au candidat. Dans la foulée, ce dernier s’installe au parloir pour décliner «  juste un pan  » de son projet de société. Il précisera d’entrée de jeu qu’il a décidé d’être le serviteur du Burkina Faso et c’est cette raison qui l’a poussé à créer l’UPC contrairement «  à ceux qui cherchent le pouvoir seulement pour goûter aux délices du pouvoir ou pour retrouver le paradis perdu  ». Pour lui, le sens de sa candidature est de construire le pays. Le « lion » égrène plusieurs œuvres à réaliser s’il est élu. A ce titre, Zéphirin pense qu’il est impérieux que les Burkinabè retrouvent leur identité nationale. «  Nous devons savoir qui sommes-nous, d’où nous venons et où allons-nous  », explique l’orateur. Selon lui, cette identité constituera le socle du développement du pays comme l’ont fait le Japon, la Chine, la Malaisie. Comme pour associer l’acte à la parole, Zéphirin Diabré était vêtu d’accoutrement traditionnel en cotonnade et coiffé d’un chapeau reflétant l’une des cultures burkinabè. Parmi les réalisations que le candidat de l’UPC compte faire s’il est élu, on peut citer le modèle de développement «  humain et durable  » fondé sur des valeurs comme la solidarité, la justice, l’intégrité. Il a annoncé une «  tolérance zéro  » contre la corruption. Sur le plan économique, l’UPC compte mettre en œuvre le concept «  d’Etat developpementaliste  ». Un concept contre lequel Zéphirin met en garde tout copieur. Il s’agira selon ses explications de mettre en branle toutes les forces du pays à travailler dans une synergie pour le modèle de développement qu’il compte réaliser. «  Nous sommes des progressistes réformistes  », a-t-il signalé par la suite. Pour lui le développement du pays est un processus en perpétuel mouvement. Et toute idée ou toute mesure qui entre dans le cadre du mieux-être collectif sera intégré dans ce processus. En outre, le candidat déplore la situation de la jeunesse qui est assaillie par une pléthore de difficultés dont le plus emblématique est le chômage. A ce titre,il cite la question d’emploi des jeunes comme une priorité à résoudre. Les questions sanitaires, d’éducation, l’agriculture, la sécurité… sont aussi citées comme des préoccupations des populations à prendre en compte. Zéphirin revient sur la question de l’énergie. Il indique qu’il faut éviter d’avoir une seule source d’énergie. Il réaffirmera sa volonté de construire des centrales nucléaires. Il pourfend ses adversaires qui se moquaient de ce projet le traitant d’irréaliste. Zéphirin Diabré rappelle qu’il a été fabriquant et vendeur de centrales nucléaires à travers le monde. Sur cette question, défiant ses détracteurs, il martèle péremptoirement : «  personne ne peut me dire ce que c’est que le nucléaire  ». Par ailleurs l’UPC compte créer un ministère dédié aux Burkinabè de l’extérieur.
Sur le débat concernant le passage à la Vème république, Zéphirin pense que le problème ne se situe pas à ce niveau mais plutôt que c’est le contenu de la constitution actuelle qui doit être revu dans le sens de l’améliorer. Il pense que les pouvoirs doivent être véritablement équilibrés entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Le candidat de l’UPC ajoute que s’il est élu, dès les premiers instants de son mandat, il organisera un débat national sur la loi fondamentale. Diabré a annoncé des actions à réaliser dans tous les secteurs de l’économie. Il s’agira pour lui à terme, dans sa vision, de rendre le Burkina Faso «  plus fort et plus utile pour les générations à venir  ». En tout état de cause, le parti du lion met le changement au cœur de sa politique. Selon Zéphirin Diabré, le Burkina a besoin d’une nouvelle gouvernance fondée sur des valeurs telles que la solidarité, l’intégrité, le dévouement…

Par Hamidou TRAORE


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