Laurence : L’injustice m’insupporte… surtout envers les femmes

Publié le vendredi 17 juillet 2015

On l’a connu d’abord dans les affaires. Voilà qu’en faveur du renouveau démocratique, elle fait son entrée politique. Au MPP, elle a pu, en très peu de temps, se faire un prénom « MPP Nassara »

Sa belle stature tranche dans les rassemblements politiques. Son verbe fait le reste. Mais Laurence c’est surtout un engagement pour la cause de la femme. Un nouveau militantisme en faveur de la femme qui veut sortir des sentiers battus. Les femmes sont une frange importante de la population, on ne peut pas les ignorer. Son engagement c’est d’abord pour défendre la cause de la femme.

Un dû et pas l’aumône !

Quand je me suis engagée c’était, dit-elle pour corriger le peu de cas que l’on faisait des femmes dans les partis et formations politiques. Avant, poursuit-elle, «  je côtoyais les politiques. Quand on fait les affaires, dans un pays comme le nôtre et sous le régime qui était en place, on n’a pas d’autre choix  ». Elle a donc dû faire avec cette réalité. Puis elle a carrément «  tilté  » dans les dernières années de l’ancien régime. La tournure prise par la gouvernance lui insupportait.
Elle a largué les amarres pour se réfugier et faire le point en Europe. L’ébullition du Front politique, ces dernières années a interrompu cette retraite. La voilà aujourd’hui en plein dans la politique et aux côtés des femmes qu’elle organise pour qu’elles aient «  les outils, dit-elle, de se défendre et de compter  ».
Elle s’est, en tout cas, si bien investie qu’elle est devenue, une figure de son parti. Ça tombe bien, le discours ambiant dans les états-majors des partis en ce moment de notre évolution politique, c’est de faire la place aux femmes et aux jeunes. Elle pense donc qu’elle a toutes ces chances, même si elle se garde bien d’en dire plus. En politique, ironise-t-elle, «  il faut savoir sortir au bon moment  ».
Dans son parti, elle a pu imposer la prise en charge des femmes, dans les activités, comme une composante à part entière. Avant, aime-t-elle à dire, on faisait les budgets et on oubliait les femmes. Je me suis battu pour que ça change. Ça fait grincer les dents, mais depuis c’est un acquis. A chaque activité la part des femmes est maintenant prévue.

Quatre questions à Laurence

A quoi carbure Laurence ?
Au désir d’équité et de justice.

Avec la Transition peut-on dire que pour les femmes aussi que plus rien ne doit être comme avant ?
C’est exact puisque les premières avancées sur les champs de bataille le 27 (référence à la marche de protestation des femmes du 27 octobre contre la modification de l’article 37 ; ndlr) c’était les femmes. Donc nous entendons par là que plus rien ne sera comme avant pour les femmes aussi.

La politique des quotas est-elle une panacée pour la représentativité des femmes en politique ?
Je pense sincèrement que c’est le seul moyen pour les femmes de pouvoir émerger parce que nous savons très bien que même si nous avons des femmes compétentes, les luttes de positionnement et les trafics d’influence font qu’on ne peut bien les positionner. Le seul moyen de promouvoir la femme c’est l’application du quota.

Cela devrait être comment ?
Je pourrais seulement parler de mon parti pour ce qui concerne l’application du quota. Ce serait de pouvoir mettre en place des listes alternées dans toutes les circonscriptions.

Qu’est-ce qui peut être considéré comme un objectif réaliste pour les femmes dans le renouveau politique ?
Arriver au 30% au résultat. Ce serait une bonne chose et surtout même les postes nominatifs qui vont venir, que nous puissions mettre les femmes en avant. Je pense que c’est un objectif très réaliste.

Au gouvernement aussi ?
Oui au gouvernement mais aussi au niveau des directions. Toutes les positions de décision où on pourra nommer, je pense que c’est réaliste de pouvoir mettre 30% des femmes parce que nous avons les compétences nécessaires.


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