Accueil du Premier ministre par les OSC : Démissionnera, démissionnera pas ?

Publié le vendredi 17 juillet 2015

C’est dans cette incertitude que le Premier ministre s’est envolé le lundi 6 juillet 2015 pour une visite de travail à Abidjan. Parti presque dans l’indifférence, le retour de Yacouba Isaac Zida a été plutôt triomphal à la base aérienne 511 de l’aéroport de Ouagadougou. Les OSC acquis à sa cause ne lui ont pas marchandé leur soutien ce mardi 7 juillet 2015.

Malgré le soleil accablant qui s’abattait dans la capitale burkinabè cet après-midi du 7 juillet 2015, les militants d’organisations de la société civile sont sortis une nouvelle fois, pour témoigner leur soutien à la Transition. Malgré l’improvisation de l’accueil à en croire Hervé Ouattara député CNT et président du Citoyen Africain pour la Renaissance (CAR), le décor laissait entrevoir un meeting préalablement préparé. «  Je suis Zida, ne touchez pas à ma transition, le Mouvement des Droits Humains pour la Paix et la Démocratie soutient le gouvernement dans toutes ses actions de développement, RSP suivez votre Nation et non vos chefs, la transition est un don de soi  ». Ce sont là quelques contenus de banderoles et pancartes qui étaient brandis sur place, et le tout accompagné par une animation musicale rythmée par un Djembé. Certaines OSC qui ont fait le déplacement étaient reconnaissables à l’effigie de leurs logos estampillés sur des tee-shirts de couleurs variées.
On pouvait à travers ces tee-shirts inventorier les associations présentes : l’Association pour la promotion de la démocratie et la participation citoyenne (APDC), la Coordination des Organisations de la Société Civile pour l’Alternance (COSCA), le M21, le Mouvement Plus Rien ne Sera Comme Avant (MPRSCA), les Citoyens africains pour la renaissance (CAR) ont donc répondu présentes. Soutenir Zida ou la transition, c’est le mot qui était dans la bouche de tous les manifestants du meeting improvisé pour soutenir Zida. Et Rasmané Ouédraogo, porte-parole adjoint du CAR a du mal à comprendre que les membres signataires de la charte aient pu dégager un consensus pour trouver un Premier ministre consensuel et qu’ «  une entité qui ne reflète même pas l’entité militaire réclame la démission de ce Premier ministre tout en sachant que s’il démissionne, le gouvernement est dissous  ». Pour lui tout comme Yacouba Ouédraogo, secrétaire général adjoint de l’Association des Scolaires et Etudiants du Faso (ASEF), il est hors de question aujourd’hui de parler d’une quelconque démission de Yacouba Isaac Zida car pour Yacouba Ouédraogo, «  personne ne doit toucher à la Transition pour remettre en cause ce qui est déjà acquis après l’insurrection populaire  ».

La question d’exclusion une fois de plus à la Une
Les femmes de leur côté n’ont pas manqué à l’appel et tenaient à se faire entendre à l’image de Salimata Ouédraogo qui a quitté le quartier Rimkièta (arrondissement 3 de Ouagadougou) pour dit-elle, «  l’amour de la patrie  ». L’attente va prendre fin aux alentours de 17 heures avec l’apparition de Zida à l’entrée principale de la base 511. La foule qui n’avait pas bougé se jette sur lui aux cris de «  Zida, Zida  » «  on veut Zida  », ou encore «  Zida, Bouge pas  ». D’improvisation en improvisation, la foule avec le Premier ministre au milieu, accompagné des premiers responsables des OSC décident de battre le macadam pour la primature. Des chants et des cris s’entremêlaient et à chaque coin de rue, le Premier ministre était acclamé. Certaines personnes n’ont pas trouvé d’inconvénient d’abandonner leurs occupations pour suivre la foule à la primature pour ne pas rater le discours de Zida. Sur place, c’est Hervé Ouattara qui plante le décor en mettant en garde ceux qu’il qualifie d’ennemis du peuple. « Ce que nous avons fait les 30 et 31 octobre 2014, nous sommes là pour rappeler à ceux qui ont la mémoire courte que nous n’avons pas oublié. Ce pour quoi nous sommes sortis, nous allons ressortir s’il le faut et cette fois-ci pour nettoyer les ennemis du peuple » a déclaré le député CNT, avant de rassurer Yacouba Isaac Zida qu’il est un premier ministre du peuple et non un Premier ministre d’un groupuscule. En prenant la parole, le chef du gouvernement n’a pas manqué de s’en prendre à ses détracteurs sans nommément les citer. Pour lui, « quand le peuple a parlé, il a clairement montré sa volonté, il n’y a pas autre volonté au-delà de celle du peuple. Malheureusement il y a de petits malins, de très petits malins qui pensent qu’ils peuvent ruser, qu’ils peuvent tromper les gens autour d’eux pour atteindre leurs objectifs  ». Par ailleurs, Yacouba Isaac Zida a intimé à ceux qu’il prétend vouloir leur faire la morale que si le peuple s’est exprimé, alors ils marcheront selon la volonté du peuple. Et de poursuivre qu’il connaît des « Burkinabè qui ont quitté ce pays depuis 27 ans. Ils n’osent pas mettre le pays ici parce qu’ils ont définitivement été exclus  ».

Wend-tin Basile SAM


Commenter l'article (3)