Championnat national de foot : L’ASFA-Y et son coach à couteau tiré

Publié le mardi 7 juillet 2015

L’ASFA-Y veut virer son coach. Auteur d’une saison calamiteuse, le club quadruple champion du Burkina se sent mal dans sa peau de 12 sur 16 du champion écoulé. Et comme en de pareilles circonstances, le coach est le premier fusible, alors, Jean-François Losciuto pourrait en payer les frais. Mais si la tambouille s’est installée entre le club et son maître à penser, la raison se trouve ailleurs. Il est sûr que les résultats ont été l’élément catalyseur. Mais au fond, le président Eddie Komboïbo et compagnie, employeurs de Losciuto veulent lui faire la peau car ils se sont sentis trahis. En offrant un bail de 4 ans à ce technicien venu d’ailleurs, ce n’était pas seulement pour son talent d’entraîneur encore moins pour son teint métissé. En fait, l’homme a su se vendre. Son argument massu, la promesse faite d’amener dans ses bagages trois (03) internationaux togolais. Et ce renfort n’était pas pour gagner le championnat domestique. L’entraîneur a proposé un deal juteux à l’ASFA-Y. Il a dit que sa vague de togolais était en fait en partance pour l’Europe. Chacun des trois joueurs avait selon le coach de l’ASFA-Y réussi un test mais avait de la peine à aller composter son poste et engranger l’argent du fait de l’impossibilité de disposer d’un visa au Togo. Eddie Komboïgo en bon expert comptable a vite flairé un bon coup. Il a donc accepté l’arrivée des joueurs togolais qui finalement ‘ont fait que transiter par le Burkina, le temps que des visa leur soient trouvés et qu’ils partent dans leur club sous la bannière de l’ASFA-Y. L’entraîneur a déclaré que chaque joueur rapporterait 200 000 euros (131 millions de F CFA) de sa vente. Les trois réunis, a sans doute rapidement calculé l’expert comptable rapporteront plus de 390 millions de F CFA au club burkinabè ! Belle aubaine ! Une telle somme permettrait à l’ASFA-Y de sortir de sa permanente perfusion financière. Pour mieux convaincre, le coach refuse de réclamer une prime à la signature. Il dit pouvoir patienter pour encaisser cette prime sur l’argent de la vente des joueurs. Très emballée par l’offre du technicien Belge, l’ASFA-Y lui fait signer non seulement 4 ans de contrat mais aussi lui donne un salaire mensuel de 2,3 millions ! Le mercato burkinabè passe, les Togolais non pas été vendus. Pourtant Losciuto avait promis que l’opération sera conclue courant décembre-janvier. Il demande un délai supplémentaire. Juin ! Là encore rien. Entre temps pris par le doute,l’ASFA-Y va se réveiller enfin pour tenter des vérifications. Premier constat, les joueurs promis ne sont pas ceux qui ont suivi le Belge au Burkina. S’il est vrai que des internationaux togolais étaient dans la balance, ils ont fini par prendre d’autres destinations et évolueraient en RDC au TPM et au Nigéria. Pourquoi ? Le Belge aurait été lui-même trahi ? A-t-il voulu floué l’ASFA-Y en vendant ailleurs ces joueurs ? Et pourquoi n’a-t-il pas dit la vérité à l’ASFA-Y ? Très remonté contre lui pour n’avoir pas tenu parole, l’ASFA-Y veut rompre le contrat. Les jaune et vert disent que l’arrivée des joueurs avec le Belge fait partie des clauses du contrat. Lors d’une réunion du club, le président Eddie aurait dit qu’il n’était pas si fou pour servir un salaire si important à son coach si tant est qu’il n’avait pas la possibilité de gagner si gros dans le deal. Et donc partant du fait que le deal a foiré, la collaboration devrait s’arrêter là ! Sauf que le coach ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, il a paraphé un contrat de 4 ans, il veut aller jusqu’au bout. Vu l’atmosphère, le Belge lui-même sait qu’il ne peut plus poursuivre. Mais le but de la manœuvre actuelle entre les deux futurs ex collaborateurs est la peine financière liée à une telle séparation. Le Belge voudrait partir avec un gros paquet vu le nombre d’années de contrat qui lui reste. Et l’ASFA-Y qui ne décolère pas pour avoir filé du mauvais coton dans son deal foireux n’entend plus payer le moindre copeck. On réalise le bras de fer qui oppose les deux camps. La question fondamentale est de savoir que dit le contrat que les deux parties ont signé. Selon une source proche du club, les termes du contrat rédigé par le coach lui-même indiqueraient qu’il enverrait les fameux joueurs togolais. Mais aussi il se serait engagé à créer un centre de formation au profit du club. Promesses qui sont toutes restées vaines. N’ayant pas vu une copie du contrat, il est difficile d’opiner. Toutefois, le club devrait être prudent sur la question, de sorte à ne pas violer la loi du travail et ne pas s’attirer les foudres de la faitière continentale, voire mondiale du football. Déjà que l’ASFA-Y a fait preuve de naïveté dans cette affaire. Pour tout connaisseur du foot, il ne mordrait pas à l’hameçon si on en venait à lui dire qu’un joueur qui quitte les championnats africains, surtout l’Afrique au sud du Sahara peut valoir 200 000 Euros. Il est quasiment impossible de vendre les joueurs africains à ce prix lors du premier transfert. Le taux habituel est compris entre 80 et 60 000 euros. Un tel élément aurait suffi à mettre en doute l’engagement du Belge. Mais nous comprenons que l’offre étant assez alléchante, le club ait pu confondre bonne affaire et affaire bien présentée. A présent, il faut savoir gérer et bien gérer.

J J Traoré


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