BB King, un roi du Blues tire sa révérence !

Publié le mardi 7 juillet 2015

Ma sœur Victo aimait bien cette boutade : « Tous ceux qui rentrent au pays après des études en Europe ont pour musique préférée le jazz et le Blues… » Eh bien, loin de la mère patrie, de la famille et de la solidarité légendaire africaine, on broie forcement du noir là bas, au-delà des océans. Pour supporter le spleen, tel que le décrivait si bien le poète Charles Baudelaire, le Blues semble être la musique la mieux indiquée. Des paroles qui viennent du fond des cœurs sur une rythmique qui invite à la méditation consciente, le Blues embaume l’âme du penseur solitaire. En l’écoutant, on se fait le film des cousins d’Amérique dans la tête. Ceux qui ont souffert de l’esclavage et souffrent encore du racisme. La galère quoi ! Sonorités langoureuses, tristes ou gaies, le blues est une musique d’espoir quand tout va mal. Les enfants du blues ou les blues boys (B.B) sont des porteurs de messages de vie. Riley B. King était un expert dans le domaine. Véritable roi de la guitare, ce natif de Las Vegas (USA) a séduit sa vie durant, tous les mélomanes qui savent ce que bonne musique veut dire. Chants d’amour, chansons de résistance, il était le Blues. Il perd à l’âge du biberon sa mère et ramasse du coton pour vivre, au sortir du berceau.Enfant, l’église Baptiste qu’il fréquentait le prend dans sa chorale. Dès l’adolescence, il acquiert sa première guitare. La suite se passe de commentaire. C’est comme s’il était prédestiné à cet instrument qu’il apprivoise avec une dextérité jamais égalée. Mais, la musique ne nourrit pas son homme à l’époque et le jeune virtuose continue de faire d’autres petits boulots pour subsister. Il ne résistera pas longtemps à l’appel de sa…muse. Une star est née ! écoutez Blues on the Bayou et vous m’en direz des nouvelles ! : Depuis son premier disque de 78 tours des années 40, il vole de succès en succès.De 1951 à 1985, B. B. King apparait 74 fois dans les classements Rythm and blues du Billboard. Des musiciens de rock se bousculent (U2, Bono, les rolling stones, the God …Clapton, etc.) pour jouer à ses cotés. 3 O’clock blues sorti en 1952 est mémorable. Diabétique il a été sur scène jusqu’au bout du souffle. En 2012,il émerveillait le public parisien du Grand Rex . Auréolé d’une vingtaine de Grammy Awards et de nombreuses autres distinctions, il a finalement le 14 Mai 2015, décidé de ranger à jamais sa guitare, à l’âge de 89 ans, après une vie bien remplie. Celui que d’aucuns considéraient il y a quelques jours encore comme étant « le monument vivant » du blues, laisse à la postérité une discographie riche et variée. Adieu l’Artiste !

Ludovic O KIBORA


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