Cassou* : Palabre autour de la forêt aménagée

Publié le mardi 7 juillet 2015

Cassou, commune rurale, dans le Ziro. La forêt est une richesse qui provoque des convoitises. Une structure, Le Chantier d’Aménagement Forestier (CAF) a bien été créée pour sa bonne gestion. Mais elle peine à le faire. Depuis le mois de février 2015, les populations de Cassou sont à couteau tiré avec les gestionnaires du chantier aménagé de la forêt.

Au départ, la revendication des populations porte sur un accroissement des terres cultivables. Mais à mesure que la colère monte on a l’impression qu’il s’agit d’un prétexte pour dénoncer la gestion du CAF.
Tahidina, la cinquantaine, est l’un des meneurs de la contestation : «  Depuis son existence, le CAF n’a fait aucune réalisation  » s’insurge-t-il. Ce gaillard de 1,95m est celui par qui en avril dernier, l’incident a lieu en raison de sa dénonciation de la mal gouvernance du projet. Il n’a pas vraiment de peine à convaincre le gros de la population, y compris le chef du village.

Quand le journaliste est attendu comme un messie
Cassou ce 17 juin, coiffé de son bonnet rouge, le chef du village, sous son hangar, entouré de ses plus proches collaborateurs, attendent un invité de marque : un journaliste. Une occasion pour eux de dire ce qu’ils pensent de la gestion du CAF. Le chef, Oumarou Diasso à l’état civil, nous accueille furieux ; « des gens ont mal géré. Ils ne doivent plus être gestionnaires du CAF  ». C’est par ces mots que nous sommes accueillis (propos dit dans la langue locale et traduits par l’interprète local). Une exigence que le chef avait déjà soumise au haut-commissaire du Ziro.
Le chef, en dépit de sa colère, reconnait quand même au projet quelques réalisations, contrairement à Tahidina Diasso. Une contribution à hauteur de 350.000f pour la confection d’un château d’eau en 1995. Comment est-elle intervenue cette contribution ? En son temps, explique le chef, un projet est venu pour installer le château. Il a été demandé à la population une contribution de 500.000f. Celle-ci ne disposait que de 150.000f. C’est alors que le chef a recours aux gestionnaires du CAF en leur expliquant le problème. Ceux-ci n’ont pas ménagé leurs efforts pour apporter la somme complémentaire. Il en est de même pour la réparation d’une pompe d’eau et cela à deux reprises, à hauteur de 150.000f. Mais à Cassou on estime généralement que le CAF n’a effectué aucune réalisation. Le projet a donc mauvaise presse dans le village où on pense que son action se résume à «  ramasser juste le bois, à le vendre et à bouffer l’argent  ».
Le CAF ne trouve pas non plus grâce auprès des jeunes. Pour Karim Diasso, représentant des jeunes de Cassou, le CAF ne profite aucunement aux différentes activités des jeunes. Pour lui, l’argent généré par l’exploitation de la forêt rentre dans les poches des gestionnaires. «  Je ne sais pas comment ça se passe mais je sais qu’on nous a bouffés  ». Dans le village on est donc convaincu que ce projet n’apporte pas les contributions attendues pour le développement.

Accusés défendez-vous !
Omar Djiguimdé, le directeur technique du chantier, nous accueille avec une batterie d’arguments. Pas de doute pour lui, le CAF a beaucoup contribué à la vie socio-économique au-delà du simple département de Cassou. Il y a l’acquisition tout récemment de trois ambulances motorisées pour les trois CSPS des communes rurales qui partagent le chantier (Cassou-Bakata-Gao), une somme de 200.000f versée l’année passée pour réparer un cassis à Cassou et la construction d’une école de trois classes dans le village de Kondui. A ce niveau, il y a une polémique. Les plaignants la mettent sur le compte du projet BKF. Mais la litanie des réalisations ne s’arrête pas : contribution à la construction d’un bâtiment administratif de la direction provinciale (Ziro) de l’environnement et du cadre de vie d’une valeur de 2 millions 500 mille FCFA, d’une infirmerie à Ouayou d’une valeur de 150.000f, la réparation du véhicule de la préfecture de Cassou à 370.000f, l’équipement du CEG de Cassou à 350.000f, l’achat de table bancs, armoires, chaises et craies à Yinga à 300 000f.
Mais cela ne semble pas suffire pour rabibocher les populations et les responsables du projet. Ces derniers sont depuis les derniers incidents «  persona non grata  » à Cassou département. Le chef a d’ailleurs demandé au Haut-commissaire de la province de procéder à leur changement et surtout de diligenter une enquête pour retrouver les fonds disparus. En effet, ils sont tous convaincus qu’il y a un fonds pour le village. «  Il y a une caisse qui revenait à la population. Les fonds qui sont dans cette caisse on ne sait pas où ils sont rentrés. Qu’on fasse une enquête pour savoir où sont rentrés réellement ces fonds. Parce qu’en coupant le bois il y a une partie de l’argent qui revenait à la population  » confie le chef, octogénaire, avec un débit lent et posé. Pour le directeur technique du chantier, Oumar Djiguimdé : «  c’est à tort qu’on peut dire que ce fonds appartient à la population ». La gestion de ce fonds logé dans un compte à Sapouy est laissée à la discrétion du groupement de gestion forestière. Toujours est-il que pour monsieur Djiguimdé, ce fonds a beaucoup servi dans les villages même si les populations l’ignorent. Une source anonyme dira que «  si les bûcherons gèrent mal ce fonds, cela peut poser des problèmes ». Pour certaines personnes, sur chaque camion qui quitte le chantier avec du bois, il est prélevé 1000f qui constituent le fonds aux populations. Mais est-ce vraiment le cas ? Au niveau de la direction technique du chantier on parle d’un fonds de stationnement. Il s’agit de fonds reversés au titre de la taxe de stationnement directement levée par le receveur des communes au niveau des différents postes de commercialisation. Ce fonds revient donc aux différentes mairies qui l’utilisent à leur guise. Ainsi, de 2008 à 2012 par exemple, le département de Cassou a mobilisé 10 737 000 f soit 2 147 000 par an.

De l’instrumentalisation ?
Les problèmes liés au chantier datent d’il y a longtemps. Mais les gestionnaires actuels croient à une instrumentalisation de la population. Dans l’œil du cyclone, le préfet-maire de Cassou. Une source indépendante est du même avis. Selon elle, Alphonse Nignan incite les jeunes en leur faisant savoir qu’ «  il y a une fragilité au niveau de l’Etat. Il faut donc profiter avoir le contrôle de la forêt ». Pour le préfet-maire, c’est du dilatoire ce qu’ils disent ». Pour lui, le problème tient plutôt à une prise de conscience des jeunes. « on assiste à un éveil des consciences  » après que le «  coin soit confisqué depuis 20 ans ».Toutes les fois que le problème de retrait des terres a été posé à l’ancien maire, il a toujours jugé la question complexe. Il a même fait l’objet d’une mise en garde au niveau de la population. «  Si vous voulez être réélu, il faut retirer les terres pour nous les remettre », rapporte ainsi l’ancien maire. «  Mais il n’a pas voulu céder à la pression  » précise une source. Cette dernière, un fin-connaisseur du foncier, situe le début des faits. Dans les années 1990 quand le projet BKF est venu pour aménager le chantier, le chef a été approché. Il a concédé la partie Est qui se trouve être dans son quartier d’habitation. Ceux de l’Ouest voyaient cela d’un mauvais œil se disant qu’ils ne pourront pas bénéficier des revenus. C’est alors qu’ils ont demandé à concéder également la partie Ouest. Ce que le chef aurait accepté. Mais selon la source, cela n’a pas été officiel. On comprend donc que le chef dise aujourd’hui n’avoir pas cédé la partie litigieuse.
Selon une autre source anonyme, le projet devait prendre fin en 2000 ainsi les terres devraient revenir aux propriétaires. Elle confie qu’en 1996, le chef du projet lui-même est descendu à Cassou avec un hélicoptère à la rencontre de la population. « J’ai besoin de la superficie pour 10 ans dans le but d’exploiter les ressources naturelles, couper le bois, planter des arbres. Après dix ans, la terre reviendra aux propriétaires  » rapporte ainsi cette source. Quand au chef, il affirme qu’il était question au départ que les propriétaires terriens se déplacent sur un autre site pour installer leur champ. Ainsi après les dix ans ils allaient revenir sur leur installation de départ. A la fin du projet, rien n’a été fait dans ce sens. D’ailleurs, les plaignants disent ne pas comprendre pourquoi ils ont continué après le projet. Pour Oumar Djiguimdé, depuis 2001, «  le CAF a pris son autonomie et cela mérite qu’on s’en félicite ». On accuse également les gestionnaires du chantier, de déforestation, d’absence de politique de reconstitution du couvert végétal. «  La politique du couper-piquer n’est pas respectée. C’est la coupe abusive suivie de déforestation. Pas de reboisement. Il y a la maladie de la désertification comme au Nord  » déplore ainsi, l’air découragé, El Hadj Nouhoun Diasso, notable. Là, le ton de monsieur Djiguimdé monte d’un cran : « Je lance le défi à quiconque au-delà de Cassou que s’il n’y avait pas cette politique on puisse avoir cette forêt sur laquelle nous discutons aujourd’hui. La preuve, les zones non aménagées sont désertiques.  » Il a beau se défendre, les propriétaires terriens n’en démordent pas. En 2010, il y a eu un soulèvement des populations visant à récupérer leurs terres pour exploitation. Non seulement, elles n’auront pas leurs terres mais elles constateront que la superficie du CAF s’est étendue jusqu’à la partie Ouest. C’est donc cette portion qui fait l’objet du différend.
Mais à écouter Oumar Djiguimdé, c’est tout autre chose. Il explique que cette partie litigieuse comprend l’unité n°7 mise en place depuis 1993 par Augustin Nignan, son prédécesseur. Cependant, aujourd’hui, il n’existe aucun procès-verbal sur ce terrain. «  Il y a eu un problème d’archivage  » reconnaît monsieur Djiguimdé. Pour ce dernier, les difficultés ont commencé avec l’opération Bayriri (retour des Burkinabè au pays suite à crise ivoirienne en 2002). C’est à partir de là que le problème de terre à commencer à se poser véritablement. Les populations lorgnaient donc la forêt pour installer leurs champs. Ainsi, le 17 février 2015 il y a eu des remous du côté de la population de plus en plus exigeante. Le 3 avril dernier Tahidina Diasso s’est installé dans la zone litigieuse, histoire de défricher une portion pour cultiver. Luc Nignan, l’animateur du chantier, accompagné d’un forestier essaie de l’en dissuader. Les choses vont dégénérer. Il a manqué de peu qu’il y ait affrontement physique. Luc Nignan dit «  être menacé de mort  ». Ce que confirme une source sous couvert de l’anonymat. «  Il avait même décidé de porter l’affaire en justice  » ajoute la source. Les autorités provinciales (haut-commissaire, directeur provincial de l’environnement) sont alors alertées par le préfet-maire. La population, les gestionnaires du chantier et les autorités se retrouvent chez le chef de canton. Les débats furent «  houleux  » précise Oumar Djiguimdé. «  Ce jour-là c’était pas facile  » reconnait aussi Karim Diasso, représentant des jeunes. Au niveau de la direction technique du CAF, on estime que le préfet-maire a mal géré le problème pour n’avoir pas essayé de trouver un terrain d’entente. Il a préféré prendre attache avec les autorités provinciales. «  Le préfet ne nous a même pas rencontrés pour comprendre ce qui se passe  » regrettent ainsi Oumar Djiguimdé et Luc Nignan. «  J’ai transmis à qui de droit les préoccupations des populations  » rétorque le préfet-maire qui dit avoir joué son rôle, celui de l’apaisement. Pour lui, il n’était pas question de prendre des risques de faire assoir des protagonistes échaudés. «  Et si ça débordait  » interroge-t-il.
Qu’à cela ne tienne. Plutôt que de rétrocéder les 5000 ha (la superficie de la zone en litige) c’est finalement 1500 ha qui ont été remis aux populations pour exploitation. C’est la seule revendication qui a abouti. Les deux autres demeurent en souffrance. Celles qui exigent l’enquête sur le fonds dit de la population (en fait le fonds de roulement) et le changement des gestionnaires actuels à travers le renouvèlement des instances. A ce dernier niveau beaucoup de voix jugent les revendications utopiques. Cela dans la mesure où les membres de la direction technique (directeur technique, animateur, commis, comptable) ont été recrutés sur la base d’un test. Quant aux groupements de gestion forestière (GGF), il n’y a que l’Assemblée générale qui a pouvoir de décision. D’ailleurs, les GGF à travers leur union (regroupant 27 villages) ne trouvent pas la nécessité de le faire avant la prochaine Assemblée générale en janvier prochain. En tout cas, le président de l’union, Saidou Benao ne tourne pas en rond pour dire ce qu’il pense. «  Un seul quartier ne peut décider du renouvèlement des instances  » affirme-t-il.

*Il convient désormais de dire : chantier d’aménagement forestier Cassou-Bakata-Gao

Recettes du CAF : un milliard ou six milliards ?

Le 15 janvier 2014, des participants au conseil d’administration du projet BioDev se sont rendus dans le cadre d’aménagement forestier (CAF) de Cassou. Ils avaient comme principal interlocuteur le directeur technique du chantier, Oumar Djiguimdé qui les a renseignés sur le CAF. L’article qui fait le compte rendu de cette rencontre (http://www.mrsi.gov.bf/index.php/accueil/242-conseil-dadministration-du-projet-biodev) mentionne ce qui suit sur la somme générée par le chantier : «  Aux dires de Mr Guiguemdé, ce cadre d’aménagement forestier a généré en 12 ans plus de 6 milliards de FCFA  » Pourtant dans un document qu’il a élaboré en octobre 2013 sur ce CAF, les chiffres avancés ne correspondent pas. Il s’agit là en l’occurrence de 1 034 723 800 f au lieu de 6 milliards. Interrogé sur la disparité des chiffres, M. Djiguimdé l’ impute à l’auteur de l’article qui aurait fait une confusion avec la somme des recettes de l’ensemble des CAF de la région du Centre-Ouest qui s’élève à 5 775 471 870. Des chiffres qui avoisinent en effet les six milliards. Dont acte !

Par Basidou KINDA (Envoyé spécial)

L’économie du bois

Le Chantier d’Aménagement Forestier (CAF) de Cassou dans la province du Ziro s’étend sur 29 515 ha, soit l’équivalent de 40 terrains de football (7266 m2). Ce chantier a été implanté en 1990 sous l’égide du projet « Aménagement des Forêts Naturelles pour la sauvegarde de l’Environnement et la production du bois  » PNUD/FAO/BKF/89/611 financement PNUD avec l’assistance technique de la FAO. La majorité de la production du bois énergie du chantier de Cassou est acheminée vers les grands centres de consommation et particulièrement vers la ville de Ouagadougou. Par jour, ce sont des dizaines de voyages de chargement qu’effectuent les camions. Ainsi de 1990 à 2012 c’est au total 1 34. 723. 800f que le CAF de Cassou a mobilisé. Cette somme est répartie comme suit : la part reversée dans le terroir qui s’élève à 611 427 700 fcfa. Le revenu des bûcheronnes et bûcherons s’élève à 517 361 900 fcfa. Sur un stère vendu à 2 200FCFA, 50% soit 1100 reviennent aux bûcherons. Le fonds de roulement (2000F le stère) s’élève à 94 065 800f. C’est ce fonds, laissé à la discrétion du GGF, qui aide à la réalisation dans chaque village telle que la contribution à la réalisation de forages et réfection d’écoles. Il y a en outre un fonds dit d’aménagement d’un montant de 282 197 400 fcfa, alimenté par le prélèvement de 600f sur le prix du stère de bois. Cette somme sert à payer les salaires des membres de la direction technique. Elle permet également l’achat des graines pour la reconstitution du couvert végétal, etc. Enfin, la part de l’Etat (le permis de coupe) qui s’élève à 141 098 700f soit 300f perçus sur le prix du stère de bois. A ces recettes s’ajoutent les fonds reversés au titre de taxe de stationnement directement levés aux postes de commercialisation au profit des communes. Ils se répartissent comme suit : pour la commune de Cassou c’est 10 737 000 fcfa soit en moyenne 2 147 000 fcfa par an. La commune de Bakata a mobilisé 852 000 fcfa soit 170 000 fcfa par an. 2 512 000 soit une moyenne de 502 400 par an, part qui revient à la commune de Gao. Enfin, la commune de Sapouy a mobilisé 3 361 000 fcfa soit 672 200 fcfa l’année. Tout calcul fait, les recettes mobilisées par les communes s’élèvent à 17 462 000 fcfa soit une moyenne annuelle de 3 492 400 fcfa.
Au-delà de tout cela, le CAF contribue à plusieurs niveaux. Au plan provincial lorsqu’il y a un besoin, ils sont interpellés. Les contributions sont diverses. Il y a la journée du 11 décembre (2014 à Sapouy) pour laquelle le CAF a contribué à hauteur de 50 000f. Toutes les fois que le haut-commissaire fait des tournées dans les différents départements, il y a une contribution de 50 000f pour frais de carburant. Il en est de même pour les journées du 8 mars. Ils sont souvent sollicités par des établissements comme cela a été le cas pour le CEG de Sapouy qui a eu besoin de leur soutien pour la réparation d’un forage. Une contribution d’environ 75 000f avait été nécessaire. Dans les années 2004 - 2005 le CAF a contribué à hauteur de deux millions pour la construction de la direction provinciale de l’environnement à Sapouy. Au plan régional il contribue à hauteur de 1,5 à 2 millions de fcfa dans le cadre d’un protocole. Il arrive également que la direction provinciale fasse appel au CAF pour résoudre certains problèmes ponctuels comme l’achat de pneus de véhicules.
Ils sont au total 1002 bûcherons et bûcheronnes qui vivent du bois. De l’avis de Saidou Benao, président des UGGF, grâce à la coupe du bois, beaucoup de jeunes ne migrent plus vers la Côte d’Ivoire. Ils sont nombreux ceux qui ont pu ainsi se stabiliser financièrement.

BK

Aïssata Nignan : une bûcheronne sans complexe

Elle incarne l’image de la femme dans l’économie du bois. Pendant six ans, cette mère de sept enfants fait de la coupe de bois son économie de subsistance. Face aux hommes, elle est « sans complexe ». La seule différence est qu’elle n’est pas régulière sur le terrain comme les hommes. Mais quand elle est sur le champ « de bataille » c’est un homme qui bosse. «  Je coupe le bois et charge les véhicules comme les hommes » affirme-t-elle sourire aux lèvres. Celle qui est la présidente des bûcheronnes de Cassou dit avoir au minimum dix chargements par an. Ce qui s’évalue à 500 000f en raison de 50 000f le camion. Dans cette dynamique, madame Nignan contribue aux charges familiales. «  J’aide mon mari à payer la scolarité des enfants ». Avec ce qu’elle gagne également, elle a pu construire deux maisons de 20 et 22 tôles. En réalité, c’est trois maisons puisqu’en plus des deux autres, elle a construit une autre pour son fils. Et naturellement pour une femme, bien s’habiller, s’équiper en ustensiles de cuisine va de soi. En la matière, Aïssata Nignan est une femme comblée. Elle compte aujourd’hui un troupeau de petits ruminants, un bœuf et deux ânes. Vouée à l’agriculture, elle se sert de son bœuf de trait pour labourer. Ce qui augmente son rendement. La coupe du bois est un travail « épuisant » fait-elle savoir. Mais comme elle, beaucoup de ses camarades ont pu se réaliser, témoigne Aïssata Nignan.

BK

Yaya Namoro : Bucheron c’est pénible, mais ça nourrit son homme

A 41 ans, véritable force de la nature, Yaya Namoro est un ancien membre du GGF de Cassou. Ce jeudi 18 juin à 8 heures 30, il peine à se réveiller. A le regarder du haut de son 1,90 m environs, il a visiblement toujours sommeil. Mais il s’efforce de nous répondre. Il dépeint des conditions de travail difficiles. «  C’est un travail pénible, fatiguant. Il faut dix jours pour pouvoir remplir un camion  ». Pour faire ce travail, «  il faut prendre assez de Nescafé. Nombreux sont ceux-là qui prennent des comprimés pour tenir ». Mais au bout de cette peine, il tire un peu de son bonheur. Par an, monsieur Namoro dit pouvoir faire vingt chargements. Ce qui lui rapporte un million de fcfa l’an. Il a à sa charge huit enfants, tous scolarisés et trois femmes. Avec ce travail «  pénible  » il dit avoir pu acheter une moto, construit des maisons de 22, 16 et 10 tôles. Il compte aussi un troupeau de huit bœufs.

BK


Commenter l'article (3)