L’impact de la crise de l’Euro sur les Français

Publié le jeudi 10 mai 2012

La présidentielle se déroule dans un
contexte empreint d’une grave crise économique qui frappe l’Europe.
Après la crise financière américaine de 2008, c’est une crise de l’euro
qui démantèle son industrie et son économie. Les inquiétudes et les
incertitudes de l’avenir sont présentent en France. La France n’est pas
encore à genou comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, mais les indicateurs économiques et sociaux ne sont pas rassurants. La dette publique de la France s’élève à 100 milliards d’euro. Pour rééquilibrer ses comptes, l’Etat français doit mobiliser 115 milliards d’Euro. Le déficit commerce extérieur est de 70 millions d’Euro, déficit de sécurité sociale 17 millions. Il n’ y a pas longtemps, le premier ministre François Fillion annonçait que l’Etat est en faillite. Il fut vite rappelé à l’ordre par le président Nicolas Sarkozy.
Mais aujourd’hui, tout lui donne raison. Ils sont nombreux les Français
qui pensent qu’on les a caché les réalités. En tout cas, personnes
n’est dupe. La crise frappe déjà et les gens redoutent le pire.

Les
industries se démoralisent
en Chine ou dans certains pays européens. Les banques refusent de
prêter aux petites entreprises. Les licenciements, les réductions
d’effectifs mettent de nombreux travailleurs à la rue. Le taux de
chômage explose surtout chez les jeunes. Selon le récent rapport de
l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes),
les taux de chômage chez les jeunes serait de 30% en métropole et 60%
en outre mer. Le même rapport montre que le taux des personnes vivant
au-dessous du seuil de pauvreté est passé de 12, 6% à 13,5%. Le nombre
de personnes très pauvre a suivi la tendance. Ce taux n’a cessé de
grimper depuis la crise financière de 2008. La France compte 8 millions
de pauvres contre 350 000 en 2009. L’Onpes
précise que les petits travailleurs ont été les plus touchés. Les
origines, les responsables et les solutions de cette crise divisent la
classe politique française. La droite au pouvoir à qui les adversaires
rendent responsable de l’endettement et des problèmes de la France
pointe du doigt la mondialisation. Dans sa lettre adressée aux Français Nicolas Sarkozy, s’en prend à la mondialisation et à l’Europe. C’est surtout au géant chinois
qui envahit les marchés européens et destination préférés des
industries européennes qui est dans le collimateur de la droite
française. Le président français ne rejette pas la mondialisation dans son esprit mais dans sa pratique. « C’est une mondialisation sans règle, où tout est permis, dumping social, dumping fiscal, dumping écologique, une mondialisation
qui a mis le profit au dessus de l’humain ». Et l’Europe serait restée
impassible face à ce géant qui écrase tout sur son passage. Ce serait
cette inertie qui a entrainé
le continent qui devrait être une armure dans le creux de la
vague. C’est « L’Europe qui n’a pu nous protéger » fait savoir le
président Sarkozy.
Il ne se sent pas responsable des malheurs des Français. Un discours
qui ne passe pas chez ses adversaires. Son principal challenger François Hollande dans une réplique demande à Nicolas
de « dire la vérité aux Français ». Le parti socialiste impute
l’entière responsabilité de cette crise à la droite et à la finance
mondiale. A son dernier grand meeting à Paris, Hollande est revenu sur
les origines de la crise. « Il y a la finance bien sûr qui a pris le
contrôle sur l’économie, la société, nos vies ». La situation s’est
aggravée avec « les politiques injustes et inefficaces menées depuis dix
ans ». Sur les 100 milliards qu’il faut trouver pour la dette Nicolas Sarkozy propose une réduction drastique de la dépense publique et un moindre recours à l’impôt tandis
que Hollande demande aux riches de contribuer plus. Il proclame un
redressement dans la justice en demandant à ceux qui ont un gros revenu,
aux grandes fortunes et « aux entreprises qui ont bénéficié de la
politique Nicolas Sarkozy »,
plus d’efforts. Mais tous les deux comptent sur la croissance pour
rétablir l’équilibre budgétaire. Les communistes renvoient dos à dos
socialistes et droite. Ceux-ci demandent un nouvel ordre économique
mondial. Le Nouveau Parti Anti Capitaliste d’Olivier Besancenot, la lutte ouvrière de Nathalie Arthaud dénoncent le système capitaliste. Nathalie Arthaud
s’en prend ouvertement aux patrons trop gourmands, aux industriels qui
amassent tout. Cette crise a été créée par les banques, et autres
spéculateurs. Elle ne comprend pas pourquoi on demande au français de
payer. Elle demande aux Français de ne pas payer cette dette, dont ils
ne sont pas responsables. Le Front de gauche de Jean Luc Mélenchon
ne croit pas également au modèle économique européen inspiré et conduit
par les américains. Il est plutôt fasciné par l’Amérique latine : « Le Venezuela
et Cuba sont mon inspiration ». Il avertit que la crise va s’exacerber
dans les mois et années prochains. De nombreux français pensent comme
lui. « Les candidats savent tous que l’endettement, la crise est bien
plus grave qu’ils la proclament lors des meetings, mais ils ont préféré
nous voiler la face », confie un homme au meeting de Nicolas Sarkozy
à la place de la concorde le 14 avril dernier. La crise économique que
vit la France a fait émerger deux extrêmes au niveau politique. Le Front
de gauche de Jean Luc Mélenchon et le Front national de Marine Le Pen. Les deux partis drainent des foules surtout jeunes au cours de leur meeting. Les idées communistes de Jean Luc Mélenchon font échos dans la population. Les thèses nationalistes, le repli identitaire de Marine Le Pen ont eu un terreau fertile pour se propager dans un contexte de crise et de peur. Nicolas Sarkozy se voit obliger d’aller chasser sur le terrain du Front national pour repérer une victoire.

 

Abdoul Razac Napon


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