Situation des réfugiés dans le monde : UNHCR dénonce l’hypocrisie des pays riches

Publié le vendredi 17 juillet 2015

Le nombre des exilés croit de façon exponentielle mais l’assistance humanitaire diminue drastiquement. La raison est que ces personnes sont parfois vues comme «  des demandeurs d’emplois ou des terroristes  ». La célébration de la journée mondiale qui leur a été dédiée le 20 juin dernier autour du thème « Les réfugiés sont des personnes ordinaires qui vivent des situations extraordinaires  » a été une occasion de lancer un appel à les voir autrement. Au Burkina Faso, elle a été célébrée au camp de Mentao dans la province du Soum.

A travers le monde, près de 20 millions de personnes ont été obligées de quitter leurs pays à la date du 30 avril 2015. Elles ont trouvé refuges ailleurs. Plus de la moitié sont des enfants. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Les chiffres augmentent et la tendance s’accélère chaque jour. En 2014, 42 500 personnes sont quotidiennement transformées en réfugiés ou en demandeurs d’asile. C’est 4 fois plus que les chiffres de 2010. C’est une «  tragédie », mais «  les organisations humanitaires  » comme UNHCR «  fonctionnent sur des budgets restreints  ». Pendant ce temps, certains pays capables d’apporter une aide aux victimes ne travaillent pas dans ce sens. « Les frontières se ferment, les refoulements augmentent tout comme l’hostilité à leur égard. (…). Les puissances mondiales sont devenues des observateurs passifs ou des acteurs éloignés », considérant ces derniers comme «  des resquilleurs, des demandeurs d’emplois ou des terroristes ». Cette attitude est « moralement répréhensible  » et viole les «  obligations internationales  ». C’est la substance de la déclaration du Secrétaire général de UNHCR, Antonio Guterres, lue par sa représentante résidente au Burkina Faso. « Il est temps d’arrêter de se cacher derrière des mots trompeurs  », a averti Antonio Guterres, et décider, chacun, d’assumer sa part de charge ou de ne pas l’assumer.
L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon qui a parrainé la cérémonie a saisi l’occasion pour lancer un appel en faveur des réfugiés. Ils forment, a-t-il déclaré, «  l’un des groupes les plus vulnérables de la société et méritent protection et soutien constants. (…). Aujourd’hui, nous devrions tous prendre un moment pour réfléchir à [leur] situation et à ce que nous pouvons faire pour les aider à vivre dignement  ».
Adama Compaoré, représentant le patron de la cérémonie, le ministre des affaires étrangères et de la coopération régionale et président de la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF), Michel Kafando, a rassuré les réfugiés vivant au Burkina Faso que le gouvernement travaillera à assurer leur sécurité sur le plan humanitaire et politique n

Gaston Bonheur SAWADOGO

L’éducation et la santé en souffrance

Tous les enfants, pensionnaires du camp, n’ont pas la chance d’aller à l’école. Ceux qui en ont n’arrivent pas à suivre un cursus normal. Par rapport au domaine sanitaire, la situation est aussi préoccupante. Pendant que les 3 postes de santé sont jugés insuffisants, 2 sont en voie de fermeture.

Ils sont 33 392 réfugiés au Burkina Faso à la date du 30 avril 2014, selon un recensement biométrique. Plus de 98% sont des Maliens. Ils ont fuit leur pays, abandonnant leurs domiciles et leurs moyens de subsistance à cause du conflit armé éclaté en 2012. Au camp de Mentao, le plus grand site d’accueil, 12 000 âmes attendent la fin de leur exil, dans des conditions sociales parfois difficiles. La pauvreté due au manque de sources de revenus, l’accès à l’éducation, et aux soins médicaux sont entre autres les problèmes que vivent ces pensionnaires. Le site abrite 3 écoles primaires. Cependant, l’éducation des enfants n’est pas vraiment assurée. « Cette année, 8 mois sur 9, les enfants ne sont pas partis à l’école », témoigne le président du comité directeur de Mentao site et président de la coordination des jeunes du camp, Alassane Ag Mohamed. Les enseignants étaient en grève pour réclamer des arriérés de salaires. Cette situation est fréquente, explique-t-il. En ce qui concerne l’enseignement secondaire, le constat est amer. Aucun collège, aucun lycée. Les élèves qui désirent poursuivre après le primaire sont obligés de se rendre à Djibo. Ils sont alors confrontés aux problèmes de logement et des frais de scolarité. En l’absence de masures d’accompagnement comme les bourses ces derniers finissent par abandonner. Sur le plan sanitaire les signaux ne sont pas bons. Sur les 3 postes de santé que le camp partage avec les villages hôtes, 2 sont en voie de fermeture. Selon notre interlocuteur, «  tous les partenaires financiers disent qu’ils n’ont plus les moyens. Avant même la fermeture de ce poste, raconte-t-il inquiet, on avait des problèmes. Maintenant vous imaginez ce qui va se passer !  ». Se prononçant sur l’emploi des jeunes, il déclare : « A part des prestations avec les organismes humanitaires sur le site, beaucoup ne font rien. Et c’est là notre gros souci parce qu’un jeune qui ne travaille pas est exposé à toutes les tentations  ».

GBS


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