Les feuilletons des prétendants à Kosyam 2015 : La saison des congrès d’investiture

Publié le vendredi 17 juillet 2015

Ces congrès qui auraient dû constituer de grands moments de politique, arrivent dans un contexte sevré de reportages politiques, pour cause de délit de « campagne déguisée »
Dans les deux semaines qui s’ouvrent à partir de ce 25 juin, les grands partis, l’UPC et le MPP vont aller en congrès pour investir leur champion pour la présidentielle d’octobre 2015.
C’est l’UPC qui ouvre le bal, ce dimanche 28 juin, dans la cuvette du palais des sports de Ouaga 2000. Selon le scénario qui est prévu, les choses devraient se faire en grand à « l’américaine ». Salle archi-comble, pom-pom girls, haies d’honneur pour l’entrée de l’impétrant et très probablement la musique assortie.
L’UPC va donc investir Zéphirin Diabré. On devrait aussi à l’occasion lever un coin du voile sur le programme que les libéraux veulent vendre aux burkinabè. Est-ce que des alliances seront annoncées à l’occasion ? Peut-être pas, mais on s’imagine que sera présente la grande amie française de «  Zeph  » «  Atomic Anne  » et quelques membres du comité international de soutien à la candidature du patron de l’UPC.
Quelques jours après, ce sera le tour du MPP de faire son «  coming out  », pour l’investiture de Roch Marc Christian Kaboré. L’investiture devrait se faire dans un stade municipal à l’occasion «  rempli recto-verso  » avec probablement intercalaires. Et puis à l’occasion on devra encore entendre parler du fameux « quart de tour » du MPP. Là aussi, on devrait compter ses amis et ses grands amis. Le parti socialiste français devrait être là. Probablement aussi, les frères voisins de l’internationale socialiste ou social-democrate. Le scenario de l’investiture est écrit spécialement pour marquer les symboles qui seront ceux qui vont encadrer la gouvernance MPP.
Ces investitures seront l’occasion d’un premier match à distance. L’UPC dans un palais des sports et le MPP dans un stade. Chacun veillera à ce qu’il n’y ait pas de place pour mettre le pied. Ensuite ce sera la compétition dans le meilleur scénario développé. Ce sera un grand moment pour en mettre plein les yeux aux burkinabè. Dommage, avec la disposition sur «  les campagnes déguisées  », les medias n’auront pas l’occasion de déployer leur grand reportage pour des directs qui tiennent en haleine. Il faudra donc se contenter des comptes rendus après coup.
Comme quoi, il ne suffit pas de grand-chose pour rendre une farine impropre à la consommation. C’est exactement l’effet que va produire cette disposition de la loi Cherif sur le reste de la campagne politique. Mais du moment où les politiques sont des gens sages qu’ils ne protestent pas ou pas ouvertement, tant mieux.
Les voisins scrutent…
Les voisins du Burkina scrutent de plus en plus sérieusement ce qui se passe au Burkina. Les chefs d’Etat voisins et frères commencent à demander qui de Zeph ou de Roch aura plus de chance d’être le futur locataire de Kosyam. Père Boglo, dans sa récente prophétie, semble avoir reçu la réponse de Dieu. Mais en raison de la disposition sur «  la campagne déguisée  », on ne peut pas le dire, sans tomber sous le coup de la loi Chérif.

Candidats déjà investis

- Adama Kanazoé, AJIR
- Ablassé Ouédraogo, Le Faso Autrement
- Jean-Baptiste Natama, Collectif Natama 2015
- Me Bénéwendé Sankara, UNIR/PS
- Seydou Zongo dit Zêdess, candidat déclaré
- Boukary Ouédraogo dit Tintin, candidat déclaré
- Wendlarima Hermann Sawadogo, candidat déclaré n

Par Newton Ahmed Barry

Nouveau code électoral, ce qu’en pense International Crisis Group

«  Après l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui a mis fin à 27 ans de pouvoir du président Blaise Compaoré, il était illusoire de penser que les choses rentreraient d’elles-mêmes dans l’ordre. La transition a réussi pour le moment à maintenir le Burkina à flots. Elle a survécu à la « mini-crise » de février 2015 liée au débat sur le futur du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde présidentielle de Compaoré.
Mais en adoptant un nouveau code électoral début avril, la transition s’est mise en difficulté. Ce code électoral sanctionne d’inéligibilité tous ceux qui ont soutenu le projet de révision constitutionnelle qui visait à autoriser Blaise Compaoré à briguer un autre mandat. Ce texte constitue une menace non seulement pour les prochaines élections mais pour l’avenir, injectant le venin de l’exclusion politique dans un pays attaché au multipartisme et à la concertation.
Les recours éventuels contre l’éligibilité de candidats doivent être déposés à partir de début septembre.
Or, si un mois avant le scrutin, le Conseil constitutionnel se retrouve submergé de requêtes, cela pourrait retarder la tenue des élections. Si le cadre temporel fixé par la transition est dépassé, le Burkina se retrouvera alors dans l’inconnu. Les membres de l’exécutif actuel, notamment ceux issus de l’armée, pourraient alors avancer l’argument de la stabilité pour rester au pouvoir. Pour éviter cela, il est crucial de tenir les élections à bonne date mais aussi de garantir des résultats acceptés par tous.
L’adoption de ce nouveau code électoral intervient dans le contexte où certaines institutions de la transition ont été fragilisées. …
 »


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