Sita Sangaré Président de la FBF : « Je ne regrette pas d’avoir voté Blatter »

Publié le jeudi 11 juin 2015

Comment aviez-vous accueilli la démission de Sepp Blatter ?

Beaucoup de surprise. Mais à présent que j’y pense, je retiens ce passage de son discours où il disait après son élection qu’il fallait s’entendre encore à de mauvaises news. C’était après la mise en examen de cadres et élus de la FIFA. Avait-il déjà l’idée de partir avant terme en tête ? Il se peut qu’il ait décidé, au regard de l’image trop écornée de l’institution de se convertir en mouton de sacrifice prenant tout sur lui en démissionnant et en provoquant ainsi une onde de choc qui va sauver la FIFA. Mais l’explication de son geste reste à trouver.

On sait que vous aviez porté votre voix pour le désormais ex-président de la FIFA. Ne vous sentez pas trahi ou lâché ?
Pas du tout. Il a pris une décision et nous la respectons. Il n’est pas irremplaçable. D’autres personnes sortiront du bois pour prendre le flambeau. L’impact de son action, les nombreux projets de développement pour l’Afrique a motivé les Africains à porter unanimement leur voix pour le candidat sortant.

Vous n’aviez donc pas de regrets ?
Il sied de préciser que le continent africain s’impose une discipline de vote en la matière. A travers notre confédération, la CAF, on discute en conclave et on opte pour un candidat. C’est vrai que devant l’urne chaque fédération inscrit le nom de son choix. Mais la CAF ne fait pas de défaut en la matière. Toutes observent les consignes de vote. Et Blatter, dans la perspective de ces élections et comme à son habitude a fait le déplacement pour venir battre campagne à notre réunion. Il est le seul candidat à l’avoir fait. Il nous a apporté de nouvelles garanties sur son action en faveur du développement de la discipline sur le continent. Et après de âpres discussions, nous avions décidé que ce serait lui. Et quand nous prenions cette décision, c’était le meilleur candidat. Donc, je ne peux pas éprouver de regrets aujourd’hui malgré une évolution surprenante de la suite.

A votre avis, Michel Platini incarne le rôle du successeur parfait de Blatter ?
Il est un candidat légitime. Il a été un grand footballeur. Il préside assez bien aux destinées du foot européen. Il a acquis une grande expérience. Mais Platini doit d’abord convaincre l’électorat. En occurrence l’Afrique. Son discours tenu jusque-là ne suscite qu’indignation. Aucun candidat ne peut ignorer le vote africain.

Que l’Afrique reproche exactement au Français Platini ?
Il ne manque pas l’occasion d’exclure les autres Nations. Tenez, il a affirmé il n’y a pas longtemps : « le foot se trouve en Europe ». Difficile à accepter. Le même déclare aussi : « l’Europe a créé la FIFA mais elle a perdu son influence sur l’institution du fait de la majorité numérique  ». Ainsi pour lui, toutes les Nations ne doivent pas avoir le même poids, le même droit de vote par exemple. Il disait le tout contraire de Sepp Blatter pour qui les plus forts se devaient d’épauler les plus faibles. Pour Platini les plus faibles doivent être à la merci des plus forts. Pour nous Platini peut bien être le futur président de la FIFA. Mais il devra mieux se faire comprendre, revoir sa copie et surtout convaincre entre autre l’Afrique qu’il servira le foot partout sans distinction et dans un esprit d’équité.

ITW réalisée par J J Traoré


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