Présidentielle française 2012 : Nicolas Sarkozy sur la sellette

Publié le jeudi 10 mai 2012

François Hollande exulte, Nicolas Sarkozy désespère. Selon les analystes politiques, c’est la première fois qu’un candidat sortant est devancé au premier tour sous la ve République. Et depuis 1974, tous les candidats qui ont perdu le premier tour ont été battus. Si l’histoire se répétait, Nicolas Sarkozy sera la prochaine victime de la crise de l’Euro. Les instituts de sondage sans exception donne François Hollande victorieux de cette présidentielle.

 

Les sondages l’avaient annoncé gagnant du premier tour et il est bien arrivé. Hollande obtient 28,63% contre 27,08 % pour le président candidat Nicolas Sarkozy. Pour le Second tour, les instituts de sondage donnent également Hollande victorieux de la présidentielle. Le président candidat ne prête pas attention à ces oiseaux de mauvais augure que « les électeurs ont démenti ». La preuve se trouve dans les résultats de premier tour. Les chiffres quasi définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur semblent être un revers pour les instituts de sondage. Les électeurs ont fait démentir les experts des pronostics sur les écarts entre les candidats, et la montée de l’extrême droite. Selon le dernier sondage du journal « Le Monde », François Hollande arrivait en tête avec 29%, suivie par Nicolas Sarkozy avec 25,5%. « Le Parisien » lui a placé la barre très haut pour le candidat du PS. La gauche distançait son concurrent au fauteuil présidentiel avec plus de trois points d’écarts. Hollande a été créditée de 30% et Sarkozy de 26,5%. La percée fulgurante de la candidate de l’extrême droite a échappé à tous les sondeurs. Ces instituts de sondage avaient annoncé la poussée du Front de gauche de Jean Luc Mélenchon. Le dernier sondage du CSA mettait les deux candidats au coude à coude avec 16%. 

C’est le Front national de Marine Le Pen qui a démenti tous les pronostics. Jean Luc Mélenchon a été battu par son principal adversaire. Sept points séparent donc les deux candidats qui se disputaient la troisième place. 18,01% pour Marine Le Pen et 11,13% pour Jean Luc Mélenchon. Une désillusion pour le Front de gauche. Nicolas Sarkozy avait prédit une surprise. La surprise n’est pas venue de la droite, mais de celle qu’on n’attendait pas et qui s’impose de fait comme troisième force. Il faut pourtant reconnaître que les sondages de certains instituts n’étaient pas loin de la réalité en ce qui concerne les deux premiers. La moyenne des dernières études de huit instituts de sondage décryptés dans le Parisien donne 28% à François Hollande, 26,4% à Nicolas Sarkozy. Des chiffres bien proches des résultats. Cette étude annonçait Marine Le Pen troisième avec 15,75 % et 13,75% pour Mélenchon. Les huit instituts se sont tous trompés sur l’adhésion des Français au discours de la candidate de l’extrême droite. Ces résultats du premier tour relancent le débat sur les instituts de sondage. On peut douter de leur fiabilité. Mais ils sont un baromètre pour les candidats. Contrairement à ce que déclare Nicolas Sarkozy, il s’en méfie.

La radicalisation de son discours en fin de campagne du premier tour est une main tendue aux électeurs de Marine Le Pen. A la place de la Concorde le 14 avril dernier, il est revenu sur les trente années glorieuses de la France, la résistance, l’amour de la patrie. Il s’en est pris à Schengen qui ne protège pas suffisamment les frontières. Le 22 avril dernier, à la Mutualité, on a entendu le même discours. 

Selon l’institut de sondage CSA, la droite a perdu des points. Alain Jupé lui proposait à Bayrou le poste de premier ministre. A ce jeu là, la droite a perdu l’extrême droite. Pourtant, Nicolas Sarkozy croit toujours en ses chances. Le patron du l’UMP, Jean François Copé, a affirmé que la droite réunie bat la gauche. Les instituts de sondage montrent autre chose. Le report de voix de l’extrême droite sur la droite n’est pas automatique. 60% des électeurs de Marine Le Pen et 32% de ceux de François Bayrou sont pour la droite. On ne voit pas comment Sarkozy peut échapper à la défaite. Les deux candidats sont repartis en campagne. Nicolas Sarkozy mise sur ses talents de « débatteur » pour enfoncer son adversaire. Il a proposé trois débats. Une invitation déclinée par François Hollande qui ironise : « Ce n’est pas parce qu’il est inquiet (entendez Sarkozy) qu’il faut changer les règles du jeu ».

Par Abdoul Razac Napon


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