Hommage à Norbert Michel Tiendrébéogo : La mémoire d’un combattant convaincu saluée

Publié le jeudi 11 juin 2015

Le président du Front des forces sociales (FFS), premier parti se réclamant de l’idéal de Thomas Sankara, a quitté le terrain politique pour toujours. Il s’est éteint à l’âge de 60 ans des suites de maladie. Ses pairs regrettent la disparition d’un politique qui « ne reculait pas devant ses convictions  ».

Défenseur de la liberté et de la démocratie, convaincu, courageux, déterminé, homme de rigueur, intègre, constant dans ses positions. C’est ainsi que ses sympathisants et détracteurs du monde politique le qualifient. Certains même l’appelaient le «  Mandela du Burkina  ».
Norbert Michel Tiendrébeogo est né le 28 septembre 1955 à Ouagadougou. Banquier de formation et de profession, il a fait ses premiers pas à l’Union révolutionnaire des banques (UREBA) avant de déposer ses valises à la Société générale de Banques au Burkina comme Directeur chargé du Crédit. A l’avènement de la révolution d’août 1984, il a travaillé à la mise en place de ses premiers comités de défense (CDR). En 1984, il est élu délégué CDR du secteur1 de Ouagadougou.
Deux ans après, le secrétariat national démet son bureau à cause d’exactions que ses militants avaient commises. Admirateur de Thomas Sankara, son idole, il vivra impuissant le drame du 15 octobre 1987. Au lendemain de cette date fatidique, c’est la traversée du désert pour lui. Cependant, il ne faiblit pas dans la défense de l’idéal sankariste.
En 1996, le CDR intrépide brave l’adversité du régime Compaoré et fonde le premier parti sankariste, le Front des forces sociales (FFS) qu’il a dirigé pendant 18 ans. En 2004, accusé de participer à la préparation d’un coup d’Etat contre le régime de la 4ème république, il est emprisonné avec des gens comme le capitaine Ouali Diapagri, le sergent Naon Babou et le Pasteur Israël Paré. Il sera libéré pour des raisons de santé. Elu par la suite député, il a été l’un des challengers de Blaise Compaoré aux élections présidentielles de 2005.
Celui qui aimait rappeler à qui voulait l’entendre qu’il est le seul opposant qui, depuis 1987, n’a pas été ministre de Blaise Compaoré repose au cimetière municipal de Gounghin depuis le 26 mai dernier. Il laisse derrière lui une femme et trois enfants. Ses compagnons de l’ex-Chef de file de l’opposition politique(CFOP) retiennent de lui «  un prototype de l’intégrité, du don de soi  » à l’image de Thomas Sankara dont il défendait l’idéal sans compromission. « On peut l’aimer, on peut ne pas l’aimer. Mais il faut reconnaître que c’est un homme de combat, un homme de conviction qui ne recule devant rien. (…). Je ne fabrique pas, c’est mon cœur qui parle. Je n’étais pas de son parti, de son courant, mais j’ai beaucoup aimé, j’ai beaucoup admiré ce que l’homme représentait (…)  », confiait Simon Compaoré à nos confrères de faso.net à propos du regretté.

Par Gaston Bonheur SAWADOGO


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