Lucarne Citoyenne n°305

Publié le jeudi 11 juin 2015

Les inquiétudes d’un agent de santé

Madame BY est infirmière au CSPS de Nagré. Un jour, en l’absence du major, elle reçoit un patient qui présente des signes pour le moins inquiétants par ces temps d’Ebola. Le patient fait de la fièvre et saigne de la bouche. N’ayant pas beaucoup d’expérience dans le métier, elle décide de saisir le major. Ce dernier, sur la base des éléments fournis par l’infirmière sur le malade suggère de prescrire au patient de la vitamine K. Celle-ci s’exécute mais prend tout de même le soin de faire un prélèvement en vue d’un test de palu. Le patient est prié de repasser le lendemain. Le jour du rendez-vous, le malade se pointe au CSPS et l’infirmière constate qu’en plus de la bouche, il saigne aussi du nez. Elle prend peur et appelle de nouveau le major. Ce dernier l’enjoint de faire appel à l’ambulance pour un transfert à Fada. Quand l’ambulance arrive à Nagré, il est trop tard, le patient avait rendu l’âme. L’infirmière saisit son supérieur et lui demande de venir constater le corps. Envoie le corps à la morgue lui répond le major. Malheureusement les parents ont préféré repartir avec le corps pour procéder à l’enterrement. Et s’il s’avérait que nous étions dans un cas d’Ebola ? Nous sommes dans une zone frontalière. N’est-il pas nécessaire d’augmenter le niveau de vigilance par rapport à ce type de pathologie fulgurante ? A Fada, on semble croire qu’il s’agit d’un cas d’empoisonnement. Comment le prouver ? Et l’infirmière qui a été en contact avec la victime, que fait-on pour la sécuriser ?

Quand Nathalie se chatouille… !

Ça sert à quoi ce bras de fer entre Nathalie et la corpo ? La mesure de suspension des émissions interactives était impopulaire et injuste. Il n’y avait aucune honte à la rapporter. Au lieu de cela, on a préféré faire du dilatoire. Quand Nathalie a fait coco à gauche et à droite auprès de certaines personnes ressources dans l’objectif manifeste de décrocher des soutiens, on ne lui a conseillé que de la sagesse. Mais elle ne voulait pas entendre cela. Il fallait qu’elle sorte la tête haute. Et quand on est dans le subjectivisme, on ne fait que du n’importe quoi. Refus de recevoir la délégation des associations professionnelles lors du sit in, maintien de conditionnalités pour la levée de la mesure et surtout fait gravissime, tentative d’opposer le personnel de l’institution à tous ceux qui disent non à sa mesure insensée. On ne fait pas ça quand la cohabitation entre ces personnes est une donnée incontournable. Déjà qu’avec le désaveu d’une grande partie du conseil, les choses ne sont pas faciles, on ajoute de la tension à la tension. Héiii ! Ce n’est pas bon. Il faut jouer balle à terre. C’est mieux dèh !

Le CNT a-t-il enfin trouvé ses marques ?

On avait commencé à désespérer de nos députés tant leur entrée en scène fut calamiteuse. Les empoignades honteuses dans les caucus pour le choix des représentants, l’épisode dégoûtant sur les émoluments avaient plongé l’opinion dans la consternation et couvert de discrédit la représentation nationale. De toute évidence les choses sont en train de changer. Tout se passe comme si les députés voulaient faire amende honorable. Il y a d’abord cette loi anti-corruption qui intègre la notion de délit d’apparence. Une arme puissante contre les fortunes sans histoire et qui font tant de mal à l’économie nationale. Puis cette loi électorale qui ne plaît pas à tous mais qui va sans doute contribuer à restaurer le sens de la responsabilité dans la galaxie politicienne et enfin the last but not the least, la loi sur le statut des militaires. Désormais ces derniers devront choisir entre l’armée et la politique. Injustice diront certains. Que nenni ! La source de cette loi c’est d’abord les militaires eux-mêmes. Et puis c’est pas mal si ça permet de réduire l’avantage des armes en politique !


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