Crise au Mali : Le SADI fait le procès d’ATT à Ouaga

Publié le jeudi 10 mai 2012

A l’issue de la rencontre entre le président du Faso et les acteurs de la crise malienne dans le cadre de la médiation pour la sortie de crise, le SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance) a livré une conférence de presse sur la situation. Qualifiant de contre vérité ce que les médias étrangers disent d’eux et du Mali, les leaders du SADI ont recadré les informations sur le Mali et donné leur point de vue sur l’avenir de l’Etat malien.

 

Le SADI approuve le putsch conduit par le capitaine Amadou Sanogo. Il trouve en cet acte un salut pour la libération du Mali. Issa N’Diaye, Omar Mariko et Cheick Omar Sissoko ont tenu à le dire au centre de presse Norbert Zongo le samedi 13 avril dernier en marge des pourparlers intermaliens. Condamnant la passivité et l’inaction de l’ancien présidant démissionnaire Amadou Toumani Touré, ils ont peint ce qu’ils considèrent comme la réalité des faits qui, depuis longtemps, devait interpeller la conscience de ce président pour que la crise que traverse le Mali actuellement ne voit pas le jour. En effet, c’est une succession de petites crises qui, cumulées, aurait abouti à l’impasse. La radiographie politique du Mali, selon Issa N’Diaye, fait ressortir l’existence d’un seul et vrai parti d’opposition qui siège à l’Assemblée nationale du Mali : le SADI dirigé par Cheick Omar Sissoko et Omar Mariko. En dehors de ce parti, tous les autres sont dans la majorité présidentielle. Il y a peu de partis qui prennent le risque d’aller à l’opposition.

 

Origine de la crise

« C’est dans ce contexte de déni démocratique réel, de dépérissement de l’autorité de l’Etat, l’affairisme régnant à tous les niveaux, l’impunité grandissante, l’envergure extrême de la corruption, que cette crise est arrivée », a laissé entendre Issa N’Diaye. C’est dans cette situation que le putsch est intervenu le 22 mars. La gestion de la crise au Nord aurait été faite de façon laxiste. Au sein des rebelles du Nord, il ya presque tout. Un melting pot de personnes venues de partout pour former la rébellion. Le président ATT selon toujours Monsieur N’Diaye les aurait autorisés à passer la frontière du Niger pour accéder au Mali. C’est donc à partir de là que ces gens se sont installés au Mali et petit à petit ils ont pu acquérir des armes et des véhicules pendant que l’argent destinée à l’armée malienne pour acquérir du matériel militaire aurait été utilisé à d’autres fins personnelles. En plus, les instructions pour d’éventuelles interventions militaires viennent de la hiérarchie et pourtant à un certain moment pendant que l’on attend l’ordre d’en haut, il ne vient pas. C’est le cas de Gao où le chef d’état major attendait en vain l’ordre pour riposter avec les quelques armes qui lui restaient. Ce dernier qui a donné personnellement l’ordre à deux hélicoptères de mener une riposte aurait perdu par la suite sa crédibilité vis-à-vis du président ATT. Pire les secrets de l’armée malienne notamment le type d’armement, le nombre, la réserve en munitions, etc auraient été communiqués aux rebelles, ce qui petit à petit à engendrer un mécontentement de la part de certains hommes de l’armée et notamment le capitaine Sanogo qui a choisi l’option du putsch pour régler ces problèmes.

 

La France et la CEDEAO complices des rebelles

Selon le SADI, la France serait l’amie des rebelles. La proclamation de l’Azawad a été faite d’ailleurs dans ce pays. « Alain Jupé le 25 janvier a fait une déclaration en disant que le MNLA est en train d’enregistrer des succès et jusqu’à aujourd’hui, aucun pays de l’Union européenne n’a parlé du massacre d’Aguelok. Aucun n’a dénoncé le MNLA. L’Europe a un plan d’occupation des pays africains pour espérer résoudre sa crise financière », a déclaré Cheick Omar Sissoko. L’Azawad dispose même d’une représentation en Mauritanie et dans certains pays de la sous région. La CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) quant à elle a réagi avec virulence selon N’Diaye. Le retour à la case départ, à l’ordre constitutionnel prôné par la CEDEAO a donné comme sentiment qu’il y avait un modus vivendi qui ne tient aucunement compte du peuple malien. Les populations maliennes ne veulent plus du retour à l’ordre ancien. Pourtant le peuple malien connait bien la forme de gouvernance dont il a besoin. L’extérieur a fermé les yeux sur cet état de fait voyant ATT comme le leader sans tâche qu’il faut coûte que coûte replacer comme président. Les populations n’ont plus confiance aux dirigeants maliens et le taux de participation aux élections qui tourne autour de 20% l’explique bien. La CEDEAO semble ne pas considérer tout cela. L’embargo décrété par la CEDEAO ne faisait pas l’unanimité au sein de la population malienne.

 

L’accord cadre n’autorise pas la formation d’un gouvernement

La médiation du président Blaise Compaoré a donné lieu à la signature d’un accord cadre permettant de discuter et de parvenir à une démarche consensuelle de sortie de crise. Cet accord cadre s’est basé sur la constitution du Mali. Et selon Omar Mariko, l’accord cadre précise que la vacance du pouvoir doit être constatée par le président de l’Assemblée nationale qui se charge de l’intérim de la présidence. Il a obligation d’organiser des élections dans un délai minimum de 21 jours et de 40 jours maximum. La composition d’un gouvernement avec un premier ministre n’est pas prévue. Les responsables du SADI ont tenu à préciser que contrairement à ce que les gens veulent, ils ne cautionnent pas la formation d’un gouvernement car cet acte dénaturera l’accord cadre. « Ceux qui ont été les premiers à réclamer et à signer cet accord cadre, ce sont eux qui sont les premiers à vouloir sa modification en parlant de revenir à un régime d’exception. Pourtant la CEDEAO a dit qu’elle ne s’accommodera pas d’un régime d’exception » selon Omar Mariko. De même l’accord cadre n’autorise pas la prestation de serment de la part du président intérimaire affirment les conférenciers.

Michaël Pacodi

pacomik@yahoo.fr


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