Le feuilleton des prétendants à Kosyam2015

Publié le jeudi 11 juin 2015

Ablassé Ouédraogo : «  Nous gagnerons, nous gagnerons et nous gagnerons »

Il veut être «  le ciment de la cohésion sociale  ». Pourtant, Ablassé Ouédraogo ne crache pas sur ses instincts régionalistes. Dans son interview à Jeune Afrique, il dit être sûr de sa victoire, comme d’ailleurs, il l’affirmé le jour du congrès.
Son atout selon lui, son ethnie Moosi, sa religion musulmane et son origine du Plateau central. Enfin, il concède son carnet d’adresse, pour avoir été diplomate. Ces propos lui ont valu d’être étrillé sur les reseaux sociaux où on lui reproche de remettre en cause la cohésion du pays. Quand lors du premier congrès de son parti, il clamait
«  nous gagnerons, nous gagnerons, et nous gagnerons  », c’est sûrement à «  ces atouts  » que le président de Le Faso Autrement faisait allusion.
Aussitôt installé, les premiers propos d’Ablassé sont celui d’un candidat absolument confiant au triomphe de son parti au soir du 11 octobre 2015. Une fois la victoire remportée, Ablassé entend se positionner pour l’avenir du Burkina comme le ciment de la cohésion sociale. Celui qui va réconcilier les Burkinabè avec eux-mêmes. C’est ainsi qu’il affirme : «  Je voudrais être la cristallisation de l’unanimité des Burkinabè, l’homme du consensus, le conciliateur, le rassembleur, l’homme qui sait entendre et écouter tous les Burkinabè et répondre à leurs aspirations- au changement  ». Il a par ailleurs répondu favorablement à la requête des congressistes à adhérer à l’international Libéral.

Adama Kanazoé : « Ce que tu n’as pas fait en 30 ans, ce n’est pas maintenant que tu vas le faire »
Samedi 06 juin, l’Alliance des Jeunes pour l’Indépendance et la République (AJIR) a choisi Adama Kanazoé pour la course électorale pour Kosyam. Dans une salle archicomble du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC), le candidat pour les élections présidentielles a décliné son plan d’action abordant la quasi-totalité des secteurs du pays. Adama Kanazoé se positionne comme le meilleur pour solutionner la question d’emploi pour la jeunesse. Il défi ses challengers sur la question. S’adressant à la vieille classe politique, Adama Kanazoé martèle que «  ce que tu n’as pas fait en 30 ans, ce n’est pas maintenant que tu vas le faire  ». Pour lui, la conduite des affaires publiques a besoin d’une nouvelle vision, d’un dynamisme salvateur pour les populations. Et pour cela il n’y a que la jeunesse consciente, travailleuse acceptant de se sacrifier pour leur pays qui peut le faire. Il invite les jeunes à se défaire l’esprit d’assistanat, de la paresse, de l’inaction et de s’engager pour le développement de leur pays. Pour AJIR, «  l’Homme doit être au début et à la fin du développement  ».
Sur la question de l’emploi, en substance AJIR propose la création d’un guichet unique pour désamorcer la psychose du chômage. Une part belle sera faite à l’auto emploi. Trois idées constitueront le soubassement de la politique de l’emploi. D’abord, il sera mis en place une banque à idée de projet. Kanazoé explique que toutes les idées efficientes et efficaces sur la question de l’emploi seront recensées à travers le monde entier. Et ce sont ces idées qui seront mises- en œuvre pour régler la question du chômage. Ensuite, AJIR compte mettre en place un fonds de garantie national pour garantir les crédits que les institutions financières privées donneront à ceux qui veulent entreprendre. Enfin, il sera mis en place des incubateurs d’entreprises qui permettront- la naissance et le développement de jeunes entreprises. Ces start up seront épargnées des carcans obscurantistes des multiples charges auquelles sont soumises les jeunes entreprises. Les incubateurs d’entreprises se présentent comme des pépinières -d’entreprises. Une entreprise qui sort de l’incubateur est automatiquement remplacée par une autre. Et la roue fonctionnera autant qu’il y a des jeunes qui désirent créer leur entreprise. Kanazoé signale qu’aucun parti politique ne peut le défier sur la question de la politique de l’emploi. Il invite même ses adversaires à ce débat... tout en précisant qu’il va les battre.

Jean-Baptiste Natama : «  Notre candidature dérange  »

Natama dit être venu proposer aux Burkinabè «  un véritable  » changement. C’est-à-dire «  un changement au service d’une renaissance et d’un développement collectif  ». Natama assure que dans le déploiement de sa vision, il s’agira pour lui d’emblée « de la mise en œuvre harmonieuse d’une bonne gouvernance, en atténuant le coût politique et social  ». Pour lui, il est urgent de mettre fin au «  type de gouvernance de gangsters  ». A l’entendre, Natama vient pour rompre avec les pratiques d’une bureaucratie obscurantiste. Il annonce à cet effet en s’inspirant des propos d’une figure de proue du panafricanisme, Patrick Lumumba, qu’au Burkina «  tout est à faire ou tout est à refaire, mais nous le ferons- pour le Burkina ». Il ajoute que les lois et les coutumes seront reprises les unes après les autres. L’injustice sera traquée, toutes les parties du vieil édifice seront reprises, du pied à la tête… pour le Burkina Faso. Natama indique en outre que son engagement politique vise également à restaurer des valeurs cardinales de dignité, d’honneur, de liberté, d’intégrité, de solidarité, de justice, de partage. Il n’a cessé d’entrecouper son discours pour dire «  nous n’avons pas peur  ». Par ailleurs, Natama ressassait— également que sa candidature dérange car entre autres parce qu’elle est «  neuve, jette dans la confusion ceux qui des années durant se sont complus dans une gestion clientéliste, rétrograde, prédatrice, portant atteinte aux intérêts du peuple, à sa dignité  ». Ce sont à ces derniers qu’il demande de prendre leur retraite politique.

Zongo Seydou dit Zêdess : « Je ne suis pas dans la surenchère »

Zongo Seydou alias Zêdess était face à la presse ce mardi 09 juin pour annoncer «  sa candidature à la candidature des élections présidentielle de 2015  ». Il a profité de l’occasion pour décliner son projet de société. On retient en substance, selon ses propos que Zêdess est celui qui viendra au secours des pauvres.
Il vient de la famille des artistes reggaemaker très engagé du Burkina. On le connait pour ses critiques et ses propos acerbes dans ses chansons. Zêdess décide en s’engageant sur le terrain politique de traduire sa vision de la politique en réalité «  salvatrice  » surtout pour les couches sociales vulnérables. Il argue qu’idéologiquement il est de gauche. Donc opposé au «  capitalisme barbare  ». Zêdess ajoute qu’il a «  un côté social très prononcé  ». Dans sa gestion de l’Etat, il compte «  prendre chez ceux qui ont beaucoup de moyens pour secourir les couches vulnérables  ». C’est un devoir du pouvoir public. «  L’Etat a le devoir d’aider les vulnérables  », ressassait-il.
Il y a un autre point qui tient à coeur Zédess. C’est la limitation des mandats et le renouvellement permanent de la classe politique. A ce titre, il propose que le parti qui a remporté deux fois consécutivement (soit dix ans) l’élection présidentielle ne participe pas au 3e scrutin qui suit directement (soit 5 ans de pause). Pour Zongo Seydou même les cinq premiers responsables de ce parti seront interdits de créer un parti durant ces cinq ans.
Hamidou TRAORE

Boukary Ouédraogo dit Tintin : « Le régime passé et moi, nous n’étions pas en bons termes »
Le président de l’Association des promoteurs immobiliers du Burkina, Boukary Ouédraogo alias Tintin a donné sa lecture du voyage du président Michel Kafando en France le 1er juin dernier lors d’un point de presse organisé à Ouagadougou. «  Je voulais dire au président Kafando qu’au cas où on parle de l’article 135 en France, qu’il dise au peuple français que nous sommes aussi un peuple souverain et l’article 135 ne peut être modifié (…), je préfère prévenir parce que la France et nous, c’est un mariage à vie mais c’est un mariage avec des conditions, c’est un mariage à biens séparés  » a-t-il déclaré.
La rencontre avec la presse a également été une occasion pour l’homme d’affaire de dévoiler son intention de briguer la magistrature suprême. Ça y est alors. Depuis le 1er juin 2015, Tintin est officiellement candidat à la présidentielle de 2015. La course de l’après est lancé et Tintin est le premier candidat indépendant déclaré. Pour le dire, il a fallu passer sur les cendres du régime déchu : «  le régime passé et moi, nous n’étions en en bon termes  », et voilà.
Sam Wend-tin Basile


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