Construction de l’aéroport de Donsin : « Le projet est vraiment un gros morceau », dixit Edouard Bouda

Publié le jeudi 11 juin 2015

Suite aux plaintes et interpellations envers la Maîtrise d’ouvrage de l’aéroport de Donsin (MOAD), le directeur générale Edouard Bouda, DG de la MOAD revient sur le processus et les difficultés auxquelles sa structure fait face dans la mise en œuvre du projet.

L’Evénement : A ce jour, comment se porte la maîtrise d’ouvrage de l’aéroport de Donsin ?
Edouard Bouda : La maîtrise d’ouvrage de l’aéroport de Donsin se porte très bien. Comme vous le savez déjà, il a été confié à la maîtrise d’ouvrage un certain nombre de responsabilités dans le projet de construction de l’aéroport. Il s’agit notamment de la mise en place des infrastructures, que ce soit pour l’aéroport en lui-même ou les voies d’accès, la réinstallation des populations et aussi les questions environnementales. L’autre volet c’est la mise en place de la société d’économie mixte pour la gestion de l’aéroport. Quand on regarde le niveau d’exécution de toutes ces composantes, je pense qu’on peut être satisfait. Certes, il y a eu un retard qu’on a accusé mais actuellement les choses se déroulent plutôt bien.

En termes d’estimation, quel est le niveau d’exécution des travaux ?

Lorsqu’on parle des travaux, nous voyons tout de suite les travaux des voies d’accès et la relocalisation des populations affectées. Au niveau des travaux relatifs aux logements des populations qui ont été affectées par le projet, il faut dire que les bâtiments pour reloger les PAP (personne affectée par le projet) sont pratiquement disponibles. Il reste cependant des activités notamment la construction des murs de clôture, les questions d’andouilles, le crépissage des maisons et des questions liées à la finition de certains bâtiments communautaires comme les écoles, les banques de céréales, etc. Sinon, les maisons en elles même sont déjà disponibles. Du reste, beaucoup ont déjà commencé à intégrer les nouveaux sites.

Sur le terrain il y a particulièrement un site d’accueil où les travaux ne progressent pas, en l’occurrence le site d’accueil de Donsin. Les travaux sont en arrêt pratiquement, qu’est-ce qui explique cet arrêt des travaux ?
Donsin est le site où l’entreprise, après avoir fait la demande de réception provisoire, s’est retrouvée avec un certain nombre de travaux qui n’étaient pas achevés. De ce fait, elle devrait reprendre ces travaux. L’entreprise en question avait simplement construit les bâtiments et n’était pas engagée dans les clôtures et les andouilles. Mais pour ce qui concerne les andouilles, nous sommes en train de passer un marché avec une entreprise qui va commencer ces travaux. Le processus est en court. C’est le processus de passation des marchés qui impact le progrès des travaux au niveau de la MOAD et on essaie de faire avec. Quant à l’entreprise qui avait construit les bâtiments, elle avait connu des insuffisances en termes de rendements. A ce niveau, la maîtrise d’ouvrage y a travaillé et a fait observer les différentes dispositions du contrat.

Il s’agit de quelle entreprise ?

Il s’agit exactement de l’entreprise AZIMMO. Par rapport aux dispositions des contrats, l’accompagnement que le maître d’ouvrage doit aux entreprises est inné et normal mais les contrats prévoient aussi une certaine limite. Quand il y a des manquements, on engage ces processus. Il s’agit des mises en demeure mais aussi à la limite des résiliations de contrats et de passer à une autre entreprise. A ce niveau, nous pouvons dire que nous avons épuisé l’accompagnement et aujourd’hui la MOAD est fortement engagée dans un processus de mise en demeure et pourquoi pas une résiliation pour accélérer les travaux. Je rappelle qu’il s’agit de l’entreprise qui a construit les bâtiments. Vous avez vu les bâtiments sont construits maintenant le gros problème c’est de pouvoir signer le contrat avec l’entreprise qui va faire les andouilles. L’entreprise qui doit construire les murs est déjà recrutée et elle s’installera au cours de la semaine (du 25 mai 2015 ndlr).

Il y a plusieurs difficultés qui ont été évoquées par les populations affectées lors de notre passage sur les sites d’accueil. Il s’agit essentiellement de la question de l’eau et sur le site de Donsin, il n’y a pas de forages. Sur certains sites d’accueil, il y a des forages sauf qu’ils ne fonctionnent pas. Qu’est ce qui est fait pour résorber ce problème d’eau ?
Pour ce qui concerne l’approvisionnement en eau des populations déplacées, il y a dans un premier temps les forages que nous avons réalisés. Nous sommes au moins à une vingtaine (23 précisément) de forages réalisés sur l’ensemble des sites. Sur le site de Donsin, nous en avons qui sont en voie d’être équipés et d’autres ont même été équipés. Au stade actuel, pour tous les sites il y a au moins deux ou trois forages par site d’accueil. Nous reconnaissons que c’est une concentration que nous créons et la solution intermédiaire est en projet parce que celle-là est une solution précaire. Nous sommes en train de réaliser un mini réseau d’adduction d’eau à partir des forages qui ont de forts débits et cette activité est aussi engagée. La MOAD est appuyée dans cette activité par l’AGETER et d’autres consultants en la matière. Ces travaux sont en cours.

Il semble également qu’il y a certaines personnes qui ont été oubliées lors du recensement et qui n’ont pas eu de parcelles. Il a fallu à la dernière minute leur donner l’argent pour qu’ils construisent eux-mêmes leurs logements. Qu’en est-il exactement ?
En termes d’oubli, il faut dire qu’il n’y a pas eu d’oubli en tant que tel. Il s’agit plutôt de changements de comportement intervenus à un moment donné qui ont fait que les décisions de la MOAD ne peuvent intervenir qu’après que ces comportements se soient manifestés. Ce sont des attributions tardives dues à une situation qui dépend beaucoup de la personne à réinstaller. Ce sont des cas que nous appelons des réclamations. Dans un processus comme celui-là, au début nous avons fait un recensement des biens et on a expliqué aux populations ce qui est pris en compte et la manière dont se fera le recensement. Après cette étape nous avons publié les listes. Ceux qui avaient des réclamations c’est-à-dire des cas d’omission se sont manifestés et on a corrigé mais dans le processus aussi, nous avons mis en place une commission chargée de gérer les réclamations et les plaintes. Cette commission est dirigée par le Haut-commissaire de la province d’Oubritenga. Toutes les fois qu’il y avait quelqu’un qui s’est senti lésé ou qui a estimé qu’il y a une omission par rapport à son bien, il passe par le conseil de développement de son village pour transmettre cette réclamation au président de ladite commission. Maintenant, les cas qui vous ont été rapportés, il doit s’agir d’une série de personnes qui sont dans cette situation et comme le marché pour les logements avait été passé et les constructions déjà en cours, ces personnes ont souhaité avoir l’argent sur la base des coûts des bâtiments qui ont déjà été construits. C’est ainsi qu’on a convenu de leur remettre ces sommes pour qu’ils puissent construire lesdits bâtiments. On les a suivis pour voir et les gens ont réalisé les bâtiments. Mais c’est à leur demande que la MOAD a décidé d’octroyer les montants nécessaires pour qu’ils puissent réaliser les bâtiments.

Pour revenir aux infrastructures sociales, d’autres sont en cours de finition. Sur le terrain à Taonsgho par exemple, on nous a rapporté qu’il y a un CSPS dont la construction est achevée mais il n’est pas fonctionnel pour le moment alors que le site est habité. Est-ce à la MOAD de rendre fonctionnel ces infrastructures ou c’est à une autre structure ?
Ce ne doit pas être ce village parce que nous n’avons pas réalisé une infrastructure de santé dans ce village. Ils ont déjà un dispensaire. Mais pour parler un peu de ce que la MOAD a réalisé comme infrastructures, c’est d’abord le remplacement des infrastructures qui sont logés dans l’emprise de l’aéroport. Avec les services techniques de l’éducation et de la santé qui participent au comité provincial d’indemnisation et réinstallation des populations, ils suivent tout ce qui est infrastructure de leur ressort. Il y a eu des fois où on a réalisé des infrastructures de complément pour normaliser et faciliter l’accès aux populations. Sur le terrain il y a un centre de santé à Taabtenga et c’est une infrastructure de complément. Sinon le centre de santé n’existait pas. Le collège à Silmiougou qui est également en cours de construction est une infrastructure de complément. Que ce soit une école, une banque de céréales ou autres infrastructures, si l’utilisation est compromise dans le cas du projet, on procède à une construction neuve. Pour ce qui est de la fonctionnalité ou de l’utilisation de toutes les infrastructures, c’est avec l’appui des services techniques concernés. S’il y a une requête qui est formulée, elle peut être examinée par la MOAD, en termes d’équipement en table-bancs et autres. Mais c’est avec l’appui des services techniques concernés que le fonctionnement sera assuré. Nous sommes d’ailleurs sur le point de faire la situation de ces infrastructures, que ce soient les écoles, le CEG (collège d’enseignement général) et les CSPS, nous allons faire le point des équipements nécessaires pour voir dans les jours à venir ce qui mérite d’être fait. Après cette évaluation, nous allons engager le processus pour les équipements.

De façon générale comment se passe la relocalisation des populations et quels étaient les critères pour avoir droit à une parcelle ?
Succinctement, il faut dire qu’il s’agissait de faire un recensement des chefs de ménages résidents dans l’emprise de l’aéroport. Si vous n’êtes pas résident, cela veut dire que vous pouvez y posséder un bien et vous avez droit à un dédommagement. Mais vous n’êtes pas éligible pour une parcelle. Si vous n’êtes pas résident dans l’emprise aéroportuaire et de voie d’accès, vous n’avez pas droit à une parcelle. C’est le principe de base qui a été expliqué aux populations avant de procéder au recensement. Mais pour ce qui concerne le déroulement du processus de relocalisation, nous pouvons dire qu’à ce jour, le calendrier initial qui était le nôtre a connu un léger fléchissement mais nous escomptons au plus tard à la fin du mois de juin, que la plupart part des ménages soient relogés. Notre objectif, c’est de faire déménager l’ensemble des populations recensées dans les sites d’accueil. On y travaille d’ailleurs avec les populations pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés et les jours à venir nous pensons que les choses vont aller rapidement. Certains préalables avaient été posés parmi lesquels la question d’eau, la question des clôtures et ce sont des éléments qui n’avaient pas été inclus dans les discussions au départ. C’est bien après que ces requêtes ont été faites par les populations et la MOAD y a accédé. Mais c’est prévu que si la construction des murs de clôture commence et que la question d’eau est résolue, les populations sont prêtes à déménager. Nous pensons donc qu’avant l’installation définitive des pluies, les gens pourront déménager. Nous pensons que c’est un objectif réaliste.

La question des indemnisations fait également l’objet de polémique et qui nécessite un éclairage. D’abord, quelle était la grille d’indemnisation ?
Pour ce qui concerne l’indemnisation, il faut d’abord dire que le comité provincial de réinstallation et d’indemnisation comporte les représentants des populations. Cela veut dire qu’il y a deux représentants. Le président du conseil villageois de développement et le chef du village. Ils exposent les préoccupations des populations au sein de ce comité. On discute ensemble et on sort avec des recommandations applicables et ensuite il y a le suivi qui est fait. Pour indemniser, il faut bien sûr des barèmes et ceux-ci sont applicables selon la nature des biens. Si vous avez un certain nombre de biens à l’intérieur des ménages tels qu’un grenier, un hangar, un bâtiment, généralement ce sont des coûts de remplacements qui sont proposés et c’est applicable aussi dans beaucoup de projets. Ce sont des barèmes usuels du ministère de l’habitat qui existent et au démarrage, nous avons expliqué point par point et bien par bien au niveau du comité, les motivations des montants proposés. Ce sont le coût des biens qui sont proposés. Il y a aussi un service technique spécialisé pour ce qui concerne les arbres, en l’occurrence le ministère de l’environnement qui travaille avec un certain nombre de textes permettant d’évaluer ces coûts. C’est à partir de ces éléments et de l’appui d’un consultant que nous sommes partis. Les barèmes ont été proposés pour les biens à l’intérieur des ménages et ce n’est qu’après validation que nous avons poursuivi avec les opérations. Il y a aussi une autre catégorie de biens. Ce sont les champs parce que les populations tiennent beaucoup à cela. Les champs sont assez particuliers et au niveau de notre projet, nous avons beaucoup innové. On vous compense à la fois à la valeur de l’actif terre que vous perdez, par exemple si vous avez un hectare de terre que vous perdez, les prix négociés en son temps étaient 400 000fcfa. Mais cela suppose que vous êtes propriétaire de votre terre. Ensuite il y a ce que nous appelons la perte récolte. Nous avons estimé le rendement le plus élevé pour une spéculation donnée et c’est ce rendement qui a été pris de même que le prix de vente. Cela nous donne à peu près 263 400fcfa/ha. Cette somme c’est pour compenser la perte des récoltes. Il y a un troisième élément, c’est ce que nous appelons le coût d’aménagement d’un nouveau champ. Nous supposons que les populations qui seront expropriées de leurs champs, vont acquérir de nouveaux champs et cette somme permet de résoudre cette requête. L’un dans l’autre, vous avez ces éléments qui constituent un paquet pour celui qui est propriétaire et qui exploite son terrain. Mais au-delà, il y a aussi une catégorie d’occupants de terrains qui sont des propriétaires mais n’exploitent pas. C’est ce que nous appelons les propriétaires non exploitants.
Eux, ils n’ont droit qu’à l’actif parce qu’ils n’ont droit qu’au terrain c’est-à-dire les 400 000fcfa. Il y a aussi les exploitants non propriétaires qui sont des gens qui ont négocié un lopin de terre qu’ils exploitent. Eux aussi ils ont une compensation à part. C’est la perte des récoltes parce qu’on pense que c’est une subsistance mais on leur donne aussi le montant (50 000fcfa/ha) pour les aider à trouver un nouveau champ. L’un dans l’autre et selon votre statut, vous avez droit à quelque chose. Mais le statut qui reçoit la plus grande compensation, c’est quand on est propriétaire exploitant. Personne n’est mise de côté et cela a été largement discuté et adopté avec les populations. A ce jour, pour ce qui concerne les biens à l’intérieur des ménages, ils ont été intégralement payés. Pour ce qui concerne les champs par contre, c’est une autre préoccupation parce que cette année par exemple ils continuent d’exploiter leurs champs. Mais pour les accompagner, la MOAD s’est proposé de payer à échéance très courte les compensations pour les champs.

Il semble qu’il y a des cas où les indemnisations sur le terrain sont en deçà de ce qui est prévu sur le papier. Qu’en est-il ?
Dès que les barèmes ont été approuvés, les dépositaires dans chaque village que sont les présidents des CVD ont eu des copies systématiquement. En plus nous avons doté chaque village d’un tableau d’affichage. Les barèmes sont affichés chez le CVD et toute la population est au courant. Si vous voulez connaître le coût de remplacement d’un bien, c’est affiché. Ce que nous pouvons certifier, c’est que nous n’avons jamais dédommagé un bien en dessous du montant qui est retenu dans le barème. Par contre, pour le volet socio-culturel que sont les sites sacrés, les tombes et les cimetières, nous avons bénéficié de l’accompagnement de l’université de Koudougou avec des professionnels pour ces questions, qui nous ont accompagnés pour le recensement. Pour cette catégorie de biens donc, le barème ne couvre pas la rue. Au niveau du comité, nous nous sommes assis avec des personnes ressources par village et on a échangé sur la faisabilité et les conditions pour y parvenir. On a évalué ensemble et on s’est accordé et après cela il fallait passer à l’exécution. Pour les tombes, si vous abandonnez une tombe, vous recevez 50 000fcfa pour dire une messe. Les gens savent le circuit par lequel il faut passer pour porter une réclamation devant le haut-commissaire.

Il semble que les ménages devraient être équipés en plaques solaires et disposés de pousse-pousse, certaines personnes se plaignent parce qu’ils ne les ont pas reçus. C’est vrai ou c’est faux cette question de plaques solaires et de pousse-pousse ?
C’est vrai. L’exemple vérifiable, c’est que nous avons dénombré dans l’emprise des voies d’accès vingt (20) ménages. Ceux-ci sont installés depuis le mois de février 2015 et ils ont bénéficié des pousse-pousse. L’éclairage solaire également c’est une réalité pour ces 20 ménages qui ont été installés. On a eu quelques fois des cas de vols parce que l’installation a précédé l’arrivée des locataires. C’est donc devenu une condition pour nous maintenant et il faut que vous soyez sur le site, là si on installe les équipements c’est pour vous et il vous revient de les entretenir. Si les gens déménagent, ils auront les pousse-pousse, ils auront également l’éclairage solaire et c’est par ménage que c’est programmé. Il y aura donc une vague d’installation qui va commencer bientôt. Nous avons lancé les appels d’offres et on attend que les gens déposent leurs offres pour l’acquisition et l’installation des équipements.

Quelles sont les relations qui existent entre la MOAD et les populations affectées par le projet ?
Nous estimons qu’elles sont bonnes dans l’ensemble. D’une manière générale, l’attitude exigeante des populations est compréhensible. Ce qu’on peut mettre à la décharge des gens qui perdent leurs biens et qui s’attendent à récupérer le maximum possible. On comprend parfaitement cette attitude. Sinon les populations nous accompagnent dans les réalisations de nos travaux et elles sont sans doute impatientes d’occuper leurs bâtiments même s’il y a aussi des écarts de conduite comme les vols de portes, de ciments, d’ampoules, etc. mais les relations restent tout de même satisfaisantes de façon générale. Nous avons des équipes permanentes sur les sites et qui sont bien connues des populations et chaque fois qu’il y a la moindre difficulté, elle est relayée pour qu’une solution soit trouvée. On n’a pas de difficultés de communication avec les populations en tant que telle.

La MOAD a-t-elle des difficultés particulières dans l’exécution des travaux ?

Les difficultés sont inhérentes à toute activité de construction. La première insuffisance, c’est celle du temps mis pour la passation des marchés alors qu’il y a de l’autre côté des populations qui attendent impatiemment l’exécution de leurs travaux. Une fois cette étape franchie, c’est ensuite la capacité des entreprises choisies à pouvoir respecter leurs engagements. Pour éviter donc les difficultés, les techniciens de la MOAD sont chaque fois sur le terrain pour mieux superviser et donner un coup de fouet aux travaux pour qu’à la fin les bâtiments soient disponibles pour les populations.

Quelle est votre appréciation générale du projet ?

Le projet dans son ensemble est un peu complexe parce qu’il faut déplacer des populations et les réinstaller, c’est vraiment un gros morceau. Il faut construire un aéroport donc il faut mobiliser toute l’expertise nécessaire et ensuite trouver un investisseur pour la gestion de cet aéroport, on ne peut pas ne pas rencontrer des obstacles. Mais globalement, je pense que c’est un projet réalisable. La preuve est que les travaux avancent sur le terrain. Les travaux sur la plateforme aéroportuaire vont commencer certainement en début 2016, nous sommes presqu’à la fin des études techniques, il reste les questions des passations de marché qui prennent énormément de temps mais nous pensons pouvoir tenir dans les délais.

Avez-vous un retour de la part des partenaires techniques financiers ?

A part les travaux concernant les voix d’accès, les travaux à proprement parler n’ont pas encore commencé. Mais nous avons un retour plutôt encourageant de la part des partenaires. La plupart des partenaires émettent des avis sur les documents que nous leurs soumettons. Ils y a aussi des amendements légers mais qui n’altèrent pas la qualité des documents produits.

Quel est votre appel à l’endroit des populations concernées par le projet ?

Ce que nous attendons des populations, c’est la plus grande compréhension. Une compréhension en ce sens que souvent les actes administratifs sont mal interprétés. Vous avez des réclamations qui viennent et qui ont tendance à croire qu’on a lésé et de façon volontaire certaines PAP alors que c’est un processus assez fastidieux. Quand il y a des réclamations qui arrivent tardivement, pour les satisfaire il faut passer par un processus de passation de marché. Ce qui allonge les délais. Raison pour laquelle j’insiste sur la compréhension que nous attendons de la part des populations. Par ailleurs, nous avons établi un calendrier d’indemnisation ce qui revient à dire que le plus tôt vous rejoignez vos sites d’accueil, le plus tôt vous serez indemnisé et le plus tôt vous disposerez de l’éclairage solaire mais aussi des pousse-pousse.
Si les bâtiments construits ne sont pas occupés, ce sera difficile pour nous de dérouler le reste du processus. Des dispositions ont été prises pour corriger tous les manquements et les entreprises qui sont à la traine, nous n’allons plus avoir de délais supplémentaires à accorder. Nous allons user de tous les droits que nous offre la règlementation en matière de marché public.

Interview réalisée par Wend-tin Basile SAM


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