Accueil triomphal pour Mariam Sankara

Publié le jeudi 11 juin 2015

Depuis l’assassinat du capitaine Thomas Sankara le 15 octobre 1987, Mariam Sankara n’eafoulé le sol du pays des hommes intègres que deux fois. Celle qui fut première dame de 1984 à 1987 est arrivée ce jeudi 14 mai 2015 à Ouagadougou pour participer à la convention du renouveau Sankariste dont elle était l’invitée d’honneur mais aussi pour répondre à une convocation de la justice burkinabé dans le cadre de la réouverture du dossier de son mari . A l’aéroport de Ouagadougou, l’accueil était plutôt chaleureux.

Ce sont au total 9 partis sankaristes, (ADR, CNR/MS, Convergence de l’espoir, Prit Lanaya, UNIR/PS, URD/MS, FFS, CDS ) mais aussi des mouvements associatifs, tels le Balai Citoyen, le mouvement «  ça suffit  » devenu l’aube du Faso, le mouvement des jeunes patriotes révolutionnaires, les patriotes du Faso, le mouvement «  les orphelins du 15 octobre  » et une foule acquise aux idéaux de Thomas Sankara qui ont accueilli la première dame de la révolution, à l’aéroport de Ouagadougou. Déjà à quelques encablures de là on pouvait entendre retentir le dispositif d’animation installé à cet effet.
Des artistes tels Alpha Blondi, Tiken Jah… bref des morceaux d’artistes engagés assuraient la sélection. Sur des banderoles on pouvait lire : Fan club Mariam Sankara, soutien à Mariam Sankara… Dans une cacophonie généralisée on a apprit que la presse était interdite sur le tarmac faute d’autorisation. Finalement une liste est dressée et quelques journalistes y ont accès.
C’est vêtue d’une tenue traditionnelle burkinabè, que Mariam Sankara a été accueillie à sa descente d’avion par le comité d’organisation de la convention Sankariste composée entre autres de Nestor Bassière, Me Bénéwendé Sankara, Jean Hubert Bazié.
Très émue, les premiers mots de Mariam Sankara , après avoir demandé une minute de silence pour les personnes «  décédées au front  » , ont été de dire à la foule venue lui souhaiter bonne arrivée : «  je suis fier de fouler la terre du Burkina Faso. Votre présence témoigne de la marque de sympathie et de solidarité que vous avez à l’égard de Thomas Sankara.  » La première dame de la révolution a également adressé des remerciements à tout le peuple burkinabè. « Je remercie tout le peuple burkinabè, tous ceux qui ont œuvré pour la lumière sur le dossier Thomas Sankara. J’ai aussi une pensée pour les martyrs de l’insurrection populaire. Je remercie aussi les autorités de la transition », a-t-elle déclaré. Outre les remerciements, Mariam Sankara a également évoqué la question des élections qu’elle souhaite transparentes. «  Je souhaite que l’organisation des élections soit transparente afin qu’on aboutisse à une gouvernance qui prendra en compte les aspirations des Burkinabè  », conclut-elle. C’est un cortège scandant son nom et celui de son mari qui l’accompagne finalement au domicile de la famille Sankara à Dapoya.

Un accueil chaleureux

C’est une foule acquise à la cause de Thomas Sankara qui a accueilli la marraine de la convention des sankaristes. Elle n’a pas manqué de manifester son émotion. Pour Pascal Tabsoba le président de l’aube du Faso, ex mouvement ca suffit : «  L’époux de Mariam a joué un grand rôle dans notre pays. Il nous a inculqué des valeurs. Vu que nous n’avons pas la possibilité de remercier son mari et qu’elle en est la digne représentante, tous les honneurs vont à son endroit  ».
Serge Banbara alias Smokey, artiste musicien et membre du balai citoyen lui dira : « nous apprécions la présence de Mariam Sankara parmi nous surtout en ces moments de post insurrection. C’est avec un grand souvenir qu’on la retrouve, elle qui a su rester digne. C’est pour ça qu’on l’accueille chaleureusement et qu’on a envie de l’accompagner. On pense à ce procès et à cette issue que nous voulons véritablement juste. Que les assassins de Thomas soient arrêtés et qu’ils payent pour leur crime ».

Par Assita Sanou

Le retour de Mariam Sankara : une victoire

Si le retour de Mariam Sankara a contribué à raviver de bons souvenirs de la révolution pour les uns, d’autres y voient surtout une victoire. En effet depuis 2007, l’épouse de Thomas Sankara n’avait plus foulé le sol burkinabé. Elle a profité de l’occasion pour remercier ceux par qui cela a été possible : « C’est avec beaucoup d’émotion et de joie que je rentre au pays. Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à cela. C’est-à-dire, ceux qui ont fait partir le dictateur Blaise Compaoré. Je pense aux OSC, aux partis politiques, aux femmes, à la jeunesse, à la presse, à toute la population ». Pour Sams’K le Jah du balai Citoyen, ce retour est plutôt l’exhaussement d’une prière « Lorsque nous préparions l’insurrection populaire, nous avons été sur la tombe de Thomas Sankara pour avoir ses bénédictions. Apres la fuite de Blaise Compaoré nous avons à nouveau organisé un recueillement sur sa tombe pour lui dire merci de nous avoir accompagné. Nous espérons qu’il est fier de nous et continue de nous donner l’énergie nécessaire pour construire le type de burkinabè dont il a rêvé, le type de burkinabè pour lequel il a accepté verser son sang. Pour nous aujourd’hui, voir Mariam Sankara fouler à nouveau la terre qui l’a vue naitre, qui a accueilli le sang de son mari pour rendre fertile l’arbre de la révolution est une victoire. Je pense qu’aujourd’hui est un grand jour pour nous ».

Mariam Sankara : un ciment pour les partis sankaristes

La présence de Mariam Sankara, de l’avis de certains leaders, a contribué à resserrer les rangs entre les partis sankaristes dans la mesure où elle est une icône. Nestor Bassière dira d’elle : « Sa présence nous a non seulement réuni à son arrivée à l’aéroport mais aussi, nous sankaristes avons eu obligation de nous asseoir et de nous parler. »
Représentant un facteur de rapprochement pour les sankaristes, elle était la personne idéale pour parrainer cette convention a-t-il ajouté :
 « Mariam Sankara est choisie comme marraine parce qu’ elle constitue une personne ressource. Elle est restée intègre. Elle a mené un combat non seulement pour défendre la mémoire de son mari mais aussi pour maintenir haut le flambeau du sankarisme. Elle était la personne idéale pour parrainer cette convention ».

AS


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