Lucarne Citoyenne n°304

Publié le jeudi 11 juin 2015

Qui sont les responsables de la crise énergétique que nous vivons ?

Ainsi donc, les délestages que nous vivons sont davantage le fait d’une non disponibilité de combustible que de la capacité des machines à supporter la demande de la clientèle. S’il n’y a pas d’argent pour payer suffisamment de fuel, cela veut dire que nous sommes condamnés à subir des délestages sauvages comme ce que nous vivons en ce moment. Dans un pays où la culture des statistiques est quasi inexistante, il est impossible de chiffrer les dommages que nous subissons du fait de cette situation. Certes, on peut tenter de faire quelques évaluations sur les pertes subies dans les secteurs formels et informels de notre économie mais qu’en est-il de l’incidence du phénomène dans un secteur comme la santé ? Un ami médecin me disait que ceux qui arrivent à survivre à cette canicule verront leur espérance de vie diminuer de dix ans. C’est sans doute exagéré, mais le propos visait surtout les conséquences de la crise énergétique qui annihilent nos défenses contre la forte chaleur que nous subissons. Alors si comme on le susurre la SONABEL et la SONABBHY se trouvent dans l’incapacité d’honorer leurs dettes vis-à-vis de leurs fournisseurs, ce qui réduit du coup leur capacité d’emprunt, à qui faut-il imputer la faute, si faute il y a ? Il est grand temps que les responsables de la transition situent les responsabilités afin de faire payer ceux qui doivent l’être. Le laxisme est l’autre nom de l’impunité et on ne peut l’accepter surtout après l’insurrection d’octobre qui est sensé nous avoir libéré des prédateurs !

Nathalie Somé Héiiii !

Le bras de fer qui oppose la patronne du CSC aux associations professionnelles des médias ressemble singulièrement à ce qu’il nous était donné de voir sur la fin de règne de Blaise Compaoré. La mesure du CSC provoque une désapprobation générale. D’abord celle de toute la profession à travers leurs organisations représentatives mais aussi à travers les personnes ressources de la profession. Quand des dinosaures comme Roger Nikièma, Paul Ismaël Ouédraogo, Jean Baptiste Ilboudo et bien d’autres doyens qui usent d’intermédiaires pour dire à Nathalie qu’elle va trop loin, ça doit faire réfléchir les têtes bien pensantes du CSC qui s’entêtent parce que convaincues qu’elles ont raison.
Et ce n’est pas tout. Y a-t-il un seul parti politique ou une association de la société civile qui applaudit cette mesure ? Ce qu’il nous est donné d’entendre c’est plutôt un concert général de réprobation. Et enfin quand le prélat de Bobo s’en mêle pour déplorer que la faute de quelques brebis galeuses soit le prétexte à une punition collective, on peut dire que la coupe est pleine. Alors attention. Il n’y a aucune gloire à avoir raison contre tous. Nathalie doit avoir le courage de lever sa mesure et cela sans aucune contrepartie. Il n’y a rien à monnayer dans cette affaire. Il y a tout simplement à s’en tenir à la loi !

Attention à la justice populaire !

Le phénomène est en train de prendre des proportions graves. Suffisamment graves pour que le procureur général qui recevait la presse pour un tout autre sujet en fasse un préalable à son ordre du jour. Avec le développement de l’insécurité, on assiste à la naissance d’associations qui se donnent pour rôle d’assurer la police dans les villages. Ainsi des jeunes gens, foi de procureur, interpellent, séquestrent et jugent des personnes pour des motifs tels que vol de bétail ou autres, toute chose qui ne peut être tolérée dans un Etat de droit où existent et fonctionnent des institutions judiciaires. Le message du procureur est clair. Les populations doivent faire confiance en leur justice et permettre aux magistrats de travailler dans la sérénité. Ces derniers, affirme le procureur général, ont parfaitement compris le message de l’insurrection. Appel est donc lancé à la population afin qu’elle aide les autorités judiciaires à remplir leur mission. On ne peut cependant s’empêcher de faire remarquer que c’est bien souvent l’absence de l’Etat qui explique que des populations s’organisent pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Pour que la supplique du procureur ne ressemble pas à un vœu pieux, il faudrait que l’Etat affirme non seulement sa présence sur tout le territoire et surtout que cette présence apporte aux populations le sentiment de sécurité qui leur manque.


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