Marche contre Monsanto : « Non aux OGM »

Publié le jeudi 11 juin 2015

Comme annoncé 4jours avant, lors d’une conférence de presse, le Collectif Citoyen pour l’AgroEcologie(CCAE) a tenu promesse. C’est ce samedi 23 Mai 2015 à Ouagadougou qu’elle a organisé sa toute première marche pour dire non à Monsanto et les OGM au nom de la souveraineté agricole. On pouvait lire la détermination sur les visages des organisateurs.

C’est à 9h30 que le cortège de la marche contre Monsanto et les OGM est parti de la place de la révolution, lieu d’accueil de l’évènement, pour le rond-point des Nation Unies. Sur les tee-shirts rouges, et parfois noirs des manifestants, on pouvait lire « Ma santé oui, Monsanto non  ».Les banderoles par contre arboraient des expressions telles que «  Les OGM = La grippe aviaire de nos semences », « Monsanto dégage »... Au niveau du lieu d’accueil à la place de la Révolution, était dressé un marché bio pour la circonstance afin de promouvoir l’agro écologie.
Ce sont au total 400 pays qui ont marché pour dire non aux OGM. Le Burkina Faso à l’instar de ces pays n’est pas resté en marge de cette manifestation vu que les OGM sont présents au pays des hommes intègres depuis 2001. « Environ 100 associations et ONG présentes sur le territoire Burkinabè y ont participé  » à en croire les mots de Ali Tapsoba président de l’association « Terre à vie.  »
A la suite de la marche, les organisateurs ont tenu un meeting à la place de la Révolution pour faire ressortir les conséquences néfastes des OGM sur l’environnement, la santé et l’économie. Aussi, selon Christian Legay « Monsanto vient d’avoir l’accord pour expérimenter le maïs. Malheureusement à l’époque le peuple n’a pas été consulté. D’ici donc quelques années, tout le peuple burkinabè risque de manger des OGM avec beaucoup de conséquences sur sa santé. On aimerait donc que le débat soit ouvert pour éventuellement remettre en cause le problème des OGM au Burkina. » Un plaidoyer a été remis aux autorités
Des signatures de pétitions ont également accompagnées cette marche qui est à sa toute première édition pour dire non aux OGM. Selon Ali Tapsoba « même après la marche, toute personne qui adhère à cette lutte pourra contacter le collectif pour donner sa voix à travers la signature de pétitions pour dire non aux OGM ».
« D’ici à octobre, il est encore prévu une autre marche et un forum d’engagement citoyen sur la souveraineté alimentaire qui connaitra la participation des organisations de la société civile, des responsables coutumiers et religieux » selon Christian Legay, coordonnateur général de la marche

« Plus rien ne sera comme avant  »

Selon les conférenciers, le coton BT(OGM) a envahi le Burkina avec la complicité du gouvernement Compaoré et ce, sans informer le peuple des risques encourus et sans son avis. Les organisateurs soutiennent que «  c’est après que Blaise Compaoré ait été reconnu comme impliqué dans la guerre du Liberia qu’il s’est vu contraint d’accepter la culture des OGM pour échapper au procès qu’il encourait ». C’est ainsi que dans le plus grand secret les premiers essais de coton OGM ont démarré au Burkina Faso en 2001 en violation flagrante de la convention sur la diversité biologique de 1992 et du protocole de Carthagène sur la biosécurité de 2000.Ces traités internationaux stipulent que les pays concernés doivent se munir d’un cadre législatif et prendre les plus grandes précautions avant de commencer la culture des OGM. En outre les signataires doivent s’engager à informer la population des dangers et à ne prendre aucune décision sans une large concertation publique. Or officiellement, c’est à l’atelier sur la biosécurité à Ouagadougou en 2003 que nos autorités selon les organisateurs ont osé parler d’OGM. En plus c’est bien tardivement que le Burkina se mit en règle faisant ratifier par le Parlement en Avril 2006, le régime de sécurité en bio technologie.
Après son échec face à l’expérience du coton BT compte tenu des promesses non tenues de rendement, de la non résistance aux insectes, la cherté des semences, Monsanto présente ses excuses aux autorités burkinabè et se veut rassurant en annonçant l’introduction d’un gène supplémentaire qui permettra au cotonnier de supporter une bonne dose d’herbicide fulgurant, le glyphosate. Pourtant ce poison désherbant, le plus vendu dans le monde et présent dans le fameux Roundup, produit phare de Monsanto vient d’être classé cancérigène « probable » ou «  possible  » par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Le pays étant toujours dans un contexte d’insurrection contre le système Compaoré et ses méfaits, le Conseil National de l’Agriculture Biologique au Burkina (CNABio) et le Collectif Citoyen pour l’Agro Ecologie (CCAE) ont décidé de bouter hors du pays des hommes intègres le syndrome Monsanto et compagnie pour se réorienter vers l’agriculture paysanne, gage de souveraineté alimentaire.

Consommons burkinabè

Selon les organisateurs, l’agro-écologie est le seul mode de production respectueux de l’environnement et de nos valeurs socio culturelles. En effet « La culture des OGM entraine des risques de dissémination volontaire ou accidentelle des OGM dans l’environnement et de croisement avec les plantes sauvages, ce qui n’est pas sans conséquences directes sur la biodiversité. A cela s’ajoutent des risques de pollution des sols et des rivières. Il y a également des risques de perturbation de l’éco-système : En effet les OGM à l’action insecticide s’avèrent toxiques pour des insectes non ciblés, tandis que les insectes ciblés développent des résistances ».Toutes ces conséquences néfastes font que le CCAE et le CNABio exhorte les Burkinabè à consommer bio et Burkinabè. En plus la culture bio est adaptée à l’agriculture familiale et permet d’être plus résilient face aux changements climatiques, tout en préservant l’autonomie du producteur ont-ils conclu n

Par Assita Sanou


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