Can 2017 : Sombre choix de la CAF

Publié le vendredi 1er mai 2015

Le Gabon a été désigné pour abriter la CAN 2017. Mais ce choix de la CAF a été mal accueilli par l’Algérie qui croyait avoir un dossier béton. Du coup, le débat sur la crédibilité des votes de la CAF est lancé.
Pas que nous soyons particulièrement mystifié par la candidature de l’Algérie. Nous ne sommes pas non plus contre le Gabon. Mais la CAF ne cesse de montrer qu’elle est une nébuleuse à la solde du roi Hayatou. Fin calculateur, Issa Hayatou dont le seul rêve est de mourir sur son trône a bien lu et bien compris Machiavel. Il l’a démontré une fois de plus à cette désignation. La CAF en effet, se devait de choisir un autre pays pour abriter la CAN 2017 en lieu et place de la Lybie que la situation nationale sécuritaire a disqualifiée. Autrement, les CAN 2017, 2019 (Cameroun), 2021 (Côte d’Ivoire) et 2023 (Guinée) connaissaient déjà leur pays hôte. Sachant que le choix se joue dans les coulisses, l’Algérie a démarché les votants. Le corps électoral est de 14 personnes tous membres du Comité exécutif de la CAF. Alger a été surprise de n’avoir récolté que 0 voix quand elle sait que au moins 4 d’entre les votants avaient promis juré et craché de poser le bulletin Algérie dans l’urne ! Que s’est-il passé entre temps ? Hayatou n’aime pas la contestation. Notre compatriote, le col Mohamed Souley, ex-membre de la CAF et ami du Camerounais en sait quelque chose. Il s’est fait tapé en public sur les doigts quand il a voulu apporter la contestation au président de la CAF. Le Burkinabè n’a de solution que de démissionner. A la CAF, c’est d’abord Hayatou qui compte. Gagner sa voix et vous gagnerez toutes les autres voix. Le Gabon semble l’avoir compris. Déjà il a marqué des points honnêtes en soutenant la Guinée Equatoriale qui a sauvé la CAN 2015 en envoyant par exemple des bus à Malabo.
Mais Ali Bongo, à quelques jours du vote, a reçu le roi Hayatou avec tous les égards. Pendant ce temps l’Algérie dont le président Abdelaziz Bouteflika est cloué dans son fauteuil roulant et qui, en 16 ans de mandant n’a visité aucun pays africain admirait ses stades, ventait la capacité d’accueil, croyait à la liberté du vote individuel à la CAF. Son réveil a été douloureux. Hayatou adore les connections avec les palais présidentiels. Ce n’est pas fortuit. Il tient sa longévité de là. Il sait qu’en s’engageant avec les présidents, demain ils le revaudront. Souvenez-vous du retro pédalage du président de la FBF, le col. Sita Sangaré en Côte d’Ivoire. Il avait cru en toute bonne foi qu’il était temps pour l’Afrique et pour son sport-roi de changer de gérant à la tête de la CAF. Notre jeune président croyait peut-être qu’il pouvait choisir un président jeune, à l’image de Jacques Anouma. Il avait raison s’il le pensait vraiment. Mais mal lui en a pris pour avoir osé à l’époque dire sur la RTI qu’il pensait que Issa Hayatou pouvait céder sa place. Immédiatement le président inamovible de la CAF a décroché son téléphone rouge et a passé un coup de fil à son ami et président du Faso, Blaise Compaoré pour ramener son jeune et fougueux président de la FBF à l’ordre. Ce fut fait ! Blaise à l’époque n’a pas ainsi agit pour rien. Il a dû se souvenir des petits services que Hayatou lui a rendus et pourrait encore lui rendre. Si Ali Bongo a su être persuasif et dissuasif en recevant le président de la CAF, il ne faut pas s’étonner qu’à l’unanimité le Gabon passe. Hayatou donne un mot d’ordre et tous le suivent.
En outre, on prête à Mohamed Raouraoua, le puissant président de la fédération algérienne de football l’intention de vouloir abréger la présidence de Issa Hayatou. Après avoir anéanti Jacques Anouma qui avait les mêmes intentions, Hayatou ne supporte pas qu’un autre candidat se mette à lorgner son fauteuil. Pour brouiller les pistes, le président de la Fédé algérienne a jugé bon de se fendre dans une déclaration du genre je m’assujetti en disant qu’il n’ambitionne pas être président de la CAF tant que Issa Hayatou voudrait poursuivre son mandat ! Mais cela n’a pas suffi. Hayatou soupçonne Raouraoua de cacher son jeu. Il le soupçonne de vouloir d’un éventuel succès d’une CAN chez lui pour monter en popularité et affuter ainsi sa candidature. Le Camerounais a donc refusé d’enlever le fouet par lequel on va le fouetter.
En tout état de cause, une fois de plus la CAF a démontré qu’elle a de la peine à faire un choix neutre, loin de tout calcul, loin de l’influence négative de l’argent. Les ambassadeurs de l’Algérie reconnaissent à des mots à peine voilés avoir fait usage de pot de vin. Le débat est de savoir si l’argent a été misé sur la bonne personne. Du coup, on réalise qu’une CAN ne se gagne pas sur la base d’un simple dossier. Il ne pèsera pas lourds tant que des liasses de billets de banques ne sont pas posés dessus. On le soupçonnait. Mais là, on commence à en avoir des certitudes, des débuts de preuves. Malheureusement hélas !

Par J J Traoré


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