Lucarne Citoyenne n°302

Publié le vendredi 1er mai 2015

Que se passe-t-il à l’Ecole Internationale de Ouagadougou ?

Enserrée par de hautes murailles à la lisière de l’ancien quartier huppé de la zone du bois, l’école internationale de Ouagadougou donne l’impression de vouloir se cacher des regards extérieurs indiscrets. A l’intérieur, un beau petit monde et des cadres multinationaux qui s’affairent à dispenser des connaissances à de joyeux bambins mais aussi à de jeunes ados, sur la base de curricula du pays de l’oncle Sam. La langue d’apprentissage est évidemment l’anglais mais le français y est aussi pratiqué. En tout cas vu de l’extérieur, on dirait que l’école est un ilot de quiétude et de prospérité. Mais comme on dit, tout ce qui brille n’est pas forcément de l’or. De l’insolite c’est bien ce qui s’est passé l’autre jour dans cette école avec cette visite des impôts. Quand ces gens-là franchissent votre porte c’est sans doute avec une idée derrière la tête. Simple coïncidence ? il se trouve qu’au même moment le directeur de ladite école est au centre de critiques en ce qui concerne son approche de la gestion du personnel. Ce dernier aurait une fâcheuse manie à modifier unilatéralement certaines clauses du contrat d’embauche. Ainsi un travailleur peut passer du statut international au statut local comme ça, à la tête du client. Ou encore sa manière arbitraire de rompre les contrats de travail sous des prétextes semble-t-il légers. Il est peut-être temps que l’inspection du Travail y fasse un tour, ne serait-ce que pour de petits rappels sur la législation sociale au Faso !

Une fois de plus revenons à la Sonabel

Les temps sont durs au Faso. L’insurrection populaire est derrière nous et devant, nous voilà comme dirait l’autre face à notre misère. La Sonabel est dans un cul de sac. Le programme de Blaise Compaoré prévoyait le développement accéléré de l’électrification et de fait tout avait été mis en œuvre pour qu’ à l’échéance 2015, les gros investissements réalisés dans le secteur produisent des bénéfices politiques. L’article 37 était dans le tunnel. Mais Blaise est parti et la Sonabel nous mène la vie dure. Comment comprendre ça ? C’est simple me dit un ami de l’ancien régime. Ce pays est structurellement pauvre. Blaise était un équilibriste, un djinamori en somme : un mélange de débrouillardise et de bandiya. Vous avez pris le pouvoir, Eh bien gérez-le ! Mais le fond du problème, c’est tout de même la mauvaise gestion de nos entreprises ! il n’est un secret pour personne que les ressources internes des grosses entreprises d’Etat étaient siphonnées pour alimenter les caisses noires des bonzes du régime. Aujourd’hui, on nous dit que la Sonabel a des problèmes de trésorerie, mais on ne peut pas l’imputer à la Transition. A qui doit-on l’imputer ? Vivement que la loi anti- corruption produise ses effets pour qu’enfin l’on sache vraiment qui a fait quoi !

Bravo Smokey !

On dit que personne n’est prophète chez soi mais il faut reconnaitre que le petit bissa là est bon. Avec lui on mesure véritablement la force de la musique. Elle est capable de déplacer des montagnes pour emprunter l’expression de Mao. Ce que ce type est en train de faire c’est pas petit. Sur les ruines de l’assemblée nationale, il a su rallumer la flamme de l’insurrection, cette mémoire vivante qui décuple la volonté d’aller de l’avant. Ensuite ce fut sur cette place mythique dite de la Nation ou de la Révolution. C’est selon. On connait la préférence de l’artiste ! A partir de cette place, des millions de Burkinabé ont vécu en live, à travers la trentaine de radios partenaires, de grands moments de citoyenneté. Ce n’était pas que de la musique, il y avait aussi des retours sur des séquences du processus insurrectionnel et surtout l’appel à son parachèvement par le vote. Pour que le vote soit une arme de résurrection massive pour le peuple, il est de la plus grande importance de s’inscrire sur la liste électorale. Le combat citoyen doit donc se poursuivre… absolument ! Merci Smockey de le dire. Les décibels ont colporté ce message jusqu’au fin fond des villages et hameaux du Faso.


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