Qualifications Can 2017 : Du pain béni pour les Etalons !

Publié le samedi 25 avril 2015

Sacrée main ! Une main bénite, celle-là qui a logé le Burkina Faso dans le groupe D. Il n’y aura seulement que l’Ouganda, le Botswana et les Iles Comores pour empêcher les Etalons de réussir une 11ème qualification à une phase finale de CAN. Nous avons beau surestimé « les ennemis » des Etalons. Rien à faire. Ils ne font même pas peur. A moins que nous ne jouions à nous faire peur nous-mêmes, la CAN 2017 est vraiment au bout du sabot.

On le sait désormais. La Lybie post Kaddhafi infréquentable se voit retirer l’organisation de la CAN 2017. Et c’est le Gabon, comme un grand qui va l’organiser tout seul. Libreville avait accueilli la même compétition mais en association avec Malabo. Pour qui connaît la rivalité légendaire entre ces deux Etats qui se partagent la forêt tropicale, il est normal qu’après la CAN que le bien-généreux père de la Nation équato-guinéenne Téodoro Obiang Nguéma Mbasogo a, dans son immense bonté bien voulu offrir à son pays, il était normal que Ali Bongo, le digne fils du Gabon, héritier naturel du trône donne une réplique. Nous voilà donc en 2017 en Afrique centrale, Au Gabon précisément pour une CAN exactement comme nous y étions en 2015. Nous y voilà. Pas si vite. Il faudra passer par la case des qualifications.
Réunie au Caire, le 8 avril 2015, la CAF a procédé au tirage au sort des poules pour désigner les 16 qualifiés. Innovation majeure, le pays hôte habituellement épargné des compétitions va jouer cette fois-ci. Mais juste que le Gabon va jouer pour ne pas chômer. Ses points ne compteront que pour du beurre. En même temps le groupe dans lequel ce pays est logé, c’est-à-dire le groupe I, où il n’y aura que trois pour un ticket (Côte d’Ivoire, Soudan, Sierra Leone) ne sera plus concerné par le repêchage des deux meilleurs deuxièmes. Car en complément des 13 premiers de chaque groupe qui seront directement qualifiés et en plus du pays hôte, il faudra repêcher deux équipes pour avoir le chiffre 16 pays à la phase finale. On remarque aussi la présence du Maroc, le banni de la CAF. Ce pays que la faitière du foot continental avait suspendu pour deux CAN pour avoir refusé d’abriter la CAN 2015 pour cause d’Ebola disputera les qualificatifs dans le groupe F face au Cap Vert, à la Libye et à Sao Tomé. Le Tribunal administratif du sport a cassé le jugement de la CAF et a autorisé le Maroc à recouvrer ses droits dans le gotha du foot noir. Le tirage au sort effectué n’a pas dérogé à la règle. Des chapeaux ont été constitués. En fonction de la régularité et surtout des performances dans les compétitions de la CAN des têtes de séries ont été définies. Ainsi le Burkina Faso s’est retrouvé dans le groupe tête de série en compagnie de la Cote d’Ivoire , du Ghana, de la Tunisie, du Mali, du Nigeria, de l’Algérie, de la Zambie, du Cap Vert, de la RD Congo, de la Guinée, du Sénégal et du Cameroun. Etant donné que les pays regroupés dans le même chapeau ne peuvent pas s’affronter, les chances d’avoir des groupes de la mort à ce niveau sont réduites. Mais dans le deuxième chapeau, des pays comme l’Afrique du Sud, le Gabon, le Congo, l’Ethiopie, le Togo, le Maroc pouvaient être des adversaires à prendre plus au sérieux.

Tirage clément pour les Etalons

Dans le 2ème chapeau les Etalons ont donc pu éviter les gros morceaux pour n’avoir pour adversaire que l’Ouganda ! Il faut se féliciter que le Burkina évite l’Afrique du Sud, le Gabon, le Congo, l’Ethiopie, le Togo, le Maroc. Et pendant qu’on remercie le ciel un autre morceau viandé nous sera servi, le Botswana. Et pour être parfait, les dieux du foot complètent le groupe des Etalons par les Iles Maurice. Loin de nous l’idée de négliger ces Etats qui vont sans doute tenter de créer la surprise. Mais avouons-le, si le Burkina n’est pas capable de sortir premier d’un groupe pareil, il ne mérite pas la CAN. Quand on totalise 10 participations, quand on a été finaliste de l’édition il y a 2 ans, on n’a pas la même étoffe qu’un anonyme Ouganda, Botswana ou Iles Maurice. Ce n’est pas faire de la fine bouche. Nous ne vendons pas la peau de l’ours avant de le tuer. Nous essayons de jauger les forces en présence.
Evidemment, en foot, la vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. La preuve, les Etalons étaient vice-champions en 2013 mais en espace de 2 ans, ils sortent bons derniers de la CAN 2015. Mais le Burkina doit-il trembler devant l’Ouganda ? C’est le plus capé des adversaires du onze burkinabè. Avec deux participations à une phase finale de CAN (1962 et 1978), les Cranes qui ont même fini 4ème au pied du podium lors de leur première participation n’ont plus vu l’ombre d’une phase finale depuis lors. De temps à autre, l’Ouganda arrive à défaire un grand. Lors de la dernière journée FIFA, ce sont les Super Eagles du Nigéria qui sont passés à la trappe des Cranes. C’est une sélection qui sait jouer à domicile. Son stade, le Mandela stadium, est une citadelle imprenable. Depuis 2004, l’Ouganda qui a disputé 20 matchs devant son public n’a perdu qu’une seule fois (0-1) devant le Ghana a concédé 3 nuls et 16 victoires. D’ailleurs, le caractère périlleux d’un voyage à Kampala remonte de bien plus longtemps. En effet, en 2004, les Etalons l’ont éprouvé, eux qui se sont contentés d’un nul (2-2) lors du match aller comptant pour les éliminatoires de la CAN 2006.Deux années plus tard, en amical, le Burkina a encore fait un nul (0-0) à Kampala. Mais en retour à Ouagadougou, par deux fois les deux formations se sont affrontées et le Burkina l’a emporté (2-0) en 2004 en match officiel et 2-1 en match amical. Constat. Les Cranes non seulement perdent quand même des points à domiciles mais ne savent surtout pas en prendre dehors. Autrement dit, ils n’ont donc pas encore acquis l’étoffe d’un grand qu’il faut craindre. Du reste, le nouvel coach des Etalons, le Franco-allemand Gernot Rhor, alors à la tête du Niger a battu l’Ouganda en amical 2-0. Pourquoi échouera-t-il cette fois-ci ? Et le Botswana alors ? C’est le 86ème mondial dans le classement FIFA. Les progrès sont notables.
En 2014, il a gagné 13 places ! Avant, il s’est invité à la table des seigneurs lors des phases finales de la CAN 2012 se qualifiant pour la première et unique fois. C’est une équipe qui peut créer la surprise si les Etalons pèchent par suffisance. Mais ce sont des équipes qui ne sont pas rompues à la haute compétition. Le Botswana n’a pas encore acquis l’art de compétir à la CAN. Il arrive que les Etalons aient un peu de gêne à s’adapter au style de jeu de l’Afrique australe. Mais au décompte final, ca devait passer. Car avant de prendre la route pour Bata en Guinée Equatoriale pour la CAN 2015, les Etalons ont pris en apéritif et en amical la sélection nationale du Botswana 2-0 à Gaborone même s’il est vrai qu’en 2013, le Burkina s’est aussi incliné devant le Botswana (0-1) en amical aussi.
Le résultat le plus récent illustrant mieux la forme du moment des équipes, il n’y a pas lieu de s’arracher les cheveux avant de jouer le Botswana. Si les deux pays déjà cités manquent d’arguments pour mettre les Etalons en difficultés, ce n’est pas le petit poucet, les Iles Comores qui diront le contraire. Il est vrai qu’un certain 5 mars 2014, le Burkina a essuyé un échec (1-1) contre une équipe d’amateurs. Et depuis ces comoriens se mettent à rêver. Le président de la Fédération comorienne de football , Tourqui Salim, depuis le Caire s’est mis à rêver . Selon lui, le groupe (D) est un bon groupe. “Nous avons des équipes prenables. Nous avons déjà joué contre le Burkina Faso et le Botswana“ a-t-il déclaré. C’est aux Etalons de rétablir l’ordre en remettant cette formation à sa place de 192ème classé mondialement n

J J Traoré


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