Lucarne Citoyenne n°301

Publié le samedi 25 avril 2015

Nomination à Donsin : Eclairez ma lanterne s’il vous plait !

La maitrise d’ouvrage de Donsin vient d’enregistrer un changement à sa tête. Le très discret Hyppolite Lengani a été remplacé par un fonctionnaire des Affaires Etrangères. Quand on remplace un ingénieur du génie par un diplomate de surcroît dans le secteur des BTP, cela appelle naturellement des interrogations. Le tout nouveau DG est-il vraiment à sa place ? La question n’est pas sans intérêt, à un moment où les burkinabé sont en quête d’une gouvernance vertueuse et efficace. Certes, le pouvoir de la Transition nous a habitué à des nominations dont la pertinence n’est pas toujours prouvée mais il y a tout de même un minimum de bon sens à observer. D’accord qu’on veuille débarrasser le plancher des hommes de l’ancien régime, encore que le motif ne saurait être un principe de bonne gouvernance, mais de là à donner l’impression que tout ce qui est de l’ancien régime est mauvais et tout ce qui n’est pas de l’ancien régime est bon, c’est franchement dangereux.

Quand Simon échappe au lynchage

De l’avis de l’ancien bourgmestre de la capitale, la scène s’est passée aux environs du CBC, près de la pharmacie Betania. Une bande de jeunes à coup de pierres s’en sont pris à lui, alors qu’il quittait les lieux à bord de sa voiture. Si l’on considère le contexte de l’incident ( il s’est passé le jour du vote du code électoral), on peut penser que ceux qui ont caillassé le véhicule de Simon sont ceux qui ont affirmé vouloir s’opposer fermement au vote de la loi qu’ils qualifient de discriminatoire. Mais le jeu est assez périlleux pour les inspirateurs de cet « intifada » à un moment où ils sont de plus en plus nombreux les burkinabé qui pensent qu’une deuxième insurrection est nécessaire tant la première parait inachevée. Le directoire du CDP gagnerait à mettre balle à terre. Les responsables de ce parti n’ont jamais compris les ressentiments de ce peuple, certes très lent à réagir mais capable d’excès quand il en a ras le bol. Personne n’a le monopole de la violence dit-on mais prenons garde à ce que ce ne soit pas le mode de résolution de nos différends. C’est un conseil gratuit. A bon entendeur…

A la SONABEL, on démocratise la pénurie ?

Il faut croire qu’à la Sonabel on est de bonne volonté. Le problème nous semble -t-il dépasse cette institution qui du fait de son lien ombilical avec l’Etat se trouve dans l’incapacité de donner la pleine mesure de ses capacités. De plus ces derniers temps, particulièrement vers la fin du régime Compaoré, Sonabel était devenu un instrument d’une politique clientéliste. Alors que ses capacités actuelles ne permettent pas de desservir convenablement le réseau existant, Sonabel ne cesse d’ouvrir de nouveaux chantiers. On eut dit que notre nationale de l’électricité est toute fière de démocratiser la pénurie. Koualou à la frontière du Bénin sera bientôt connecté au réseau Sonabel. Nos compatriotes à l’autre bout du pays auront au moins le sentiment d’être burkinabé. Tant pis si c’est pour leur servir deux heures de jus par jour, l’essentiel c’est le lien de solidarité que ça crée. On nous console en nous faisant remarquer que c’est partout pareil. Mais non, ce n’est pas partout pareil. Les pays qui sont nos modèles ne vivent pas de telles pénuries. Ce n’est pas parce qu’en Afrique le phénomène est général qu’il faut se résigner. Encore que même en Afrique, il existe de bonnes pratiques. Même si cela concerne un seul pays, c’est cela qui doit servir de référence. On ne décollera pas si nous sommes rivés sur la médiocrité.

Grippe aviaire au Burkina

Alors que la Côte d’Ivoire et le Mali décrètent un embargo sur le poulet du Burkina, au pays des hommes intègres, c’est le silence radio ou presque sur l’épizootie de grippe aviaire. On a bien accepté de dire quelque chose sur les foyers de la maladie mais on s’est bien gardé d’interdire la consommation du poulet. Mais alors quelles sont les précautions sanitaires qui sont prises pour préserver la santé des Burkinabè ? Chaque jour que Dieu fait la volaille entre à Ouaga par tous les aspects et on sait que le contrôle vétérinaire sur les volatiles est faible voire inexistant.
Alors les Burkinabè n’ont d’autre choix que de s’en remettre à Dieu, eux dont le faible pour le poulet flambé ou le grillé à l’ail est légendaire ! En ces temps difficiles, il est plus que jamais nécessaire de faire sien le dicton : « aide-toi et le Ciel t’aidera »


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