Affaire d’espace vert à Sig-nonghin : Victor Ouédraogo et Cie attendent toujours la justice

Publié le jeudi 26 mars 2015

On est avril 2008 quand Victor Ouédraogo et 40 autres de ses camarades ont vu leur lieu de travail attribué à un richissime commerçant, pour soi-disant y ériger un centre commercial. Victor et compagnie y sont installés depuis 1996. C’est un espace vert qui a fait l’objet d’une attribution temporaire à Victor pour ses activités : installation d’une cafétéria pour la vente de Café. Il est clair que l’autorisation d’occupation du domaine public N°96- 013/MAT/PKAD/CO/ASGN/M/SSE/SV du 19 juillet 1996, lui fait mention des dispositions suivantes : « Outre le respect des textes en vigueur en matière d’occupation de l’espace public, Monsieur Ouédraogo Victor effectue cette installation à ses risques et périls ; il devra libérer les lieux à la première réquisition  ». Ces dispositions ne sont pas ignorées par le groupe de plaignants. Là où le bât blesse est que l’espace querellé était classé zone hors lotissement. Cependant, cette disposition n’a pas empêché sa définitive attribution à Sayouba Béréwidougou pour qu’il y construise son centre commercial.
Le maire Pascal Ouédraogo est depuis lors soupçonné par les anciens occupants d’être en alliance avec le nouveau propriétaire contesté des lieux. Face à ce qu’ils considèrent comme étant une machination visant à les spolier et à les jeter hors du périmètre, ou ils tiraient l’essentiel de leur revenus, les commerçants ont pris sur eux la résolution de poser une série d’action visant à interpeller l’autorité sur leurs sort.
Il y a eu d’abord le refus, par eux de vider les lieux au profit de Sayouba Béréwidougou. Ce dernier les a attraits en justice. Il obtient l’autorisation d’assignation du groupe «  à bref délais  ». Et la mairie de Sig-nonghin reçoit l’ordonnance de les expulser. Depuis lors, le feuilleton judiciaire est sans fin. La quarantaine de commerçants continue de tabler sur l’illégalité de l’attribution de cet espace vert.
Le problème ? L’espace concerné est situé en face du mémorial, route de Kongoussi. Sa superficie est de 1026m2. Ladite zone a été lotie en 1985 et l’espace en question a été classé comme «  Espace public  ». Partant de cela, un groupe de commerçant ont acquis une autorisation d’investir l’espace en vus d’activités diverses, mais qu’ils devaient «  libérer les lieux dès la première réquisition  ». Au regard de ces dispositions et contre toute attente, l’espace tout entier a été attribué à Sayouba Béréwidougou. C’est ce qui a radicalisé la position de Victor Ouédraogo et ses confrères. Ils ne peuvent pas comprendre comment un «  Espace public  » passe de son statut à un statut de «  Zone hors lotissement  » d’un jour au lendemain, pour aboutir à l’arrêt de leurs activités. Pour eux, il y a manifestement volonté de leur porter préjudice. Cette posture est d’autant plus justifiée qu’au jour d’aujourd’hui le terrain n’est plus une propriété de Sayouba Béréwidougou. Un richissime orpailleur le lui a racheté pour y installer une station d’essence. Mais depuis une année, les travaux se sont arrêtés. Est-ce une décision judiciaire ? Est-ce une question de calendrier pour le nouvel acquéreur ? La question reste posée et nous y reviendrons avec plus de détails. Mais avant cela, les gérants de cafétéria et autres activités sur cette espace public sont dans l’expectative d’une décision de justice pouvant leur permettre pour le moins de solder les dommages et intérêts.

Wilfried BAKOUAN


Commenter l'article (2)