5 prétendants à l’investiture CDP !

Publié le mercredi 18 février 2015

En fin janvier début février, il y a quelques jours donc, un émissaire est venu du Bénin, envoyé par l’ex petit président, avec dans ses bagages le nom de cinq présidentiables dans l’ordre de préférence. En premier de la liste se trouve Arthur Kafando, ancien ministre du Commerce et tête de liste du CDP aux législatives de décembre 2012. Il semble que c’est lui qui a la préférence de François Compaoré. Pour lui garantir toutes les chances d’être désigné, l’émissaire a dit que selon la recommandation expresse de François, il faut qu’ArthurKafando prenne la tête du parti au congrès extraordinaire du CDP qui se profile. En deuxième position dans l’ordre de préférence de François Compaoré, Gilbert Diendéré, le général. En troisième position Kadré Désiré Ouédraogo, puis suivent Paramanga Ernest Yonli, « l’homme de on va modifier pian ! » et Apollinaire Soungalo, le dernier président de l’Assemblée nationale.

Le missi dominici a transmis le message et le vœu du petit président. Toutefois, l’envoyeur aurait recommandé que s’il était impossible de trouver un consensus autour d’un des cinq noms suggérés, alors il faudra passer par les primaires. Le CDP devrait donc expérimenter les primaires pour désigner son candidat à la présidentielle d’octobre prochain, sur la short listdes cinq personnalités ci-dessus citées. Ce sera une première pour un parti qui ne semblait pas se résoudre à un plan « B » en dehors de son candidat naturel Blaise Compaoré. On aura remarqué que le nom de KouandaAssimi, le dernier secrétaire exécutif du parti ne figure pas sur cette short list.

Le tiercé de tête inclus la candidature d’ArthurKafando, peu connu sur la scène nationale. Sa forte proximité avec François Compaoré explique sans doute ce bon classement. En deuxième position Gilbert Diendéré. Il est pour ainsi dire en « pool position », mais n’est pas le préféré de François Compaoré. Peut-être continue t-il de jouir de la confiance de Blaise Compaoré. Mais ce n’est pas acquis qu’il remporte l’investiture du parti, comme cela semble avoir été allégué ces derniers temps, dans les médias. Il reste néanmoins, même si lui-même se défend de vouloir faire la politique, un cheval sérieux sur lequel les premiers dignitaires de l’ex régime voudraient s’appuyer pour reconquérir le pouvoir d’Etat. D’autre, à son propos, pensent qu’il peut être candidat, mais à son propre compte sous l’influence de son épouse Fatou, qui ne cacherait pas son ambition d’être la première dame du Burkina.
Kadré Désiré Ouédraogo semble être le bon cheval, même s’il n’a pas la préférence de François Compaoré. Dans son fief au Sanmatenga, une campagne est vigoureusement menée, pour dissuader ceux qui sont tentés de quitter le navire CDP. On leur enjoint « de rester tranquillement au CDP parce que leur frère, Kadré, a des chances de recevoir l’investiture du parti ».

Maintenant, il reste une inconnue, les aléas de la transition actuellement en cours. Si comme il apparaît de plus en plus, les frères Compaoré depuis leur exil devaient par des attitudes équivoques troubler la quiétude de la transition, il est alors possible, comme l’a suggéré Luc Marius Ibriga, que des sanctions dures soient prises à l’encontre du CDP et de ses ex animateurs. En ce moment là, le CDP serait suspendu et ses animateurs disqualifiés. Sauf si évidemment Zida revient à de bons sentiments comme au début de la transition quand il avait pu, contre un avis général défavorable, imposer la présence de l’ex majorité dans les instances de la transition. Ce temps, hélas, semble révolu. Zida, s’il devait se manifester, se serait pour jouer sa propre carte. La rupture avec Blaise et Gilbert semble irrémédiable.

NAB


Commenter l'article (2)