Lucarne Citoyenne N°295

Publié le vendredi 23 janvier 2015

• Sagnon Adama dans le « Shadow cabinet » de Zida ?

Selon une source apparemment introduite, Adama Sagnon, le ministre de la culture démissionnaire du gouvernement Zida n’est pas bien loin des arcannes du pouvoir. Le premier ministre Zida l’aurait tout simplement gardé auprès de lui dans son « cabinet noir ». Il ne figure certes pas dans l’organigramme officiel du premier ministère mais serait en charge de certains dossiers que lui aurait confiés Zida. Si l’information s’avérait, il faut bien croire que Zida n’a pas été convaincu du bien fondé des raisons qui ont fait partir Sagnon du département de la Culture. Il semble d’ailleurs que Sagnon serait en attente d’une nomination à un poste dans une institution sous régionale. Cela s’appelle tout simplement du copinage. Reste qu’un homme d’Etat doit être en mesure de faire le distinguo entre la sphère publique et la sphère privée.

• Les partis politiques investissent les réseaux sociaux

La dimension magique des réseaux sociaux est une réalité que tiennent à exploiter les partis politiques. En effet, du plus grand au plus petit parti politique, chacun tient à exister sur la toile. Devant une cinquantaine de personnes, Gafarou Nignan, l’homme qui s’est révélé à l’enterrement du juge constitutionnel Salifou Nébié par sa révélation sur les prétendues confidences dudit juge, a publiquement dévoilé le 3 janvier dernier la création de son parti dont il serait naturellement le président. En attendant que le parti devienne grand sur le terrain, il s’est donné une visibilité mondiale à travers la toile. Ce même week-end, le MPP et l’AJIR se sont fait remarquer à travers la toile par l’organisation de visites aux responsables des structures. La toile est donc devenue un formidable moyen de propagande politique et c’est tant mieux si cela peut contribuer à redonner aux burkinabé le goût du militantisme politique qui avait plutôt tendance à décliner. Le Burkina est en effet en train de vivre son printemps des partis politiques et il faut espérer que la démocratie en sorte grandie !

• Le RSP réclame de l’huile pour son haricot

Dans l’environnement des fêtes de fin d’année, le RSP se serait fait remarquer en donnant de la voix. Principal grief fait à la hiérarchie, c’est l’absence cette année du vlop de 20 000F qu’ils recevaient régulièrement dit-on comme cadeau de fin d’année. On les comprend. Même si ce n’est pas un droit, l’habitude de percevoir un per diem finit par en faire un droit. D’ailleurs, pourquoi Kafando les priverait-il de cette modique somme ? Serait-il lui aussi pingre, comme on le dit du général Diendéré ? Attention, s’il continue d’être gardé par ces gars, il a intérêt à leur donner un peu de son huile. C’est de la pure logique. S’il y a à manger, on mange ensemble. Quelqu’un a dit que quand les uns mangent et que les autres regardent, c’est ainsi que naissent les révolutions. A méditer.

• veut on substituer la Kafanzidose à la Compaorose ?

Le président a brandi le bâton contre ceux qui s’adonnent à des voies de fait contre les décisions gouvernementales. En effet, depuis Adama Sagnon, la contestation des responsables de structures s’amplifie. C’est notamment le cas au ministère des Infrastructures, à la CAMEG, à l’Abattoir de Bobo-Dioulasso, à Belahouro, à Canal 3 et que sais-je encore ! Mais c’est le cas du ministère des Infrastructures qui semble agacer le plus le PF. Pour cause, c’est un ministre qui est au centre de la querelle. Il a alors sorti les muscles, sans doute dans le but d’intimider, en attendant le moment venu de frapper si le trouble perdurait. Mais le PF doit savoir que le meilleur moyen de faire taire les contestations, c’est de respecter la charte de la transition dans le choix des responsables des structures. La bonne gouvernance suppose des responsables irréprochables à la tête des institutions étatiques. Si on a sanctionné la compaorose ce n’est pas pour subir la Kafandizose ! Voilà le problème M. le président. Le copinage doit cesser dans la gestion de l’Etat. Tout simplement !


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