Le « J’accuse » de Blaise Compaoré

Publié le vendredi 23 janvier 2015

A partir de l’Eburnie, Blaise Compaoré règle ses comptes. Il accuse nommément Roch Marc Christian Kaboré et Salif Diallo d’avoir planifié son renversement violent avec l’aide de l’armée. Selon le désormais ancien président du Faso, le bras militaire de l’insurrection populaire est le chef d’Etat Major Général des Armées, Honoré Nabéré Traoré lui-même.

Toutefois, il n’a rien dit sur le mode opératoire du complot qu’il dit avoir été ourdi contre son pouvoir. Blaise affirme en outre que son projet de révision de l’article 37 n’est pas la cause de son départ mais plutôt le complot de ses anciens affidés qu’il accuse au passage de trahison. Curieux raisonnement de ce personnage qui refuse de voir la réalité en face. Ces millions de personnes qui ont déferlé dans les rues du Burkina ce mardi 28 octobre sont-ils tous des militaires ?

Les insurgés qui sont montés à l’assaut de l’assemblée nationale l’ont fait les mains nues. Par contre l’armada de blindés, les fusils d’assaut et les grenades lacrymogènes n’étaient pas les armes des manifestants mais plutôt celles des hommes commis au maintien de l’ordre voulu par Blaise. Quand au fameux complot prétendument ourdi par le trio Roch-Salif-Honoré, le peuple qui dispose d’une force supérieure (sa détermination) a lui-même pris son destin en main.

Blaise Compaoré peut se permettre de narguer les burkinabè à partir de son exil luxueux. Il ne rend pas service à ceux qui ont couvert sa fuite ainsi qu’à ceux qu’il a laissés derrière lui et qu’il expose dangereusement. Toujours dans sa logique de l’entêtement, il se refuse à tirer les leçons du fiasco dont il est lui-même l’auteur.

Il confirme encore plus sa totale perte du sens des réalités. Enivré par ses lubies, il était incapable de voir les signaux annonciateurs de sa fin de règne. Sa haine morbide contre ses opposants qu’il tenait coûte que coûte à réduire l’a complètement perdu.

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. C’est un principe de droit bien connu qui s’applique à tous, même au monarque de droit divin qu’il croyait être. Il est largement comptable des violences engendrées par son entêtement. Le peuple du Burkina qui n’est pas un peuple revanchard saura panser ses blessures et se remettre dignement au travail.

La démocratie qu’il a voulu sacrifier sortira encore plus forte de cette épreuve inutilement infligée au peuple burkinabé. Qu’il ne se méprenne pas. Il devra tôt ou tard solder ses comptes devant ce peuple qu’il a tant méprisé.

GBN


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