Région de l’Est La famine est dans les concessions

Publié le lundi 7 mai 2012

Le 19 avril dernier, le marché de Piéla ne fourmillait pas de monde. Selon les habitués, ce manque d’affluence est lié à la famine qui sévit actuellement dans la commune et ses environs. Le sac de 100kg de sorgho rouge coûte 28000Fcfa. L’unité de mesure qui est le yoruba fait 700Fcfa. Le haricot fait plus de 50 000Fcfa le sac de 100kg et le yoruba oscille entre 1000 et 1250Fcfa. Quant au plat d’arachide non décortiqué (le yoruba toujours), il coûte 450Fcfa. Bouayeri Lankoandé, commerçant de céréales au marché de Piéla, soutient que dans aucun village environnant on ne peut se ravitailler en céréales. C’est le grand marché de Pouytenga qui pourvoie Piéla en vivres. L’on se demande, confie un autre commerçant, Emmanuel Lankoandé, si on pourra traverser la saison, compte tenu des difficultés liées à la famine. Un acheteur venu se procurer un plat de sorgho indique que, avant la disette, sa famille au nombre de 9 membres consommait 2 plats par jour. Mais avec la mauvaise saison, il a suspendu le petit déjeuner. Les enfants vont à jeun à l’école le matin. Le haricot est destiné aux élèves qui ne vivent pas dans des familles. Pour des raisons pratiques de cuisine, ils le préfèrent aux autres céréales. Emmanuel explique que ceux qui souffrent le plus en ces temps de pénurie de céréales, ce sont les personnes âgées. Ils sont de plus en plus nombreux à tendre la sébile. En plus de cette couche vulnérable, des femmes se retrouvent à la maternité de Piéla totalement démunies, leurs maris ne pouvant leur apporter des vivres. Elles sont totalement dépendantes de l’aide fournie par la maternité. Sibiri Lankoandé, Leaba Ouoba et Tampoin Yarga vivent difficilement à la maternité de Piéla. Elles y sont pour suivre des traitements, leurs villages étant éloignés du centre de santé. Madame le Maire de Piéla reconnaît avec la population qu’il y a des difficultés mais assure que des gestionnaires des boutiques témoins sont en formation et que le moment venu, la commune procédera à la vente des vivres à prix social. Au marché de Piéla, d’aucuns se disent fatigués de la rhétorique de l’aide qu’on ne voit pas venir. Ça fait 3 mois que cela dure n

 

Merneptah Noufou Zougmoré


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