Toupgoumba Lankoandé, l’héritière de Koagmba

Publié le lundi 7 mai 2012

Avant que Toupgoumaba n’émerge dans la Gnagna, c’est la cantatrice à la voix suave Koagmba Lankoandé que les auditeurs de la radio diffusion nationale connaissaient. On apprit un jour que la chansonnière s’en était allée. Pendant un moment, le pays tout entier est resté orphelin de la disparition de sa voix envoûtante. Mais quelques années plus tard, Toupgoumba, fille de Kerguin, un village situé à moins de 20 Km de Piéla, est venue combler le vide laissé par Koagmba. Toupgoumba Lankoandé est issue d’une famille de musiciens. Sa mère était une cantatrice et son père jouait à la guitare traditionnelle et sa grande sœur était aussi dans les chants. C’est dès le berceau qu’elle a commencé à chanter. Mais sa première apparition en public, elle la situe dans les années 1980. Elle est auteur de deux albums tous produits par Moussa Kaboré de Bazar Music. La Cantatrice de la Gnagna, en plus de la musique, est une travailleuse de la terre. Elle ne se plaint pas de son travail de chansonnière parce que, dit-elle, il permet d’aider ses enfants et ses parents. Invitée à trois reprises en Europe, elle s’est produite une fois en France et deux fois en Belgique. Les radios locales de la province irradient sa voix à travers les ondes, au grand bonheur des auditeurs. Une de ses filles, Zalissa Hanro, s’essaie aussi à la chanson, mais pour le moment, sa mère souhaite qu’elle continue d’abord ses études. Quels étaient ses liens avec Koagmba Lankoandé ? C’était sa tante et elle affirme l’avoir suivie dans certaines de ses tournées quand elle était petite. Comme projet dans l’immédiat, elle veut s’autoproduire et elle indique que cela ne saurait tarder. Avant c’est l’ancien maire de Piéla, Motaba, aujourd’hui décédé, qui s’occupait de sa carrière, mais aujourd’hui, elle assure elle-même sa prise en charge. Ce que Toupgoumba sollicite comme aide, ce sont des instruments pour étoffer davantage sa troupe. Actuellement, elle est accompagnée d’un guitariste, d’un flûtiste, de deux percussionnistes et de 6 choristes. Pour des raisons de santé, elle s’est actuellement hibernée mais son thérapeute l’a récemment rassuré qu’elle pouvait reprendre ses activités. La mauvaise saison a des répercussions sur ses activités. Pendant les périodes fastes, elle est régulièrement sollicitée pour des funérailles, des baptêmes, des mariages et autres réjouissances.

 Merneptah Noufou Zougmoré

 


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