Blaise, à force de jouer avec le feu : Soit il se brûle soit il brûle le pays

Publié le mercredi 22 octobre 2014

Il est indéniable que Blaise a mis le pays dans une sorte de cocotte-minute et semble prendre plaisir à le voir se consumer. Toute la vie nationale est depuis près de trois ans maintenant hypothéquée par le débat sur l’article 37. La vie politique s’est arrêtée et la vie économique est en train de suivre.

La preuve, les recouvrements des recettes nationales sont au plus bas niveau, jamais connu dans le pays. Le ministre des Finances est obligé de tancer ses grands directeurs, conditionnant leur maintien à leur poste à l’amélioration des entrées fiscales d’ici à décembre 2014.

L’activité économique est au ralenti. Le Burkina qui avait su se positionner comme un pays de service est guetté par la récession. Les hôteliers, les plus grands surtout, envisagent des compressions de personnel de l’ordre de 30% des effectifs. Les investisseurs ont mis les pieds sur le frein.

Les importateurs eux depuis deux ans maintenant importent le strict minimum. Ils n’osent pas faire de gros stocks pour ne pas subir les aléas de 2011. Au niveau de l’administration publique personne ne travaille. Le détournement des deniers est devenu plus que jamais le jeu favori.

Le pays est en train de sombrer chaque jour que Dieu fait. Pendant ce temps à Kosyam, dans son luxueux palais, Blaise construit des comètes. Il met le pays sous pression s’imaginant que les burkinabè qui sont des gens pacifiques finiront par se lasser et céderont. Le temps passe.

Quand le mercure monte jusqu’à un certain niveau, le président sort de son chapeau une initiative qui tient en haleine, une dizaine de jour. Puis tout redevient comme avant.

L’objectif est clairement connu, il faut au président Compaoré qu’il reste à la tête du Burkina. Les burkinabè n’ont pas le choix. Ils doivent dire « oui  » et avoir la paix. S’ils persistent, Blaise Compaoré va continuer à pressuriser le pays.

On est réduit à la situation de Gbagbo et de la Côte d’Ivoire pendant la décennie infernale 2000-2010. Les ivoiriens se sont entendus dire par les mercenaires libériens : « no Gbagbo, no Côte d’Ivoire  ». Assimi Kouanda et ses amis nous mettent aussi en joue, dans les mêmes conditions répétant à tue-tête « no Blaise, no Burkina ».

Blaise joue avec le feu. Il pense qu’il peut tout contrôler à tout moment. Il se trompe. Il faut qu’il se rappelle de la maxime de Maurice Yaméogo, celle qui l’avait perdu : « la Haute Volta, disait-il, c’est ma natte. Je la plie quand je veux ».

On sait ce qu’il en est advenu. Le feu avec lequel il joue depuis pourrait lui brûler les mains. Dans tous les cas, la crise dans laquelle le pays est plongé laissera hélas des traces. Des traces indélébiles. Le Burkina avait su profiter de la crise ivoirienne pour se construire et s’émanciper.

Alors que la Côte d’Ivoire retrouve son lustre d’antan, le Burkina a repris le chemin de la « voltaïsation ». Nous allons reprendre notre rang. Celui qui était le nôtre dans la sous-région. Pourquoi ? Parce que nous avons pris du temps à satisfaire les lubies de Blaise qui n’envisage pas une vie en dehors du pouvoir. Une existence en dehors de Kosyam.


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