ARBA : Hommage unanime et national à un patriote !

Publié le mercredi 22 octobre 2014

A l’unanimité les burkinabè lui rendent hommage. Ce qui est exceptionnel pour un politique.

Le métier de la politique est celui de la controverse par excellence que l’on ne traverse pas sans se souiller. Arba, l’enfant de Selbo, ce petit village, à environ 8 km de Dori, aurait selon toute vraisemblance réussi la prouesse d’en sortir indemne.

Pourtant, il a été de tous les combats politiques depuis qu’il a adhéré au Parti Africain de l’Indépendance (PAI) au début des années 1960. En 1964 précisément se souvient Issouffou Diawara, ancien fonctionnaire de la Francophonie.

En 1962, après le BAC réussi brillamment, il obtient avec Alassane Dramane Ouattara et un certain Touré, originaire de Ouahigouya, une bourse américaine pour Colombia university. Son séjour dans ce temple du capitalisme n’a pas eu raison de ses convictions idéologiques.

Arba est resté un homme de gauche, avec toutes les valeurs de gauche. Malgré son extraordinaire parcours dans la fonction publique internationale, où il a été des années durant, secrétaire général adjoint de l’ONU, il est demeuré modeste et sobre toute sa vie durant. De Ouagadougou à Dori il habitait des maisons que dédaignerait un préfet.

Comme maire de Dori, depuis 7 ans, il a mobilisé des centaines de milliards de francs pour sa commune, construit et fait bitumer des voies dans sa ville, en laissant poussiéreuse celle qui passait devant sa maison. Arba, comme Thomas Sankara, pensait que « la charité bien ordonnée commençait par le peuple ».

Maire d’une commune sahélienne, où l’eau est la ressource la plus rare, il avait réussi la prouesse de la disponibiliser à travers un réseau performant qui desservait la ville et les villages environnants.

A Selbo où il repose désormais, les femmes ne connaissent plus la corvée d’eau. Il suffit de tourner le robinet de la borne fontaine pour recueillir le précieux liquide. De ce fait Dori a été la première ville burkinabè à atteindre les OMD en matière d’accès à l’eau potable.

Il imaginait pour sa ville, le concept de minimum social en matière d’eau. Il pensait pouvoir l’instituer à partir de 2015. Ce minimum social consistait en un droit pour les ménages les plus pauvres d’avoir une quantité mensuelle d’eau au robinet familial gratuit.

Tant que la famille ne dépassait pas ce seuil, elle n’avait pas de facture à payer. Pour prendre en charge ce minimum social en eau, il avait imaginé une mutuelle des abonnés.

Arba a vécu pour les pauvres. Non pas en distribuant des sommes d’argent, une pratique qu’il détestait, mais en imaginant des services structurant qui préservaient leur dignité.

Il fut donc un homme politique accompli qui a vécu pour son idéal qu’il n’a jamais trahi et qu’il a essayé de mettre en œuvre de façon concrète.

Il n’a pas seulement brassé les idées et a su les mettre en œuvre de façon opérationnelle. C’est sans doute pourquoi il est un des rares politiques burkinabè à faire l’unanimité.

Dori, c’est certain ne se remettra pas de sa disparition brutale et prématurée. Son parti le PDS/METBA n’échappera pas hélas, à la malédiction des partis politiques burkinabè.

A Dori et dans la conduite de la ville cela devrait se ressentir très rapidement. Pour sa suppléance à l’Assemblée nationale, ce sera un vrai casse-tête. Son suppléant, trop pressé sans doute, avait démissionné en janvier dernier pour intégrer le MPP.

L’après Arba s’annonce donc difficile pour sa ville et pour sa famille politique.

Par Newton Ahmed BARRY


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