Kundé 2012. Kounker pour l’or ?

Publié le lundi 7 mai 2012

Le tsunami (titre de son dernier album) n’a certainement pas encore fait des vagues dans le milieu du show biz burkinabè, mais le talent de l’artiste guitare en main est indéniable. La musique est pour Kounker plus qu’une passion, c’est un sacerdoce. Au vu de son parcours académique, il aurait pu, muni de son doctorat en sociologie, se contenter de ses succès musicaux des années université de Ouagadougou. Mais l’art est tel que lorsque le virus vous pénètre le corps, c’est à la vie à la mort. C’est pourquoi après avoir fait les beaux temps de l’OUO (l’orchestre de l’université de Ouagadougou), Eugène Kounker Somé poursuivra son odyssée musicale aux bords de la Seine avec persévérance et réalisme. Le travail donne des fruits, les albums se suivent et ne se ressemblent pas. On sent la recherche, la volonté de toujours bien faire. Tout en restant disponible pour soutenir des amis musiciens et chanteurs, il bosse en solo. De retour au pays, le promoteur du dagbeat brasse large au point de réussir des glissades très intéressantes sur les platebandes des ténors du warba (Biga yele !). Retour aux sources, envolée vers les sommets, la recherche continue l’esprit libéré. Eugène Kounker ne fait pas de la musique en dilettante comme nous l’écrivions en 2008 lors de la sortie de Sabana (le troisième album). Pourtant, ses activités professionnelles auraient pu l’amener à ne pas forcer la chose, et se contenter des seules prestations récréatives, la musique n’étant pas son seul gagne pain. Quatre albums sur le marché, des accompagnements innombrables d’artistes sur scène, des appuis à l’arrangement et l’enregistrement d’albums de potes, ce spécialiste du live déborde de sympathie pour les jeunes artistes musiciens auxquels il n’hésite pas à apporter conseil et soutien technique. Honoré par le Festival Jazz à Ouaga il y a quelques années, il a aussi été président du jury d’un houleux Faso Academy, et organisateur du nouveau festival rock à Ouaga. Avec un curriculum vitae musical bien garni, Kounker est au-dessus de la mêlée, dans la course vers la plus haute distinction de la musique burkinabè. « …Kounker est imbattable. Et on ne ressent rien que du plaisir en savourant sa musique. Malheureusement, la qualité rythmique souvent l’emporte sur celle de la voix, voire des textes des chansons », écrivait mon ami Cyr Payim Ouédraogo dans l’Obs dimanche n°786 du week-end dernier. Dans un autre peloton de tête, les choses auraient été plus corsées pour lui, mais ce coup-ci, le cumul d’expériences et la somme d’expressions jouent en sa faveur. Mais attention, l’homme du ting tang, Prince Zoetaba qui est à son quatrième album est bien placé pour une bonne partie de bras de fer. Question à deux sous aux mélomanes : lorsqu’on dit Kundé d’or, vous pensez artiste ou album en vogue ? Bonne chance à tous !

Ludovic O. Kibora


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