Les sankaristes se remarient !

Publié le mercredi 22 octobre 2014

L’avis des noces a été publié depuis et au moment où vous lisez ces lignes, la voiture qui conduit les mariés à la mairie est en train de faire son entrée.

C’est le 11 octobre que les heureux époux se diront oui à la maison du peuple. Ils sont tous de multi récidivistes. Ils se sont plusieurs fois mariés et ont plusieurs foisdivorcé. Les mêmes, avec des noms et des sigles différents, vont à nouveau ce 11 octobre convoler en juste noce.

Les heureux tourtereaux ont pour nom CNR/MS, FFS et UNIR/PS. Le 11 octobre ils vont se dire « oui ». On n’a pas pu savoir à l’avance le nom qu’ils porteront. Le nom de marié évidemment. Mais comme c’est un congrès d’Union qui est annoncé, il faut probablement s’attendre à « rassemblement polygamie biens séparés ».

Cela dit évidemment qu’on se réjouit de ses retrouvailles et on ne souhaite qu’une chose, que cette fois soit la bonne. Ces querelles de cloché ont tant fait du mal à l’idéal sankariste qu’on ne peut que souhaiter aux héritiers autoproclamés de retrouver la raison et d’oublier leurs égos surdimensionnés.

C’est vrai et il ne faut pas être naïf. Le pouvoir de Blaise ne leur a jamais facilité la tâche. Avant la naissance du MPP, les sankaristes étaient la bête noire du régime. Sa mauvaise conscience. Alors tout a été mis en œuvre pour les diviser.

Les ridiculiser même parfois, comme avec ces fameux 5 millions que la veuve Sankara leur avait remis au début des années 1990 et pour le partage desquels ils se sont étripés sous l’objectif des caméras de la TNB.

C’était le début de la descente aux enfers. Les Burkinabè se sont détournés d’eux alors qu’aux élections de 1992, aux législatives, les scores cumulés des sankaristes en faisait la troisième force politique après la CNPP.

Ils se sont à chaque fois remis en selle et ont été descendus avec la même méchanceté. Le dernier souffre-douleur de la « Blaisie » n’est personne d’autre que maître Sankara. On a fait courir toutes sortes de rumeurs sur lui. Et pour faire vrai, ce sont d’autres sankaristes qui ont été chargés de le descendre au lance-flamme. 

Cette union intervient dans un contexte plus favorable. Blaise a eu de nouveaux ennemis mortels, notamment les mppistes et les animateurs mêmes du sankarisme sont fatigués. Certains se sont mêmes désillusionnés. C’est donc l’union des « braves tché », mais des « braves tché fatigués quand même ».

Et puis, contrairement au haut le cœur de Blaise dans Jeune Afrique, où il disait de Sankara qu’il était un mythe, mais que lui agissait dans le concret. Les humains retiennent en dernier ressort les valeurs et non pas le matériel. Sankara restera un idéal pour nombre de Burkinabè. Une projection de l’idéal social dont ils rêvent pour eux-mêmes et pour leur pays.

La preuve, quoique fondé par les anciens proches collaborateurs de Blaise, le MPP dans sa pratique se rapprocherait beaucoup plus de l’idéal sankariste, dans la conception du pouvoir et du rapport avec le bien commun que du « patrimonialisme » Blaisiste.

Il n’est même pas exclu que l’union qui s’annonce et que l’on souhaite pérenne ne préfigure un rapprochement futur avec un MPP qui aura fait son « autocritique ». Heureux ménage aux remariés. Ils ont tous les atouts pour ne pas reproduire les erreurs qui leur ont été fatales par le passé.

Par Newton Ahmed BARRY


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