MPP : une soirée à Paris

Publié le lundi 6 octobre 2014

Tous les leaders du MPP étaient annoncés, mais Rock a été retenu à Ouaga pour la rencontre, subitement annoncée, avec Blaise Compaoré. Salif, Simon et Clément ont donc dirigé la rencontre.

C’est une modeste salle de l’Espace Matières Grises, du 4 rue Olivier Metra, dans un arrondissement de Paris qui a accueilli la réunion parisienne du MPP. Une réunion parisienne qui avait des allures d’une rencontre européenne du parti, puisque les responsables des sections de Belgique, des Pays Bas, de l’Allemagne ont fait le déplacement.

Ceux qui ont l’habitude des rencontres politiques du genre disent que la mobilisation était très bonne. Ils en veulent pour preuve que le CDP qui avait tenu une semblable réunion à Paris, dans le premier semestre de 2014, avait rassemblé trois fois moins de monde.

Mais comme la rivalité mortifère qui se joue entre le MPP et le CDP ne connaît pas de répit, cette fois encore elle s’est manifestée sur le théâtre parisien. La veille de la réunion du MPP, le samedi 20 septembre, le CDP a fait organiser un Djanjoba dit de la paix avec comme artiste invité, la binôme de Dicko Fils, dont le single « M’nonga » cartonne actuellement au Burkina. Le jour de la réunion du MPP, le 21 septembre, les commandos du parti majoritaire ont tenu à être de la partie.

Tôt le matin ils sont passés paver les environs de la salle de réunion de tracts particulièrement orduriers qui s’en prennent aux premiers responsables du MPP qui sont accusés de traîner « des casseroles sales dont la puanteur pourrait leur exploser à la figure ». Le marquage à la culotte n’est pas prêt visiblement de s’arrêter.

Cette réunion du MPP à Paris devrait préfigurer la mise en place de la section de France du parti. Après le congrès du mois d’avril, le congrès constitutif, des sous sections ont été installées dans les grandes villes de la France.

Il s’agissait maintenant de parachever la pyramide. Pour ce faire le parti avait voulu faire les choses en grand. Les principaux leaders du parti devaient tous converger sur Paris pour parrainer l’officialisation du bureau, dont les membres avaient été déjà cooptés.

Pourquoi n’avoir pas fait les choses de façon démocratique, s’est interrogé un participant ? Réponse de Clément Pegdwendé Sawadogo le secrétaire général du MPP « c’est une précaution pour un parti qui vient de naître, pour ne pas se faire infiltrer ».

La réunion a été l’occasion pour les participants de s’informer sur le parti, la situation nationale et les ambitions des créateurs du parti. Salif Diallo et Simon Compaoré se sont fait fort d’expliquer. Pour Simon Compaoré la situation au pays est grave, mais irréversiblement elle va vers son dénouement.

Les Burkinabè sont décidés, ajoute t-il. Ceux qui ont vu la manifestation monstre du 23 août dernier savent que les carottes sont cuites pour le régime. Et pour clore les débats, Salif avec le sens de la formule qu’on lui connaît dira que « le régime est fini ». Le public est pour ainsi dire reparti sur cette note.

NAB

 


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