Est-ce le bout du tunnel ?

Publié le lundi 6 octobre 2014

Avec Blaise Compaoré rien n’est linéaire. La pièce qui vient de se jouer à Kosyam le 23 septembre ne préfigure pas l’épilogue, mais certainement un nouvel épisode de la série « Kosyam gate ».

Il faut donc s’attendre à des atermoiements et probablement même à des retours à la case départ. L’enjeu est connu depuis belle lurette : « Blaise ne veut pas partir de Kosyam ». Alors tout le reste n’est qu’échafaudage.

Le dernier qui va s’enclencher dans les jours à venir est particulièrement spécieux. Le président invite la majorité et l’opposition à discuter sur un différend qui ne concerne personne d’autre que lui. Le problème c’est Blaise, mais ce sont les autres qui vont en discuter et lui va arbitrer.

Or justement qu’est-ce que les autres peuvent bien décider s’il ne veut pas ? Est-il possible d’imaginer un Assimi Kouanda signant un accord qui contrarie les intérêts de Blaise Compaoré ? Personne ne parierait un kopeck sur cette éventualité.

Mais Blaise est un joueur. Alors qu’il est perclus par les circonstances qui lui échappent de plus en plus, il a décidé de brouiller encore plus les cartes. Une situation dont on ne sait pas quoi en dire. Qu’est-ce qui peut bien sortir des concertations annoncées ?

D’abord les acteurs. Sauf si les choses évoluent dans les jours à venir, l’opposition devrait se retrouver face à la majorité et au Front Républicain pour négocier sur les sujets de la crise. L’opposition va s’engager donc dans un rapport de un contre deux.

Sur le sénat, c’est un rapport de deux contre un. L’opposition est contre et il est le seul des trois. Donc il sera forcément battu de façon démocratique.

Sur la révision de l’article 37, c’est encore le même rapport de deux contre un. L’ADF est effectivement contre, mais ce sont les entités qui négocient.

Et dans le cas ci, il y en aura trois : la majorité, le Front républicain et l’opposition. L’ADF, sauf à décider de se retirer de la majorité, sera obligée, par discipline de groupe de se ranger aux vues de sa famille politique. 

Pour le référendum aussi c’est la même configuration qui va avoir lieu. Deux contre un. Sauf que si les deux premiers points sont réglés le référendum devient sans objet.

Le chef de file de l’opposition a bien réaffirmé les points non négociables. Il s’agit des trois sujets de la crise : « référendum, sénat et l’article 37 ».

Qu’est-ce que l’opposition est-elle alors prête à concéder ? On ne va pas à une négociation sans rien concéder. Diabré s’est également réjoui de ce que cette fois, les choses seront différentes du CCRP.

Un cadre n’a pas été au préalable arrêté. C’est en concertation que le cadre du dialogue va être déterminé. Mais déjà les acteurs sont imposés.

Ce dialogue dont le cadre reste à déterminer se fera entre trois acteurs ; la majorité, l’opposition et le Front républicain. C’est à trois qu’il faudra échafauder l’armature du dialogue, avec Blaise en facilitateur. C’est assez inédit. Il n’est pas garanti que ça débouche sur un inédit.

Par Newton Ahmed BARRY


Commenter l'article (1)