SOS où est Blaise ?

Publié le mardi 2 septembre 2014

Il devrait parler après la rencontre avec Obama. Il l’a fait, mais depuis Washington à travers des médias internationaux et probablement à destination d’une communauté internationale, qui ne semble plus en phase avec lui.

Aux Burkinabè, il n’a encore rien dit. Or toute sa rhétorique est construite sur le primat de l’importance accordée aux burkinabè. « C’est ce que pensent les burkinabè qui m’importe » aime-t-il à répéter. Quand alors va-t-il se décider à leur parler ?

A leur confier « son sour gomde », comme disent les moose ? Les supputations vont bon train.

Il semble qu’un remaniement ministériel devrait survenir incessamment. Un remaniement sur lequel le chef de l’Etat et ses partisans du Front, ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde. Au Front on voudrait une « équipe plus politique » si besoin même, conduite par un politique « chevronné  » en raison des enjeux de la dernière année du quinquennat. Blaise et ses « très proches » n’y sont pas totalement favorables. Ils voudraient ne pas changer grand-chose à l’attelage qui est actuellement en place.

Reconduire donc Tiao « surtout qu’il ne dérange personne », confie sibyllin un proche de la présidence. Un statu quo qui ne devrait pas réjouir au sein du CDP. Parce que les vrais patrons du « SEN » du CDP, commencent à trouver Tiao « suffisant  ».

Surtout quand il montre du scrupule « sur certains marchés, visiblement scandaleux, dont le moindre n’est pas celui de la réfection des villas ministérielles qui devraient abriter les délégations de haut niveau du sommet, reporté, de l’UA sur l’Emploi  ».

Pour certains, c’est après ce remaniement qu’il devrait parler. Pour dire quoi ? Personne ne sait. Mais on imagine que s’il parle après le remaniement ce n’est plus pour inviter au dialogue et à l’entente pour gérer une fin de mandat, devenue problématique. Ce sera sans doute pour « annoncer la feuille de route du gouvernement » dont on ne sait pas à quoi il peut bien ressembler, sinon à un gouvernement du « Front républicain ».

Or si son credo c’est l’écoute des Burkinabè et non des burkinabè de son camp, il ne peut pas ne pas tenir compte du message du 23 août. Alors que les élèves et étudiants sont en vacance, une marée humaine a déferlé non loin de Kosyam « pour dire non au référendum et non à la révision de l’article 37 ». Qu’en sera-t-il de cette mobilisation dans deux mois ? Avec la rentrée et les problèmes de la rentrée, les gens seront, sans aucun doute, encore plus irritables. L’année dernière, il avait pu juguler la fronde sociale qui s’annonçait en décrétant les « HIMO  » dès la rentrée de septembre. Pourra-t-il récidiver encore cette année ?

La méthode devrait légèrement changer. L’approche devrait viser les structures qui seront arrosées des sommes d’argent. A Ouahigouya, il semble qu’on aurait mis sur la table 800 millions pour retourner le « syndicats des transporteurs », dont le bureau actuel est suspecté de proximité « MPPiste » .

Mais quoi qu’il en soit, Blaise ne peut pas ne pas parler. Reste la forme et le contenu.

Sauf qu’il a déjà gaspillé les opportunités. Son discours ambigu sur « le référendum c’est nécessaire pour départager les burkinabè. Mais je n’ai pas encore pris ma décision », commence à se retourner contre lui et à crisper les acteurs.

Même dans son camp, l’impatience se manifeste. A quoi bon faire des appels de pied, depuis des mois et entendre toujours le président, le principal bénéficiaire de la révision constitutionnelle, dire qu’il est toujours dans la réflexion ?

On ne peut pas maintenir une mobilisation sur un doute. A quelques 13 mois de la présidentielle, le président est toujours « indécis  ». Est-il nécessaire de continuer à se singulariser de la plus mauvaise des façons pour un objectif incertain ?

Commencent à s’interroger les partisans du président. Evidemment, en réaction aux actions du CFOP, le CDP organise une assemblée de femmes à la maison du peuple pour « demander le référendum et la révision de l’article 37  ». Mais cette antienne, Blaise l’a déjà entendu. C’est plutôt les « souteneurs » qui voudraient maintenant et enfin l’entendre. Que dit-il ?

 


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