Campagne agricole 2014-2015 : L’agriculture familiale, parent pauvre des priorités agricoles

Publié le mardi 2 septembre 2014

Depuis la mi-mai, le Burkina Faso, à l’instar des autres pays de la bande soudano-sahélienne connaît sa saison des pluies. Cette période qui est celle au cours de laquelle les paysans constituent l’essentiel de leurs stocks alimentaires avant la saison suivante, a été marquée par une pluviométrie faible dans le premier trimestre.La mi-Août par contre a été relativement bonne quant aux hauteurs de précipitations enregistrées, conformément aux prévisions météorologiques

La campagne agricole a été lancée à Koukouldi dans le Sanguié le 16 mai 2014 dès les premièresprémices annonciatrices de la saison sous le thème : « Renforcer l’investissement dans l’agriculture familiale pour l’atteinte de la sécurité alimentaire au Burkina Faso ».

 Les attentes sont grandes

Dans la zone soudano-sahélienne : Les pluies ont commencé début mai dans les zones soudaniennes mais des retards sont à prévoir sur la majeure partie de la zone sahélienne. Le cumul des pluies sera inférieur à la moyenne avec une distribution marquée des séquences sèches, moyennes à longues au Burkina Faso, à l’Ouest et au centre du Niger, au nord-est du Nigeria, au sud de la Mauritanie et du Sénégal. Ailleurs, la situation sera dans la moyenne climatologique sur le plan des cumuls et de la répartition des pluies.

Hydrologie : Etant donné la situation pluviométrique ci-dessus attendue, FEWS NET estime que les écoulements hydrologiques et les recharges des nappes phréatiques seront normaux dans toutes les zones agro-écologiques. Les inondations seront à un niveau typique n’entraînant pas des pertes des cultures au-dessus de la moyenne.

WB


Prévisions pluviométriques de la saison :

De prime abord les choses se présentaient plutôt bien quant à l’abondance et la régularité des pluies, mais l’expérience des années passées avait enseigné à tous qu’il ne fallait jamais chanter trop tôt victoire.

Changement climatique oblige, dame nature est devenue particulièrement capricieuse, arrosant abondamment par ci, laissant des poches de sécheresse par là.

Il s’agit ici de la permanente problématique de l’inégale répartition des pluies dans le temps et dans l’espace sous les tropiques. Malheureusement il n’existe aucun dispositif pour pallier ces caprices de la nature.

Les paysans devront donc, comme toujours, espérer seulement et miser sur la providence. Les autorités elles s’en contentent déjà : « Si la pluviométrie s’annonce bien comme nous souhaitons, plus les autres engagements qui consistent aux appuis que nous venons d’annoncer, notamment en matière d’intrants, de semences mais aussi l’appui conseils aux producteurs ainsi que l’ensemble des mesures de sécurisation foncière, nous osons croire que notre objectif sera atteint », souhait du ministre Zougrana à Koukouldi le16 mai.

Or avec la démographie galopante au Burkina Faso et la précarité des ménages, les attentes sont grandes pour cette saison aussi bien chez les gouvernants que chez les producteurs eux-mêmes.

On aurait donc pu espérer mieux en termes de soutien au monde rural pour atteindre les prévisions escomptées, surtout que cette année, il y a eu la journée nationale du paysans au cours de laquelle un soutien plus important a été promis aux producteurs.

Le gouvernement a traduit sa volonté d’atteindre l’auto suffisance alimentaire en octroyant 100000 charrues auxpaysans
pour les aider à relever le défi de la faim, des semences à prix
subventionné et des engrais ont également été distribués. Le moins que
l’on puisse dire est que l’accompagnement est en deçà des attentes. Que
valent vraiment 100 000 charrues pour un pays de 17 millions d’habitants
dont plus de 50% tire l’essentiel de ses revenus de l’agriculture ? Le
soutien est bien maigre ! Voici le soutien en chiffre :

- La réalisation de 2600 ha de périmètres aménagés et 3000 ha de nouveaux bas-fonds

- La réalisation/réhabilitation de 17 boulis et 6050 bassins de stockage

- La diffusion de 141 unités mobiles d’irrigation

- La mise à disposition de 6663 motopompes et 27154 tubes PVC

Etat et PTF mettront à la disposition des producteurs :

- 12000 tonnes de semence certifiées de variétés améliorées

- 34810 tonnes d’engrais

- 28346 équipements agricoles

- 11960 animaux de trait

WB

Les « efforts » du gouvernement

Il y a aussi que cette année a été déclarée année de l’agriculture familiale. Le ministère de l’agriculture a su faire le diagnostic : « Avec une population globale de plus de 17 millions d’habitants et une population rurale dont 50,7% vit en dessous du seuil de pauvreté, le Burkina Faso fait face à un défi majeur qui est d’une part d’assurer la sécurité alimentaire constante à sa population et d’autre part de relever le niveau de vie des ruraux  », Chronique du gouvernement.

Ces prévisions estiment les besoins du pays à 5,7 millions de tonnes de céréales. Comme pour corser le défi, ceux-ci sont en hausse de 17,9 % par rapport à la campagne précédente et 32,7 % par rapport aux cinq dernières années.

Pour cela, « ce sont 25 milliards de francsCFA que l’Etat a consenti en intrants, semences et équipements agricoles », en vue de permettre aux producteurs d’atteindre cet objectif.

 

Wilfried BAKOUAN

 

 

 

 

 


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