Ebola au Burkina : Un plan de riposte et un lieu de confinement, Yagma qui fait problème

Publié le mardi 2 septembre 2014

Les choses évoluent vite. Il est donc difficile d’affirmer
quoi que ce soit. Cependant, jusqu’à la date du 24 août, il n’y avait
pas de cas déclarés au Burkina, mais des alertes. Une première est venue de Gaoua,
où un malade, avec une forte fièvre et des selles sanguinolentes a été
admis à l’hôpital. Vérification faite, il s’était purgé avec du piment.
Deuxième alerte autour de Burkinabè revenus de la Guinée.
Avec eux aussi les tests se sont révélés négatifs. Mais la psychose
aidant, les rumeurs les plus farfelues circulent actuellement sur les
réseaux sociaux. Il est évident qu’un cas positif ne peut pas être
dissimulé, dans les circonstances actuelles. Aucune autorité politique
ne se hasarderait à ce jeu.

Il y a donc lieu de rassurer les populations.

Un autre motif qui devrait tranquilliser, c’est quand même le mince espoir d’une possibilité de guérison. C’est vrai que Ebola
est mortel dans plus de 80% des cas. Mais les dernières évolutions
montrent qu’on peut en guérir. Il y a eu le cas du médecin américain et
de son assistante qui ont été guéri par un médicament expérimental. Le
problème de Ebola
c’est la prise en charge tardive. S’il est pris en charge très vite,
les chances de guérison sont plus importantes. C’est pourquoi les
populations sont invitées à la vigilance.

Dans le présent dossier que nous consacrons à l’épidémie, il y a le point de vue d’un spécialiste de la médecine moléculaire, SiakaSy, qui explique qu’on peut soigner l’Ebola avec la feuille de l’Olivier qui contiendrait des vertus qui stimulent la production du « Glutathion » un anti oxydant fabriqué naturellement par l’organisme humain.

Pour lui, Ebola peut se guérir et il le démontre dans un texte fouillé que nous vous donnons aussi à lire.

Pas encore de cas au Burkina !

Au Burkina depuis le 07 août dernier, une équipe paramédicale mise en place au niveau de l’aéroport international de Ouagadougou permet la détection d’éventuel cas suspects. Déjà, à la descente d’avion, une phase de désinfection est menée.

Une autre vient compléter la première et qui consiste à faire un contrôle sanitaire en vérifiant minutieusement les carnets de santé pour vérifier si les vaccinations internationales ont été effectuées. Une dernière étape consiste à faire vérifier par la police les documents cités pour en détecter la validité.

Cette routine est complétée par la vérification du seuil de température corporelle qui ne doit pas atteindre 38°5. Lorsqu’un passager enregistre ce taux de température, il est invité à rejoindre le poste de santé en vue d’un entretien plus poussé qui permet de vérifier si ce dernier présente d’autres signes cliniques de la fièvre Ebola.

On vérifie aussi les pays qu’il a traversé, s’ils sont des pays épidémiques ayant pu le mettre en contact avec un malade atteint de la fièvre Ebola. Si après ces vérifications, les médecins suspectent un cas d’Ebola, la dernière mesure s’applique. Elle consiste à l’isolement par le transfert dans un centre de prise en charge aménagé. Actuellement ce centre est situé au dispensaire de Yagma.

Yagma pose problème

Yagma ne semble pas disposé à jouer le rôle de « dépotoir » de la république. Depuis l’annonce de ces mesures de riposte de la fièvre Ebola par les autorités, les populations de Yagma vivent dans une psychose de plus en plus inquiétante. En 2009, ils ont accueilli, à leur dépens, les sinistrés du 1er septembre.

Le dernier bilan de l’OMS (20 août 2014) indique qu’on a franchi le seuil de 1350 morts d’Ebola. Le foyer de la maladie reste le triangle de la Mano River Union (Guinée, Libéria, Sierra Léone). Mais le Nigeria
est atteint avec environ quatre décès signalés. La Communauté
internationale se mobilise donc. Le 2 août dernier un sommet a réuni les
pays touchés qui ont décidé de mettre en place un cordon sanitaire
autour de l’épicentre de l’épidémie.

La Directrice Générale de l’OMS Margaret Chan a lancé lors de ce sommet un signal d’alarme face à la propagation de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest en affirmant que « Cette
épidémie avance plus vite que nos efforts pour la contrôler. Si la
situation continue à se détériorer, les conséquences peuvent être
catastrophique en termes de vies perdues, mais aussi de perturbations
socio-économiques et de risques élevés de propagation à d’autres pays
 ».

La gravité de la situation est telle aujourd’hui que l’OMS a déclaré l’état d’urgence sanitaire.

Au Burkina, il n’y a pas à ce jour de cas déclarés, mais l’épidémie a déjà eu des conséquences dans le pays. Le sommet de l’UA, sur l’Emploi en Afrique qui devait se tenir à Ouagadougou, début septembre a été reporté. Le SIAO, le salon international de l’Artisanat de Ouagadougou qui doit se tenir en fin octobre début novembre serait menacé. Aucune décision n’est encore prise. Mais les concertations se mènent pour voir si le Salon pourra se tenir. Selon les prévisions de l’OMS il faut au moins six mois pour maîtriser la propagation de la maladie. C’est dire donc que la mise en garde de Margaret Chan, directrice de l’OMS qui prévenait au sommet de Conakry du 2 août dernier que Ebola pourrait occasionner « des perturbations socio-économiques » est bien là aujourd’hui. L’Afrique de l’ouest est partie pour en subir les conséquences.

NAB

Situation de l’épidémie

A présent, ce sont d’éventuels malades d’Ebola qu’ils doivent voir débarquer. Une perspective qui fait voir rouge, dans la cité mariale. A Yagma on attendait, l’inauguration d’une infrastructure sanitaire longtemps promise. Les Yagmalais se disent maintenant contrariés de devoir céder cette infrastructure aux malades d’Ebola et jusqu’à quand ?

Mme Ouédraogo, vendeuse d’attiéké et habitant à proximité du CSPS devant recevoir les malades d’Ebola est affectée psychologiquement : « Nous souffrons pour avoir des soins déjà de puis que nous sommes ici. Nous sommes obligés d’aller à pied à environ 7 kilomètres d’ici pour nous soigner par manque d’infrastructure sanitaire, avec quelques fois les vols subits en chemin, mais voila que, pendant que nos espoirs se tournaient vers le CSPS de Yagma, on nous fait savoir qu’il servira à héberger les malades de la fièvre Ebola. Nous avons peur car à la télévision, nous voyons ce que cette maladie fait.

Nous ne seront pas à l’abri lorsque les malades viendront ici étant donné que même le vent peut l’entraîner vers nous. Supposons qu’un parent d’un malade qui séjourne au CSPS vient nous demander de l’eau à boire. Si après ce dernier nous transmet la maladie, on fait comment ? Je propose que les autorités demandent notre avis avant de prendre ces mesures. Elles peuvent choisir d’aller en brousse pour héberger les malades. Vraiment aidez-nous  ». Propos de détresse et de colère que corroboreMahmoudou Ouédraogo, le délégué de Yagma qui se dit submergé par les protestations de ses électeurs qui ne comprennent pas que l’infrastructure tant attendue ne leur serve finalement plus.

Le CSPS dont la construction est terminée, il y a à peine deux mois, servira d’abord aux malades d’Ebola, se plaignent les habitants de Yagma. En plus la présence des malades va « menacer leur vie  ».

Pour les habitants des concessions voisines du CSPS, comme SaidouZongo, 30 ans : « nos moyens sont déjà modestes ici, nous n’avons plus d’endroits où aller si la fièvre Ebola entraîne une contagion à Yagma. Est-ce qu’on est sur que les malades ne vont pas contaminer la population ? Je ne suis pas sûr. Il faut donc dans ce cas que l’Etat nous permette de chercher d’autres maisons en ville avant que les malades ne soient autorisé au CSPS  ».

Des populations déboussolées…

La décision d’héberger les malades d’Ebola à Yagma entraîne un vrai psychodrame.La mairie de l’arrondissement 9 est prise d’assaut par des populations inquiètes. M. Samandoulgou, Sécrétaire Général de la Mairie rapporte les démarches des populations sollicitant que « cette décision soit revue ».

La pression sur l’autorité communale est d’autant plus forte que les populations ne sont pas loin de penser que « la décision vient de la mairie qui a sans doute autorisé les autorités à héberger les malades au CSPS de Yagma ». Ce qui n’est pas le cas clame le secrétaire général de la mairie. Il a promis, néanmoins, de transmettre fidèlement les messages dans les meilleurs délais.

Michaël Pacodi

pacomik@yahoo.fr

 


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