Fasofoot : L’EFO la moins mauvaise équipe

Publié le vendredi 15 août 2014

Bientôt c’est la détente. Les stades burkinabè vont être plongés en hibernation, le temps d’une trêve. Entre deux saisons. C’est le moment propice pour un arrêt, histoire de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. 

La Coupe du Faso, le championnat national D1 et D2 ont désigné des vainqueurs même s’il y a à redire.

Les Etalons cadets et juniors sont sortis des compétitions qualificatives pour la CAN de leurs catégories respectives. Si le foot domestique est le socle du football d’un pays, alors certains indices nous interpellent.

Le fasofoot va marquer une pause. La fin de la saison a été sifflée avec la finale de la Coupe du Faso. A Bobo-Dioulasso, l’EFO est passée à côté du doublé puisse dame coupe a tendu ses bras au RCB. N’empêche que sur le plan comptable, l’Etoile a presque réussi sa saison. Quand on est champion après 7 ans de disette, ce n’est pas faire la fine bouche que de faire savoir à qui veut l’entendre qu’on est roi !

Car l’EFO, sans avoir eu la maîtrise totale de son environnement, nous semble l’équipe la mieux indiquée pour être intronisée reine du fasofoot. Il sied de savoir que l’Etoile, à un poil derrière l’ASFA-Y est le deuxième gros budget de notre foot estimé à un peu plus de 90 millions de F CFA. La reine des stades est championne cette saison-ci car elle a eu une gestion très saine. Zéro impayés ! Ah non, il y a des arriérés quand même !

Les joueurs se souviennent que l’année passée, le club leur doit 3 mois de salaires. Trois mois de salaires que le Lazare Banssé, le PCA dit avoir payé mais qui n’est pas encore arrivé dans les poches des joueurs. Mais n’est pas là anecdotique ? Car nous en connaissons des clubs qui ont des arriérés plus récents, plus frais. En étant « réglo » sur ses paiements, le nouveau champion du Burkina a pris une longueur d’avance sur les autres.

Mieux, le jeu de la carte de stabilité au niveau du staff technique a permis à l’EFO de mieux construire son équipe et défendre victorieusement sa saison. En effet, le maintien à son poste du caoch Malien de l’EFO, Alou Badra Diallo en dépit de son cuisant échec la saison d’après a permis au Bleu et Blanc de reculer pour mieux sauter sachant où ils atterrissent. Elle est donc belle cette victoire de l’EFO !

Pas si vite. Il est vrai que des efforts de constructions ont été déployés. Mais le champion fraîchement fait n’a pas un train-train quotidien calme tel un fleuve tranquille. Les Bleu et Blanc ont exhibé et continuent de leur faire le spectre de la division. Plus que jamais les supporters ne parviennent à parler le même langage. Et même le titre n’est pas parvenu à souder le monde le la Reine des stades.

A preuve, la formation stelliste a joué, telle un orphelin au stade Sangoulé Lamizana de Bobo-Dioulasso. Pourtant des supporters ont fait le déplacement. Mais c’était juste pour observer et s’observer et non pour agir.

En fait, deux camps incarnés d’un côté par Ouédraogo Théophile et de l’autre Ouédraogo Tasséré se battent pour le chapeau du chef. Tasséré président élu est accusé de porté la poisse à son club car sous sa gestion le titre a fui le club ! Des supportes du camp de Théophile réclament sa tête. La crise semble insurmontable. Car chacun des deux camps lorgne sur le bureau de l’UNSE dont la présidence future reviendrait à l’EFO. Et pour ne pas faciliter les choses, la guerre ouverte entre le Comité exécutif et le Conseil d’administration sera alimentée par une banale question de ticket d’entrée en stade.

Le Comité exécutif n’a pas trouvé d’un bon goût que le président de la section foot, agissant pour le Conseil d’administration ne met à sa disposition qu’un seul ticket d’entrée au stade. Dans le camp du champion 2014, la sérénité n’est donc qu’apparente. Une mauvaise langue nous dira même que l’EFO est la moins mauvaise équipe de la saison.

Peut-être que ce n’est pas si faux. L’ASFA-Y qui a longtemps dominé le football national semble essoufflée, en panne de politique qui rassemble. Relégué à une insultant 9e place, le champion 2013 n’est plus que l’ombre de lui-même. La famille Jaune vert a perdu de son identité. Nombre de supporters inconditionnels qui se sentent négligés veulent tourner le dos au club. Le nouvel entraîneur peine à trouver sa place.

L’argent fait défaut. Les joueurs boudent. Le club a perdu de sa superbe. Les déboires de l’ASFA-Y auraient pu profiter à des clubs comme l’USFA, le Santos FC, le RCK, la SONABEL ou l’ASFB. Mais ces clubs ont de petits budgets pour soutenir la concurrence. Finalement, il ne restait plus que l’EFO.

L’EFO charge

Qualifiée pour disputer la finale de la Coupe du Faso, L’EFO rêvait du doublé. Mais c’est là que l’on réalise que le champion n’est pas si beau si fort et si grand que l’on le croyait. L’EFO a livré un match très en deçà des attentes.

Littéralement dominé, incapable de proposer la moindre action de jeu construite, le champion a véritablement déçu. C’était une finale à sens unique. Le RCB a dominé tout le match. Surprise de sa propre laideur, le champion n’aura de mot pour se justifier que de dire crier au complot, soutenant que la délocalisation du match à Bobo-Dioulasso est faite à dessein dans le seul but d’aider le club local à gagner.

Certains Stellistes n’hésitent pas pointer du doigt la qualité largement médiocre, nous en convenons du terrain du stade. Pour eux, même la pelouse avait choisi son camp car elle choisi d’être de bon état pour le RCB et de piteux état pour l’EFO ! Bref, prenons de la hauteur ! Car le RCB a su fédérer toute la zone de Bobo-Dioulasso autour de la finale.

Le tout bobo voulait voir le triomphe de son équipe. En effet, il y avait longtemps qu’une telle chose n’était pas arrivée à un club de Bobo. Alors l’union sacrée a été décrétée. A preuve, on n’oubliera pas de sitôt le taux de remplissage du stade tant la ville s’est vidée à l’occasion.

Reste qu’il faut craindre l’effet boomerang de cette forte mobilisation. Nous craignons que le spectacle servi ne desserve le foot burkinabè. En effet, face à ce spectacle, ceux qui découvrent, renouent avec le stade ou ceux-là qui tentaient l’expérience pourront dire « j’ai raison de ne pas me fouler la rate de fréquenter le stade si c’est pour qu’on me serve un tel spectacle ».

La finale de la Coupe du Faso, bien qu’étant d’un niveau bas conclu officiellement la saison. Mais la fédé doit déjà se projeter sur la saison à venir tant le ciel semble s’assombrir. En effet, nous avons traité du cas de la montée en D1, c’est-à-dire le championnat D2. Nous dénoncions le traitement des réserves fait par la Ligue nationale de football qui s’est fourvoyée. La FBF s’est saisie du dossier et a imposé, sur terrain neutre un match d’appui entre l’ASE-K et le Canon du sud.

A l’arrivée, c’est canon du sud qui a empoché le ticket qui l’autorise à accéder à la D1 la saison prochaine. Mais le verdict n’est pas du goût du club de Koudougou. L’ASEC-K et ses supporters avaient du reste fait monter la pression pendant l’avant match menaçant de tout mettre dessus-dessous s’il devait se jouer à kokologho comme annoncé. Finalement la FBF a programmé le match loin de Koudougou jouant sur la distance pour couper court aux risques.

Mais Koudougou, notre Benkazi avait aussi prévenu. Si finalement l’ASEC-K ne monte pas en D1, il prendra en otage tout match qui viendrait à être programmé à Koudougou. Etant donné que le Bouloupoukou football, l’autre club de la ville évolue en D1, on comprend le risque. La Fédération doit désamorcer la bombe maintenant. De même, on attend d’elle des mesures fortes au sujet du foot à la base.

Le tableau est sombre. Les Etalons juniors ont été étalés et éliminés de la course pour la CAN de leur catégorie. Mais on sait le Burkina a toujours eu de la peine à s’imposer à ce niveau. Par contre la sortie des Etalons cadets qui échouent deux années de suite interroge. 

Pourtant la cuvée 2014 nous semblait d’une bonne crue. Battus à l’aller lourdement par 2 buts à 0 à Yaoundé par les Lionceaux indomptables, les Etalons cadets ont livré un match rythmé. L’équipe a commencé le match à 100 à l’heure. Au début, nous avions cru qu’elle finirait à genou comme le Brésil face à la Colombie de James Rodriguez lors de la dernière Coupe du monde.

Mais les garçons ont été très bien préparés physiquement. Le volume de jeu développé a été impressionnant. A la clé, un nombre d’occasion de buts a été créé. Certaines occasions auraient pu être transformées par la plus fatiguée de la sélection des grand-mères du village. Mais les cadets burkinabè ont tout mis dehors.

A ce niveau, on ne peut accuser le staff technique. L’adresse se mesure à la hauteur de la compétitivité. Vite dirons-nous donc, un championnat de jeunes.

J J Traoré


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