Cambriolage de L’Evénement : Pourquoi les services de l’Etat ?

Publié le vendredi 15 août 2014

Ce sont les mêmes qui avaient monté le guet-apens contre nous à Lomé en se servant d’un pauvre confrère, qu’on avait rendu accro « à l’argent frais », qui sont encore à la manœuvre avec le cambriolage de l’Evénement. Pourquoi ?

Les gens de bonne foi, dans un contexte où c’est l’insécurité généralisée, peuvent effectivement se laisser abuser par la puissante propagande du régime.

Surtout quand le cambriolage de L’Evénement a été précédé d’une série où plusieurs confrères ont été visités. La mésaventure de L’Evénement s’inscrirait alors dans la série, probablement perpétrée par le même individu ou groupe d’individus qui cibleraient les journaux ou les journalistes.

On peut facilement mettre cet argument en avant puisque que depuis, les forces de sécurité n’ont pas pu mettre la main sur le ou les individus en question.

Deuxième argument de poids, qui nous mettrait d’une façon insidieuse, en opposition avec nos confrères, pourquoi le cas de L’Evénement serait-il singulier ? Les autres ne sont-ils pas aussi des journalistes valables et valeureux ?

Bien sûr qu’ils le sont et il est probable aussi qu’ils aient été visés en cette qualité. Est-ce pour cela qu’il ne faut pas considérer minutieusement chaque situation ?

Le cambriolage perpétré à l’Evénement dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 juillet, l’a été avec probablement des complicités internes. Il visait principalement un bureau, celui du rédacteur en chef et les cambrioleurs ont pris leur temps pour le retourner de fonds en comble.

Les cambrioleurs de L’Evénement ne cherchaient pas des objets de valeurs, nous n’en avons d’ailleurs pas à L’Evénement, mais des documents et de l’information. Les visiteurs ont à la vérité perquisitionné nos locaux de façon méticuleuse, ouvrant l’un après l’autre nos tiroirs et fouillant précautionneusement nos dossiers.

A la fin ils ont opéré un tri gardant seulement ce qui pouvait les intéresser. On peut donc dire pour L’Evénement qu’il s’est agi d’une perquisition en règle et non d’un cambriolage.

Quand nous avons réagi, en indexant sans fioriture les services de l’Etat, la réaction a été aussi immédiate.

Comme dans un scenario écrit à l’avance, ils ont ressorti cette affaire de Lomé, avec l’interview d’anthologie de Sidwaya complaisamment accordée à Lucien Messan, notre ami. Pour cette interview, un ordre de mission, depuis le ministère de la Communication, a été établi pour envoyer un journaliste rencontrer Lucien Messan pour qu’il démonte « le prétentieux rédacteur en chef de L’Evénement ».

Lucien Messan a été si généreux qu’il avait demandé aux avocats de Sidwaya de prendre attache avec lui, pour d’autres informations secrètes à utiliser pendant le procès.

Il faut croire que sa besace était vide, puisque le procès qui a eu lieu s’est soldé par une condamnation pénale du directeur général de Sidwaya, de l’époque qui avait écopé de deux mois de prison avec sursis. Le sursis dispense de l’exécution de la peine, mais demeure une condamnation.

Voilà comment la machination a été montée. Les esprits tordus de la machination n’avaient pas prévu la réaction déterminée et courageuse des burkinabè. En effet, ils ont été très nombreux à nous témoigner leur soutien et leur encouragement et nous leur en savons infiniment gré.

Une intervention nous parait particulièrement pédagogique, celle du doyen Boureima Cissé, dont nous reproduisons ici de larges extraits, parce qu’il peut servir à bien d’autres personnes qui sont injustement pris à parti dans les commissariats et les brigades de gendarmerie. 

« NON, M. LUCIEN MESSAN, IL N’Y A AUCUN ABUS DE CONFIANCE OU INFRACTION PENALE DANS UN ACTE DE VENTE/ACHAT NON SUIVI DE PAIEMENT. C’EST VOUS QUI TRAHISSEZ ET FAITES HONTE A L’AMITIE (…)

Il est vrai que l’abus de confiance est une infraction complexe, mais le problème qui vous oppose à Newton Ahmed Barry n’entre pas, alors pas du tout dans la définition de l’abus de confiance au sens pénal du terme.


Le non-paiement d’une dette (même à terme échu) ne constitue pas un abus de confiance, ni quelque autre infraction à la loi pénale, capable de motiver et justifier l’arrestation et la garde à vue d’une personne. Les officiers et agents de police judiciaire le savent, car c’est bien souvent la source de conflits entre eux et les magistrats, qui leur reprochent de vouloir, sous le couvert excessif d’abus de confiance, s’ingérer dans le règlement des affaires civiles qui ne sont pas de leurs compétences.


En effet, monsieur Messan, et je ne vous ferai pas l’injure, pour vous d’en ignorer, que le différend qui vous a ou qui vous oppose à votre "ami" est une affaire strictement civile, qui en appelle à la connaissance des juridictions du nom. Vous-même, avec la complicité de vos alliés de la police, avez commis un délit en portant atteinte à la liberté d’un citoyen de la CEDEAO, qui aurait dû bénéficier de toute la protection de la loi et des accords sous-régionaux pour que cela n’arrivât jamais.


Sachez que dans aucun état de droit, ce que vous avez fait là non seulement n’eût été possible, et même eût été considéré comme très grave. On ne détourne pas la loi et on n’actionne pas les leviers du pouvoir selon son bon vouloir. C’est pourtant ce que vous et vos acolytes de la police togolaise avez fait au préjudice de Ahmed Newton Barry. Ailleurs, vous et vos complices auriez été poursuivis pour atteinte à la liberté d’autrui et séquestration illégale


Tout ce qui précède laisse voir sans l’ombre d’un mystère, que vous êtes au centre d’une cabale dont l’objectif est d’humilier, déshonorer et ruiner la réputation de celui que vous appelez votre "ami". Mais sachez que vous avez lamentablement échoué dans votre entreprise sordide et vos commanditaires seront les premiers à s’en rendre compte. Vos insinuations et supputations insidieuses n’y feront pas d’avantage »
extrait texte de Boureima Cissé sur Facebook.

C’est juste une leçon aux calomniateurs. Newton Ahmed BARRY est un homme, « il n’est pas dix, comme disent les mossi », il a beaucoup de défauts, mais le tout puissant lui a épargné la « cupidité ».

Par Newton Ahmed BARRY


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